lundi 29 août 2011

Myriam Thibault, Prix du Premier Roman - Les Lauriers Verts de La Forêt des Livres

Myriam Thibault, Photo Thierry Rateau
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Premier roman à l'honneur :
Myriam Thibault pour "Orgueil et désir"

  "Une nouvelle Sagan? Oui, pour ce nouvel auteur, et des plus prometteurs! Toute nouvelle en âge - Myriam Thibault n'a que 16 ans - comme toute nouvelle en écriture - elle est élève en terminale à Tours - l'auteur de ce "Paris, je t'aime" paru aux Editions Léo Scheer démontre déjà la maîtrise d'un auteur chevronné.

  Ses nouvelles sont écrites pour magnifier une ville désirée, dans lesquelles chaque personnage, chaque destin évoqués par une écriture d'une étonnante maturité guide un rêve: habiter Paris! En authentique germanopratine Myriam Thibault coudoie en esprit Florian Zeller et Beigbeder dont elle possède déjà la dérision, le style et l'impertinence des formules qui touchent.

  Ce recueil de nouvelles ayant suscité sa plus grande admiration, le jury de La Forêt des Livres a voulu savoir si Myriam Thibault était aussi sur la voie du roman. Son éditeur contacté nous ayant confirmé qu'elle est dans la rentrée littéraire d'automne, c'est donc à la lecture des épreuves de son livre "Orgueil et désir" que le jury a décidé, en avant-première comme La Forêt des Livres en a désormais pris l'habitude, de lui décerner le prix du Premier Roman à l'unanimité. Il lui sera remis le dimanche 28 août mais son livre, édité par Léo Scheer, ne sera pas en librairie avant le 27 septembre.

  Nouvelle toujours, comme Nouvelle République, qui, une fois encore, ne s'est pas trompée en ayant choisi de parrainer ce très jeune et talentueux auteur tourangeau. Chère Mademoiselle, continuez à rêver de Paris. Sachez que comme La Forêt des Livres, Paris aussi, vous aime déjà!". Jean-Yves Laurent-Lefèvre, Président du Comité de Lecture de La Forêt des Livres

Gonzague Saint Bris et Jean-Yves Laurent-Lefèvre remettent 
le prix du Premier Roman - Les Lauriers Verts de la Forêt des Livres 
à Myriam Thibault pour son roman "Orgueil et désir".
Chanceaux-près Loches, dimanche 28 août 2011

samedi 27 août 2011

Fin des vacances...

Winslow Homer (1836-1910), Sunlight and Shadow
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Après deux semaines passées dans la région parisienne,
en Normandie et en Bretagne, me voici de retour.
Les vacances touchent à leur fin...
Profitez pleinement de ce dernier week-end
que je vous souhaite des plus agréables!

Journées du patrimoine 2011

« Le voyage du patrimoine »
Les 28e journées européennes du patrimoine auront lieu
 les samedi 17 et dimanche 18 septembre 2011

Les monuments les plus visités en France:

vendredi 26 août 2011

L'odeur du figuier, Simonetta Greggio


" L'important, ce n'est pas où on va. L'important, c'est d'aller. 
De toute façon, nous allons tous vers la même chose."
***
Quatrième de couverture
  Cinq histoires dont le point commun est une odeur de figuier sauvage, une senteur d'été, d'enfance, de nostalgie, un parfum de délicieuse mélancolie, comme une chanson qui ramènerait à une époque oubliée.
   Et cette odeur, suspendue sur la vie des personnages, est là pour leur rappeler que la joie est admissible et recevable, qu'elle est tout près, qu'il faut la respirer, y croire, la laisser planer et s'en envelopper.
  Italienne, Simonetta Greggio écrit en français. Elle est l'auteur de quatre romans parus chez Stock, La Douceur des hommes, Col de l'ange, Les mains nues, Dolce Vita et d'Etoiles, paru chez Flammarion et traduit dans une dizaine de langues.
Editions Flammarion

Charles Lucien Moulin,
Baigneuse Aux Figues
Extrait 
  Tout cela je l'avais vu d'un coup d'oeil; et très vite d'ailleurs, dans un de ces vols prophétiques dont on est parfois acteurs et observateurs à la fois, j'avais embrassé l'histoire à venir d'un coup de coeur, d'un coup d'aile. Et j'avais acquiescé. Regard d'aigle pour tout ça. A croire que je n'ai fait que ça toute ma vie, que je ne sais faire que ça. Si j'avais eu le même goût pour la Bourse je serais une femme nantie, mais mon seul talent est de tout perdre à chaque partie. De laisser mon poker tourner du mauvais côté et de me lever de table de jeu car dehors il fait beau, et subitement j'en ai marre de la fumée, des verres de whisky à moitié vides. Dehors il fait toujours beau quand je m'en vais. Il fait tellement beau que ça ressemble aux jours où on prend la voiture et on roule pour rien, la fenêtre baissée, le bras sur la portière, la radio en sourdine. L'important, ce n'est pas où on va. L'important c'est d'aller. De toute façon, on va tous vers la même chose.
  Tout de suite, aussi, il y avait eu cette connaissance de l'autre qui n'est qu'une reconnaissance de soi. Ces deux rides de chaque côté de la bouche, c'étaient les miennes. Ni l'un, ni l'autre nous ne les avions, il y a vingt ans. Ce pli au cou quand on tourne la tête. Le front que nous avions courbé, cette reddition à la vie quand elle  n'était, il y a vingt ans, que triomphe arrogant, insolence ignare. Tout de suite, donc, la tendresse aveugle, entêtée, pour ces années qui avaient griffé nos visages, nos corps. Tout cela nous faisait compagnons d'armes. Je lui souris, et c'était à moi, aux batailles qui m'avaient laissée, somme toute, intacte et joyeuse, que je souriais.
  Je ne sais pas ce qui donne au coeur ce battement désordonné, si c'est une simple systole qui se détraque en prévision d'autres chamboulements. Je ne sais pas pourquoi tout d'un coup le sang semble chanter dans les veines, ni ce qui fait que les mains sont gelées et les joues brûlantes, ce qui donne envie de pleurer et de rire à la fois. Je ne sais plus qui a dit que le coup de foudre est une rencontre de deux urgences disponibles.
  On n'avait pas grand-chose à se dire. J'ai suivi sa voiture jusque chez lui, je me suis abattue dans ses bras, dans sa bouche, dans son lit, et j'ai su, au réveil - si on peut appeler réveil le fait de rouvrir des yeux murés sur une jouissance qui est comme une souffrance - que j'étais brûlée.


Simonetta Greggio invitée de Pascale Clark, 
jeudi 7 avril 2011 pour la présentation de son recueil de nouvelles: 
L'Odeur du figuier, paru le 6 avril 2011 chez Flammarion.

mercredi 24 août 2011

Je sacrifie mon âme... Ibn 'Arabî

Antonio Torres Fuster (1874-1945), An Oriental beauty
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Je sacrifie mon âme aux belles arabes distantes!
Comme elles se jouent de moi qui embrasse leurs demeures!
Si tu t'égares derrière elles,
L'effluve qu'elles exhalent t'indique le chemin.
Et si la nuit sans lune descend sur moi,
En évoquant leur souvenir, je chemine dans l'éclat de la lune.
Et si nuitamment je poursuis leurs montures,
La nuit devient pareille au soleil du matin.
J'en courtisai une
A la beauté suprême.
Se dévoile-t-elle, ce qu'elle montre est lumière
Comme un soleil sans mélange.
Soleil son visage, nuit sa chevelure,
Merveille d'image du soleil et de la nuit réunis!
Nous sommes dans la nuit en pleine lumière du jour,
Et nous sommes à midi dans une nuit de cheveux!

Ibn Arabî, Le Chant de l'ardent désir. Editions Actes Sud
Né en 560/1165 à Murcie en Andalousie, et mort en 638/1240 à Damas, Ibn 'Arabî est considéré comme le plus grand maître soufi.

vendredi 19 août 2011

Accords, Max Alhau

Anton Einsle ( 1801-1871),Head and Upper Torso of a Reclining Woman
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Ton corps poème de la terre et de l'eau
écriture du désir jamais achevé
alors que la page se consume entre tes doigts.

Ton corps
s'il demeure
c'est dans la transparence
au plus clair du jour
avivant la soif des rivières.

Pays tant de fois abordé
terre si souvent ensemencée,
tel est ce corps
plage soyeuse
où la pluie
et le feu
se marient.

Ton corps s'ouvre
que le temps ignore.

Ta nudité
est celle de l'aube:
la rosée
lui rend
grâce.

Ployé, arqué
jusqu'à craqueler l'horizon
ton corps
signe son passage
à même
la lumière.

Max Alhau, Accords

mercredi 17 août 2011

lundi 15 août 2011

Une femme de la Renaissance (tag d'Euterpe)

Léonard De Vinci (1452-1519), Portrait d'Isabelle d'Este. © E. Lessing. Paris, musée du Louvre
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Mon amie Cécile me propose de participer au tag: 
Une femme de la Renaissance.
Un tag initié par Euterpe et dont le sujet est le suivant: 
Parmi les personnages féminins du XVIème siècle, 
lequel vous correspond? 
Quelle femme de la Renaissance êtes-vous? 
(Prière de ne pas tous choisir la Joconde, merci).

C'est lors de mon dernier voyage en Italie (été 2009) que j'ai visité le Palais Ducal de Mantoue. Je suis tombée sous le charme des lieux et des personnages illustres qui ont façonnés et hantent toujours les couloirs de ce palais. Voir: Palais Ducal de Mantoue, et le chef-d'œuvre d'Andrea Mantegna  
Je choisis donc de rendre hommage à Isabelle d'Este (1474-1539), marquise de Mantoue, femme de lettres, amatrice d'art et mécène, elle a su marquer son époque et installer dans la cité des Gonzague une des cours les plus raffinées de la Renaissance.
Je propose à mes amies, Karine de Fenêtre sur Rêves, Kenza de Caramel Caramelo, Danielle de VenetiaMicio, Alba de Ciel bleu de Castille, Christyn de Liberte De Pinceaux, Nathanaëlle de Les étoiles d'ArtLubie et Labelette de Vintage et cancrelats de participer au tag si cela les amuse.
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Le Titien (1490-1576), Portait de Isabelle d'Este
Isabelle d'Este (née le 18 mai 1474 à Ferrare et morte le 13 février 1539 à Mantoue), est une noble italienne, qui fut, comme sa sœur cadette Béatrice, l'une des principales femmes de la Renaissance italienne et une figure culturelle et politique importante. Liée par la naissance ou mariage à la noblesse d'Espagne, elle est restée célèbre comme Première dame de la Renaissance.

Isabelle d'Este épousa le 12 février 1490 François II de Mantoue. Elle s'installa dans les appartements situés à l'étage noble du Castello di San Giorgio de Mantoue (non loin de la Chambre des Époux peinte par Mantegna). Elle aménagea deux petites pièces de cette suite d'appartements pour un usage tout à fait personnel. L'une servit de studiolo (sans doute dès 1490). Isabelle d'Este y recevait ses hôtes parmi les allégories peintes par Andrea Mantegna, le Pérugin, le Corrège et Lorenzo Costa. L'autre petite pièce, la grotta (mentionnée pour la première fois en 1498), imitait une grotte souterraine.

Isabelle d'Este collectionna dans son studiolo, selon la mode du temps dans les cours en Italie, des objets qui animaient sa passion et sa curiosité, et les tableaux allégoriques qu'elle commande à Mantegna. Elle sollicita vainement le concours de Giovanni Bellini, de Léonard de Vinci et de Francesco Francia ; elle n’obtint, en 1505, que le tableau du Pérugin, La Lutte entre l'Amour et Chasteté. À la mort de Mantegna, qui n'exécuta qu'une partie de commandes, c'est Lorenzo Costa qui se chargea de produire les œuvres sur les thèmes chers à Isabelle d'Este en finissant même certains tableaux comme l'Allégorie de la cour d'Isabelle et Le règne de Comus.

Médaille: Isabelle d’Este, vers 1505,
Gian Cristoforo Romano
En 1523, Isabelle d'Este quitta les appartements qu’elle occupait, à l’étage noble du Castello di San Giorgio pour s’installer dans un autre bâtiment du palais ducal de Mantoue, la Corte Vecchia. Le second studiolo comportait cinq pièces et permit d'étendre les domaines de collections (médailles, marqueterie, décorations d'art grotesque, …).

En 1627, Charles Ier d’Angleterre parvint à acquérir une grande partie de la collection des Gonzague, notamment l'Allégorie des Vertus et l'Allégorie des Vices du Corrége, qui provenaient du studiolo d'Isabelle d'Este. Les autres tableaux du studiolo furent achetés par Richelieu, sans doute la même année. Ils firent l'objet ensuite d'une saisie révolutionnaire pour être transférés au musée du Louvre. Wikipédia


Pour plus d'informations: 

L'Art à Mantoue ou Le Studiolo d'Isabelle d'Este

vendredi 12 août 2011

Chefs-d’oeuvre au MAS, Cinq siècles d’images à Anvers

Jean fouquet ((Entre 1415 et 1420 - Entre 1478 et 1481), La Vierge et l'Enfant et Anges
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Cinq siècles d’images à Anvers
17 mai 2011 au 30 décembre 2012  

L’exposition de prestige oppose des œuvres de maîtres anciens à celles d’artistes contemporains. Elle démontre que l’imagerie occidentale des XVIe et XVIIe siècles a été déterminée dans une large mesure par Anvers et la Flandre. La région continue d’ailleurs à marquer de son sceau la culture visuelle actuelle. Pour cette exposition, le MAS s’associe au Musée des Beaux-Arts d’Anvers (KMSKA), au Musée d’Art contemporain (M HKA) et au Musée Plantin-Moretus/Cabinet des Estampes ; ces institutions mettent des pièces exceptionnelles de leur collection à sa disposition. Ces œuvres racontent ensemble l’histoire des images à Anvers : l'apparition d’un marché de l’art florissant, le rôle crucial joué par la ville portuaire dans la diffusion et la multiplication des images dans le monde entier, le retour des artistes contemporains à l’essence même des images.

Le point de départ de cette manifestation est l’exposition A Story of the Image. Old and New Masters from Antwerp, présentée l’année dernière à Shanghai et Singapour. Au MAS, cette thématique sera toutefois approfondie. Il sera par ailleurs possible d’y voir des œuvres trop fragiles pour être transportées en Asie. 

mardi 9 août 2011

Retratos de la Belle Epoque, Caixa Forum, Barcelona

Giovanni Boldini (1842-1931), La mujer de rosa
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Retratos de la Belle Epoque 
Barcelone
du 20 juillet au 9 octobre 2011

La Belle Epoque? Ces années tourbillonnantes, avant le cataclysme de la Première Guerre mondiale. On danse, on boit, on s'habille somptueusement, on fonce en Bugatti, on va aux bains de mer… De ces années, on a plutôt retenu la naissance du cubisme, avec Picasso et Braque ou, les premiers pas du futurisme, sous la tutelle de Marinetti, voire le surréalisme. En réalité, il existait à l’ombre de ces mouvements d’autres courants bien plus appréciés, comme celui de la peinture mondaine. Le rôle des artistes ici exposés était voisin de celui que jouent aujourd'hui les magazines Gala, Voici ou Points de vue : donner une image idéale, appétissante, racée des people. C'est à partir des meilleurs interprètes qu'a été composé le choix de la fondation La Caixa : de Sorolla à Toulouse-Lautrec, de Steinlen à Sargent et Serov, on navigue parmi quelques-uns des grands interprètes du portrait au XXe siècle. artaujourdhui.info

Amelie Beaury Saurel (1848-1924) , Dans le blue
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Giovanni Boldini (1842-1931), Cléo de Mérode
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Ramon Casas (1866-1932), La Sargantain
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John Singer Sargent (1856-1925), Duchess of Sutherland
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Hermen Anglada Camarasa (1871-1959), La Sibila
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Pierre Bonnard (1867-1947), Misia Godesbska
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Théophile-Alexandre Steinlen (1859-1923), De regreso al hogar
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Joaquín Sorolla (1863-1923), María con sombrero
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Visite muette! ...

dimanche 7 août 2011

Kreativ Blogger Award 3 pour le Thé au Jasmin


C’est du très joli blog Vintage et cancrelats de Labelette
que j'ai reçu ce troisième Kreativ Blogger Award.
Merci beaucoup Labelette pour l’honneur que tu me fais !
Et je prends plaisir à partager cet award avec :

Album Vénitien, de Danielle
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Atelier du Coteau, de Marcela
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Au fil a fil, de Fifi
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Elfi2main, d’Elfi
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En passant, de Dame Baroque
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Régles : 1- Remercier et mettre le lien de la personne qui vous a donné ce prix / 2- Mettre le logo sur son blog / 3-Nommer sept blogs de votre choix et mettre leur lien, sans oublier de les prévenir.

vendredi 5 août 2011

Les Yeux d'Elsa, Louis Aragon

Alfred Stevens (1823-1906), Portrait of a young woman
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Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire
[...]

Louis Aragon, Extrait de Les Yeux d'Elsa

jeudi 4 août 2011

Le paradis, Émile Verhaeren

 Reginald Willoughby Machell (1854 -1927 ), Adam and Eve
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Eve voulait aimer, Adam voulait connaître ;
Et de la voir ainsi, vers l'ombre et la splendeur
Tendue, il devina soudain quel nouvel être
Eve, à son tour, sentait naître et battre en son coeur.

Il s'approcha, ardent et gauche, avec la crainte
D'effaroucher ces yeux dans leur songe perdus ;
Des grappes de parfums tombaient des térébinthes
Et le sol était chaud de parfums répandus.

Il hésitait et s'attardait quand la belle Eve,
Avec un geste fier, s'empara de ses mains,
Les baisa longuement, lentement, comme en rêve,
Et doucement glissa leur douceur sur ses seins.

Émile Verhaeren, Extrait de Le Paradis

mercredi 3 août 2011

Le Retable d'Issenheim, Est-il nécessaire de le restaurer?

Matthias Grünewald (1475 -1528), Retable dIssenheim, © Chapelle du Musée d’Unterlinden, Colmar (Retable Fermé)

Retable dIssenheim, Première ouverture

Retable d'Issenheim, Deuxième ouverture
***
Le musée Unterlinden à Colmar vient de stopper la restauration du retable d'Issenheim, chef-d’œuvre de Matthias Grünewald. Cette intervention, débutée il y a trois semaines, suscite de vives inquiétudes auprès des historiens d'art.

Débutée le 6 juillet dernier, la restauration du célèbre retable d'Issenheim vient d'être arrêtée, en attendant la réunion du comité scientifique du Centre de recherche et de restauration des musées de France C2RMF. Source: artclair

"Il est possible que cette restauration soit une menace pour ce chef-d'oeuvre de la peinture européenne", avance Didier Rykner, directeur de la revue La tribune de l'art, relayé par quelques médias. Il va même plus loin, se demandant: "Est-il nécessaire de restaurer'" Le site de la revue pointe en effet un "risque", affirmant que "l'opération n'est pas entourée de tous les avis et études possibles".

Lire l'article de Didier Rykner
puis le

mardi 2 août 2011

A celle qui est trop gaie, Charles Baudelaire

Eugène Pluchart (1809-1880), Sleeping Italian woman
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Ta tête, ton geste, ton air
Sont beaux comme un beau paysage ;
Le rire joue en ton visage
Comme un vent frais dans un ciel clair.

Le passant chagrin que tu frôles
Est ébloui par la santé
Qui jaillit comme une clarté
De tes bras et de tes épaules.

Les retentissantes couleurs
Dont tu parsèmes tes toilettes
Jettent dans l'esprit des poètes
L'image d'un ballet de fleurs.

Ces robes folles sont l'emblème
De ton esprit bariolé ;
Folle dont je suis affolé,
Je te hais autant que je t'aime !

Quelquefois dans un beau jardin
Où je traînais mon atonie,
J'ai senti, comme une ironie,
Le soleil déchirer mon sein ;

Et le printemps et la verdure
Ont tant humilié mon coeur,
Que j'ai puni sur une fleur
L'insolence de la Nature.

Ainsi je voudrais, une nuit,
Quand l'heure des voluptés sonne,
Vers les trésors de ta personne,
Comme un lâche, ramper sans bruit,

Pour châtier ta chair joyeuse,
Pour meurtrir ton sein pardonné,
Et faire à ton flanc étonné
Une blessure large et creuse,

Et, vertigineuse douceur !
A travers ces lèvres nouvelles,
Plus éclatantes et plus belles,
T'infuser mon venin, ma soeur !

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

La Forêt des livres 2011

 La Forêt des Livres
Chanceaux-près-Loches
Dimanche 28 août 2011


Chaque année, le dernier dimanche d’août, a lieu en Touraine l’évènement « La Forêt des Livres », une signature-dédicace sous les arbres centenaires du village forestier de Chanceaux-près-Loches. Cette initiative de l’enfant du pays, l’écrivain Gonzague Saint Bris auteur d’une biographie de Balzac (Une vie de roman, Télémaque), est soutenue par le Conseil Général d’Indre et Loire présidé par Marisol Touraine et par une suite de mécènes privés dont le premier est la Maison Lancel que préside Marc Lelandais. La Forêt des Livres est une fête culturelle, populaire, gratuite et ouverte à tous. L’événement mobilise 300 bénévoles et 30 communes partenaires, il réunit 150 auteurs dans un village de 150 habitants et 60.000 visiteurs en une seule journée. La presse américaine a qualifié cette performance de Woodstock de la littérature et de Glyndebourne de la culture. 2011, c’est l’Année Internationale des Forêts. Occasion pour le Ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, de prendre part à La Forêt des Livres et pour l’ONF (Office National des Forêts), et le président de son conseil d'administration, Hervé Gaymard, de mieux faire connaître au public la gestion durable des forêts, la diversité de ses métiers et son rôle déterminant dans l'équilibre climatique. Enfin, la Fondation Yves Rocher sera présente pour illustrer son défi de planter avant 3 ans 50 millions d’arbres sur la planète.

Après Françoise Chandernagor et Bernard Pivot, de l’ Académie Goncourt, Charles Aznavour , Maurice Druon, Hélène Carrère d’Encausse, Simone Veil, Jean d’Ormesson, de l’Académie Française, c’est Didier Decoin, Secrétaire Général de l’Académie Goncourt, qui sera le Président de la XVIe édition le dimanche 28 août 2011, avant-première nationale à la rentrée littéraire.

lundi 1 août 2011

Horst P. Horst, Grâce et Élégance






Photographe de Studio, il fut très influencé par la sculpture grecque. Combinant des éclairages dramatiques, le soucis du détail et des poses théâtrales, il donne une image de la femme pleine de sensibilité et de grâce.

Horst P. Horst de son vrai nom Horst Paul Albert Bohrmann naît à Weißenfels en 1906. Il étudie l’art à Hambourg avant de s’installer à Paris pour suivre une formation avec Le Corbusier.

Contrairement à beaucoup d’artistes de l’époque, il ne fréquente pas la bohème à Montparnasse. Il préfère les milieux bourgeois attirés par l’art. Il rencontre alors le baron George Hoyningen-Huene qui dirige les studios Vogue.

Il devient son modèle puis son amant et son élève. Encouragé par Hoyningen-Huene il se lance dans la photographie. En 1931, il réalise ses premiers clichés pour Vogue France puis pour l’édition américaine l’année suivante. En 1935, il prend la tête des studios à la suite du départ de Hoynigen-Huene chez Harper’s Bazaar.

Quand la guerre éclate en Europe, il part vivre aux États-Unis. Il obtient la nationalité américaine en 1943. Il travaille pour Vogue jusqu’en 1951, année de fermeture des studios. Il ouvre alors son propre atelier. Il réalise de nombreuses photos d’intérieur chez des personnalités pour le compte de House & Garden. Il complète son œuvre avec des photos de nus et des natures mortes. Source

Courbet Clésinger, œuvres croisées

Courbet Clésinger, œuvres croisées
du 2 juillet au 3 octobre 2011

Gustave Courbet (1819-1877) et Jean-Baptiste Auguste Clésinger (1814-1883) : deux artistes francs-comtois qui ont marqué le milieu du XIXe siècle.

L’un peintre, l’autre sculpteur, ils sont tous les deux animés de la même vitalité créatrice, de la même indépendance d’esprit, du même goût pour la liberté. Leurs créations respectives, largement fondées sur une fascination identique pour la femme et la nature, présentent de nombreuses similitudes.

Grâce aux prêts de musées prestigieux, comme le musée d’Orsay à Paris, le musée national d’art occidental de Tokyo ou encore le musée cantonal des beaux-arts de Lausanne, l’exposition d’inauguration du musée Courbet met en regard et en évidence, les ressemblances artistiques de ces deux figures d’origine franc-comtoise.

Les portraits de femmes de Courbet côtoient les bustes féminins de Clésinger.

La femme piquée par un serpent de Clésinger (Musée d’Orsay) évoquera sans conteste la « Bacchante » de Courbet (Fondation Rau pour UNICEF, Allemagne). Une cinquantaine d’oeuvres de Courbet et Clésinger sont ainsi mises en regard pour la première fois.

Au-delà de cette exposition temporaire, le Conseil général du Doubs vous invite à découvrir la collection permanente du musée Courbet et les 75 oeuvres qui la composent, dont ; 41 peintures et 4 sculptures de Courbet.

Gustave Courbet (1819-1877), La Bacchante, vers 1844-1849 Huile sur toile - 65 x 81 cm
 Remagen, Musée Arp Photo : Collection Rau pour l’Unicef/Horst Bernhard
Jean-Baptiste Clésinger (1814-1883), Femme piquée par un serpent, 1847 Marbre,
56,5 x 180 x 70 cm Paris, Musée d’Orsay Photo : RMN/Musée d’Orsay/Jean Schormans
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Gustave Courbet (1819-1877), Portrait de jeune femme, 1867
Huile sur toile - 810 x 65 cm Tokyo, Musée national d’Art
occidental Photo : Musée national d’Art occidental de Tokyo
Jean-Baptiste Clésinger (1814-1883), La Dame aux roses,
vers 1867 Bronze - 68 x 36 x 30 cm Paris, Musée d’Orsay Photo 
RMN/Musée d’Orsay/Hervé Lewandowski



«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard