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mardi 20 janvier 2015

Pèlerinage d'un artiste amoureux, Abdelkébir Khatibi

Narcisse Berchère (1819-1891), Caravane dans le désert. RMN Photo (C) Musée des Beaux-Arts Rennes

Quatrième de couverture
  Il y a plusieurs entrées de lecture à ce roman. Raïssi, le personnage principal, y pénètre par une porte secrète après une découverte extraordinaire. Découverte qui bouleverse sa vie privée, approfondit son œuvre d'artiste et sa relation avec la religion et le surnaturel. Un artiste mystique ? Oui, un initié aux secrets du monde islamique.
L'histoire commence à Fès en 1897 et se termine à Mazagan en 1960. Raïssi voyage vers Dieu. Il explore le monde à la croisée des pays, des civilisations et des religions.
  Au-delà de l'Histoire incarnée dans la période coloniale et post-coloniale, rayonne la promesse de la tolérance...
Spécialiste de la littérature maghrébine, Abdelkébir Khatibi est l'auteur de nombreux ouvrages sur les sociétés et l'art islamiques. Il a publié récemment Féerie d'un mutant, aux Editions du Serpent à Plumes.



Extrait
« J’ai entendu dire que dans des contrées lointaines, on croit que le singe pourrait parler, mais il est entré par prudence dans le silence, le beau silence, de peur que l’homme ne le fasse travailler. Le singe a choisi la liberté, la forêt, contre l’esclavage imposé par l’homme.
 « Le singe nous donne une leçon sur la valeur du silence et de son bon usage. Peut-être savait-il parler jadis, puis il a oublié. Est-il entré dans l’amnésie ? L’animal est-il un être sans mémoire, sans langage, sans culture ? Comme pourrions-nous l’affirmer avec certitude ?
« Selon moi, la vérité c’est que le singe est prêt à parler, à nous parler. Il attend le bon moment. C’est la politique du silence. Nous attendons avec lui en philosophant.
 « Telle est la leçon de sagesse que le singe partage avec nous. Nous partageons avec lui un secret. Un jour, dira le singe à la guenon, dans sa plus belle promesse d’amour :
  –Le temps est venu. Prépare-toi, ma belle, à la fête d’une nouvelle langue !
 «Nous mangeons l’animal, nous le dressons pour briser peut-être son savoir inné. Dans d’autres contrées encore plus lointaines, au vaste pays de la réincarnation, le singe est élevé au rang de dieu ou presque – quel  sacrilège !  –, il est l’inventeur de la grammaire et de l’écriture.
 « Nous, musulmans, nous invoquons Ibrahim pour dire que l’animal a été sacrifié à la place du fils de l’homme donné à Dieu. Voyez-vous, je parle en mon nom, je suis réformiste, un homme de la tolérance et de la mesure. Non un théologien : le mieux qu’il puisse faire c’est un jeu de mots croisés sur le Nom de Dieux et ses attributs.
 « L’homme s’est libéré en se mettant debout. Des mains libres, un droit de regard sur le monde, une bouche pour parler et manger dignement – face à l’horizon. Le langage a commencé ainsi. C’est ce que disent les savants, mais Dieu seul le sait. »
  La séance dura tard la nuit – jusqu’à la prière de l’aube. Raïssi resta éveillé, et, avant de se quitter, lui et Anasse échangèrent leurs burnous en signe d’amitié. Editions du Rocher

lundi 3 novembre 2014

Tajan, Belle vente Tableaux et Sculptures Orientalistes

Lot 13  Henri Adrien Tanoux (1865-1923), La belle odalisque
 Estimation : 12 000/18 000 €
  Islamic Art 
Tableaux et Sculptures Orientalistes
Vente aux enchères
Mardi 4 novembre 2014 à 19h

Lot 14  Ecole française orientaliste, suiveur de Pierre Bonirote (1811-1891), Femmes au bain
Estimation : 18 000/25 000 €

Lot 17  Joseph-Félix Bouchor (1853-1937) Fès, Le souk et les horloges de Bou Anania (Inamiya) Fez
Estimation : 5 000/7 000 €

Lot 18  Alphonse Etienne Dinet (1861-1929), Le départ pour la fête
Estimation : 300 000/400 000 €
Notes: Étienne Dinet fit son premier voyage en Algérie en 1884 avec son ami Lucien Simon. Il y retourna l’année suivante, et en 1887 devint membre de la Société des Peintres Orientalistes fondée par Léonce Bénédite. Il fut l’ami du peintre Paul Leroy, et s’inscrivit à l’école des langues orientales pour apprendre l’arabe. Sa rencontre avec Slimane Bin Ibrahim, qui devint son guide, son conseiller et enfin son ami fidèle, fut déterminante. L’Algérie devint alors son unique source d’inspiration et lui apporta l’énergie et la vivacité qu’il lui fallut pour peindre ses magnifiques tableaux. Dinet fit de nombreux et longs séjours en Algérie, se convertit à l’Islam, et fit le pèlerinage à LaMecque. Sa connaissance et son amour de l’Algérie lui ont permis de reproduire dans ses tableaux les qualités de ce pays et de ce peuple devenus siens. Dinet peignit des scènes de désert, des sujets religieux, de magnifiques ouled-nails, et des scènes enfantines. Jeunes garçons jouant avec un sou, jeunes filles au bain sont autant d’illustrations de la joie de vivre dans le sud algérien. Le tableau que nous présentons représente un groupe de jeunes filles tenant une petite fille. C’est le soir, la lune est haute mais la nuit n’est pas encore tombée. Elles sont richement vêtues, et portent de magnifiques bijoux. Elles sont pressées, et semblent courir vers une fête, un mariage, une musique Dinet a merveilleusement rendu le mouvement par le jeu des tissus qui se froissent sur les corps qui semblent vouloir sauter hors du tableau. La jeune fille à gauche semble y être parvenue, grâce à l’audace du peintre qui ne nous montre qu’un morceau de son corps. La petite fille quant à elle semble portée par ses amies ou ses sœurs pour qu’elle marche plus vite. Le peintre s’est plu à dépeindre la richesse des couleurs des vêtements et des foulards rouge, jaune ou vert. La nuit mauve arrive, mais le soleil invisible dans l’œuvre éclaire la montagne d’une chaude teinte orangée. C’est un tableau joyeux et plein de vie que l’on se plaît à admirer.
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Lot 26  Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953), Deux sikhs
Estimation : 15 000/25 000 €
Notes : Provenance: Collection particulière, France. Exposition Lévy-Dhurmer, Bruxelles, Galerie des Artistes Français, 20décembre 1927-3janvier 1928, sous le numéro31. - Étiquette d’exposition au dos.
Le sikhisme est l’une des quatre religions de l’Inde fondée par Nanak (1469-1538) au Pendjab. Bibliographie: Reproduit au catalogue de l’exposition citée ci-dessus, à la fin de l’introduction de Camille Mauclair sous le titre "Deux profils d’hindous". Il existe une huile sur toile du même sujet offerte par Monsieur et Madame ZAGOROWKI, en 1976, au musée Paul Valéry à Sète. Ce peintre français, né à Alger, commença sa carrière en peignant sur faïence dans la manufacture de Clément Massier. Ses nombreux voyages le conduisirent à sillonner le monde oriental du Maroc aux Indes, et les souvenirs qu’il en ramena lui furent source d’inspiration. C’est en tant que pastelliste qu’il excella trouvant dans cet art le moyen d’exprimer toute sa sensibilité et sa douceur. Dessinateur et coloriste hors-pair, ce peintre nous a laissé une vision unique de l’Orient, s’attachant à la lumière et aux sentiments. Notre tableau illustre magnifiquement l’art de Lévy-Dhurmer. Il ose le jaune éclatant, couleur de l’Inde, et nous présente des personnages empreints de noblesse.
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Lot 27  Jacques Majorelle (1886-1962), Anemiter, Grand-Atlas, 1928
Gouache et encres de couleur, technique mixte sur papier rehaussé de poudres d’or et d’argent, signé, 
situé et daté en bas à gauche. Titré au dos "Anemiter, Vallée Dounila Grand Atlas, Le Noyer n° 29".
Estimation : 80 000/120 000 €
Notes: Provenance: Collection particulière, France. "Les murs de terre, qui peuvent apparaître presque blancs sous le soleil, deviennent de plus en plus rouges à mesure que la lumière diminue ou lorsque la pluie les frappe et les mouille, modifiant ainsi totalement les valeurs et les volumes de ces bâtisses." Félix Marcilhac.
Bibliographie: Félix Marcilhac, "Les Orientalistes, Jacques Majorelle", Édition A.C.R.Paris, 1995, reproduit en couleurs, page139. Après l’Italie et l’Égypte, Majorelle découvre le Maroc en 1917. Il sera tout de suite séduit par Tanger, résidence privilégiée des artistes occidentaux. Cependant, le Maroc du Nord trop humide ne lui convient pas et il part s’installer à Marrakech. Il est immédiatement séduit par cette ville où il y fut reçu et accepté tant par les Français résidents que par les notables locaux. Majorelle se plaît à peindre les souks, mais il veut aller plus loin. Le sud marocain est encore une terre inconnue ou peu se sont rendus, et c’est là que Majorelle veut aller. À partir de 1919, il se rendra régulièrement dans l’Atlas, et peindra les casbahs. Il affectionnera particulièrement la vallée de l’Ounila et la casbah d’Anemiter qu’il découvrit lors de sa première expédition dans le Haut-Atlas en 1921. Anemiter est extrêmement bien conservé, et jouit d’une situation remarquable lui donnant une vue unique sur l’Atlas. Dans l’œuvre présentée, nous voyons au premier plan quelques habitants du village sur une terrasse. Ils paraissent fragiles et écrasés par la grandeur du paysage alentour. Les tours carrées bâties comme des châteaux-forts, et au loin, l’Atlas majestueux semblent protéger ces lieux de tout visiteur.
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Lot 34  Edy-Legrand (1892-1970), La visite
Estimation : 15 000/25 000 €
Notes: Provenance: Collection particulière, France. Édy-Legrand, dont le vrai nom est Édouard Warschavsky, étudia à l’Académie des Beaux-Arts de Munich avant d’entrer dans l’atelier de Gabriel Ferrier à Paris. Il débuta sa carrière comme illustrateur pour divers magazines. Son style est toujours classique, mais sa découverte de l’Algérie et du Maroc lui permettra de trouver une nouvelle source d’inspiration. En 1933, il rencontre Jacques Majorelle, et les deux peindront à Marrakech. Édy-Legrand peignit de vastes paysages marocains, mais il excelle dans son art quand il réalise des portraits et des scènes de genre. Il est un merveilleux coloriste qui aime représenter des femmes buvant du thé, dansant l’Aouache, ou comme dans notre peinture, recevoir des visiteurs.
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Lot 38  Alexandre Roubtzoff (1884-1949), Femmes tunisiennes
Estimation : 100 000/150 000 €
Notes : Après un voyage dans le sud de l’Espagne, où il découvre l’architecture mauresque, Alexandre Roubtzoff décide de visiter la Tunisie. Il a 30 ans lorsqu’il arrive à Tunis en 1914.
Il va alors entamer une véritable vie de "peintre-voyageur", explorant l’Afrique du nord. Cependant, son pays de prédilection reste la Tunisie. Notre tableau, œuvre magistrale restée inconnue depuis 1920, est une magnifique illustration de la belle série de tableaux sur les femmes tunisiennes de ce grand artiste orientaliste.
Deux jeunes femmes au premier plan discutent, assises sur des nattes. Leurs vêtements, leurs bijoux, leur attitude tranquille illustrent la douceur de vivre de ce pays baigné de soleil. Chacune des femmes est identifiée par son prénom. Se côtoient donc "Fatma", "Salma" et "Mahbouba", modèles chers à Roubtzoff qu’il représentera parfois seules dans ses autres tableaux. Alexandre Roubtzoff se montre un merveilleux coloriste dans ce tableau où les bleus jouent avec les roses et les jaunes.
Mais c’est aussi un fidèle témoignage de la vie quotidienne en Tunisie, et de ses costumes traditionnels.
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Lot 42  Mathilde-Margherite Hautrive (1881-1963), "Scène enfantine à Meknès"
Estimation : 4 000/6 000 €

Lot 52  Hassan El Glaoui (né en 1924), Fête arabe sur fond vert
Estimation : 20 000/40 000 €

Lot 56  Mahieddine Baya dite Baya (1931-1998), Jeune femme aux paons
Estimation : 6 000/8 000 €
Notes: Provenance: Collection particulière, France. "Baya dont la mission est de recharger de sens ces beaux mots nostalgiques: l’Arabie heureuse’. Baya, qui tient et ranime le rameau d’or". André Breton, "Baya, Derrière le Miroir", Galerie Maeght, Paris, novembre1947. Cette orpheline travailla comme aide ménagère dès son plus jeune âge à Alger. Elle y découvrit une demeure pleine de fleurs et d’oiseaux, et commença à peindre des gouaches. En 1943, Aimé Maeght de passage à Alger vit ses œuvres. Il lui organisa une exposition à Paris en 1947, et André Breton préfaça le catalogue. Elle découvrit Paris et rencontra Braque et Picasso. Elle est considérée comme l’une des fondatrices de l’art algérien moderne. Baya aima les couleurs, les roses vifs, les bleus éclatants qu’elle ourla d’un puissant trait noir. Peintre de femmes, elle les enferme en noir, mais les libère par la couleur.
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mercredi 15 octobre 2014

Moroccan spirit : 1874 - 2014

Jean-François Portaels (1818-1895), Aouïcha, Huile sur toile (estimation : 70 000 – 90 000 € / 95 000 – 120 000 $)
Moroccan spirit : 1874 - 2014
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Présentation en avant-première les 12 et 13 novembre à Casablanca
Villa des Arts. 30, boulevard Brahim Roudani, Casablanca
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Vente le 25 novembre 2014 à Paris
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Paris – Le 25 novembre 2014, Artcurial célèbrera 140 ans de création au Maroc. Cette vente exceptionnelle présentera près de 120 œuvres, offrant un panorama complet depuis la vision fantasmée de l’orientalisme du 19ème siècle en passant par l’art moderne jusqu’à la jeune génération d’artistes marocains contemporains.

  Cet évènement fera écho à l’ouverture du Musée d’Art Contemporain Mohammed VI à Rabat ainsi qu’à plusieurs autres manifestations culturelles qui auront lieu à Paris. Le Maroc sera en effet mis à l’honneur lors du second semestre 2014 au
Musée du Louvre, avec l’exposition « Le Maroc médiéval, un empire de l’Afrique à l’Espagne », à l’Institut du Monde Arabe qui présentera « Le Maroc contemporain » ainsi qu’à l’Institut des Cultures de l’Islam avec pour thème de son 9ème festival, le « Maroc, arts d’identité ».

  Suite aux succès, en 2011, de la pré-exposition « Jacques Majorelle et ses contemporains » à Marrakech et de la vente qui suivit à Paris (record du monde atteint par Artcurial pour des œuvres de Jacques Majorelle et d’Edy Legrand), Artcurial exposera la vente « Moroccan Spirit : 1874 – 2014 » en avant-première à Casablanca, les 12 et 13 novembre 2014. Les œuvres seront présentées dans le cadre magnifique de la Villa des Arts, avant d’être dévoilées à Paris à partir du 22 novembre.

  « Artcurial est très heureux, après un an de préparation, de proposer une vente entièrement dédiée à l’extraordinaire richesse de l’art marocain. Nous croyons qu’au-delà de l’orientalisme et des ventes « Jacques Majorelle et ses contemporains », l’arrivée et la reconnaissance de l’art moderne et des artistes marocains contemporains sur la scène internationale du marché de l’art est aujourd’hui un phénomène confirmé. L’appétit des collectionneurs et des amateurs pour ces créations est réel. » explique Olivier Berman, directeur du département Orientalisme.

La vente « Moroccan Spirit : 1874 – 2014 »,
 parcourra 140 ans de création marocaine autour de trois principaux axes :

- Les orientalistes bien sûr très présents, avec notamment un exceptionnel portrait, Aouïcha, peint par Jean-François Portaels en 1874 (estimation : 70 000 – 90 000 € / 95 000 – 120 000 $), mais aussi une collection de 20 dessins et aquarelles d’Edy Legrand représentant la vie au Maroc dans les années 1950. Après sa redécouverte dans une collection privée, une très rare et sublime esquisse de Jacques Majorelle pour sa grande composition Les Allamattes de 1931 (conservé à l’Attijariwafa Bank, Casablanca) sera également mise en vente. Cette esquisse est la seule connue à ce jour ayant été réalisée sur papier clair, rendant ainsi la composition grandement lisible et lumineuse, les figures colorées se détachant magnifiquement du fond neutre. Ce sont au total cinq œuvres de Majorelle qui seront proposées le 25 novembre, aux côtés d’autres signées Henri-Emilien Rousseau, José Silbert, Isidore van Mens et José Cruz Herrera.

- A l’honneur également, l’art moderne marocain représenté par une collection privée d’une trentaine d’œuvres de Miloud Labied, Chaïbia Tallal, Jilali Gharbaoui, Ahmed Cherkaoui mais aussi Hassan El Glaoui et César avec sa magnifique accumulation de drapeaux marocains ; une collection de premier plan qui illustre parfaitement la création artistique du Maroc des années 1960 à 1980.

- Enfin, les œuvres contemporaines qui ont été « curatées » par Meryem Sebti, rédactrice en chef de Diptyk qui explique : « J’ai essayé, pour cette vente évènement, de combiner à la fois ce qui me semble le plus pertinent au regard des critères du marché, mais aussi ce qui est le plus représentatif des préoccupations de cette jeune scène qui intéresse beaucoup les institutions internationales (MACBA, MUCEM, IMA, Centre Pompidou, etc.). Je suis convaincue que ces artistes peuvent séduire la clientèle internationale d’Artcurial . Parmi ces pièces, citons notamment celle de Mounir Fatmi, l’Année zéro, fascinant bas-relief constitué de câbles d’antenne et dont surgit une hypnotisante impression kaléidoscopique. »

« Cette vente sera l’occasion pour les collectionneurs et amateurs de découvrir toute la richesse de la création marocaine au fil du temps et de créer des ponts entre la période classique et la période contemporaine. Meryem Sebti nous a apporté sa connaissance pointue de cet univers » ajoute Arnaud Oliveux, spécialiste en art contemporain d’Artcurial.

Benjamin-Constant (1845-1902). Merveilles et mirages de l'orientalisme

Jean-Joseph Benjamin-Constant, Le Flamant rose, 1876, Musée des beaux-arts de Montréal. Photo MBAM, Christine Guest

Benjamin-Constant (1845-1902). Merveilles et mirages de l'orientalisme
Du 4 octobre 2014 au 4 janvier 2015

  Dans le cadre de l'organisme de coopération franco-américaine FRAME (French Regional American Museum Exchange), le musée des Augustins de Toulouse et le musée des Beaux-Arts de Montréal s'unissent pour présenter une exposition consacrée à Benjamin-Constant et à ses influences.

 Benjamin-Constant est l'un des acteurs majeurs de l'art orientaliste de la Troisième République. Bien qu'il n'ait voyagé qu'une fois au Maroc en 1874, le souvenir de ce voyage a marqué toute sa production et son style de vie. Après une première formation à Toulouse, il fût élève de Cabanel mais ses premières influences de peintres orientalistes furent Henri Regnault, Fortuny et Clairin. L'inspiration de Delacroix fut également prépondérante pour notre artiste. Son atelier était aussi rempli d'objets hispano-mauresques…

  Benjamin-Constant manifeste une véritable prédilection pour les scènes de harem ou les odalisques. Il s'empare du mythe de la sensualité débridée de l'orient, associant des hétaïres lymphatiques à de jeunes maures farouches. Il est, par ailleurs, fasciné par les éléments d'architecture mauresque comme l'arc surbaissé. L'inspiration byzantine ou biblique dans la peinture d'histoire vient compléter sa veine orientaliste.

  Il fut également l'un des grands peintres de décors de son temps (Opéra Comique de Paris, Gare d'Orsay, Hôtel de Ville de Paris, Capitole de Toulouse) mais seul un petit nombre d'esquisses peuvent en témoigner hors contexte. Par ailleurs, sa production de portraitiste mondain et son enseignement à l'Académie Jullian où il eut de nombreux élèves américains et canadiens expliquent son succès outre-Atlantique et la richesse des œuvres de Benjamin Constant au musée des Beaux-Arts de Montréal.
Il eut également une pratique du portrait plus intimiste de ses proches, exprimant    une véritable empathie.

Jean-Joseph Benjamin-Constant, Entrée du sultan Mehmet II à Constantinople le 29 mai 1453, 1876.
 © Benjamin-Constant, Photo Daniel Martin

Jean-Joseph Benjamin-Constant, Le Jour des funérailles – Scène du Maroc, 1889. Petit Palais, 
Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Photo © Petit Palais / Roger Viollet

Jean-Joseph Benjamin-Constant, Le soir sur les terrasses (Maroc), 1879, Musée des beaux-arts de Montréal,
 don de Lord Strathcona et de la famille. © Benjamin-Constant. Photo MBAM, Brian Merrett

Jean-Joseph Benjamin-Constant, Favorite de l’Émir Vers 1879 Huile sur toile 142,24 x 220,98 cm
 National Gallery of Art, Washington gracieuseté de United States Naval Academy Museum

Objets dans la peinture, souvenir du Maroc, Musée Delacroix

Eugène Delacroix, Cavalier de la garde du sultan, musée des Beaux-Arts de Bordeaux. © F. Deval
Objets dans la peinture, souvenir du Maroc
Du 5 novembre 2014 au 2 février 2015

  L’exposition, en lien avec « Le Maroc médiéval. Un empire de l’Afrique à l’Espagne », présente, en regard de peintures et de dessins d’Eugène Delacroix, les objets rapportés par l’artiste de son voyage en Afrique du Nord en 1832.

  Légués par Delacroix au peintre Charles Cournault, ces objets ont ensuite été donnés au musée Delacroix en 1952 par ses héritiers. L’exposition permet ainsi, en mettant en valeur cette part insigne de la collection permanente du musée, d’étudier l'aspect réaliste et fantasmagorique de l’oeuvre orientaliste de Delacroix. En effet, si le voyage au Maroc fut, pour ce jeune homme ébloui, l’occasion de concevoir des centaines de croquis et d’aquarelles « sur le vif », il revint tout au long de sa carrière,  jusqu’à sa mort en 1863, à ces sujets orientaux. Au souvenir du Maroc, se mêlait une vision imaginaire et sensible nourrie par la littérature et la musique de son temps.


  Grâce à des prêts prestigieux des musées français, grâce à l’engagement des héritiers de Charles Cournault, cette exposition offre de retrouver, au sein de l’atelier du grand artiste, les objets qu’il y avait rassemblés et d’interroger son rapport à ces objets, souvenirs du Maroc, mais aussi signes de son attachement à un imaginaire oriental. Elle pose ainsi un regard neuf sur l’oeuvre orientaliste de Delacroix, dans le lieu même de sa création.

vendredi 29 août 2014

Bédouins, John Singer Sargent

John Singer Sargent (1856-1925), Egyptian Woman (also known as Coin Necklace)

Arab bedouin

 Arab Woman

A Bedouin Girl

 Bedouin Mother

Moroccan Fortress, with Three Women in the Foreground (Bedouin Women)

Bedouin Women

Two Arab Women

Sunset at Cairo

 Door of a Mosque

mardi 29 juillet 2014

Henri Matisse : Nice, le rêve des odalisques

Henri Matisse,  Odalisque au coffret rouge, 1927 Huile sur toile Musée Matisse, Nice Legs de Madame Henri Matisse, 
1960 Mentions obligatoires : © Succession H. Matisse Photo : Archives Henri Matisse / D.R.

Henri Matisse : Nice, le rêve des odalisques
du  21 juin au 29 septembre 2014

A la suite de la célébration de ses cinquante ans en 2013 avec l’exposition Matisse, la musique à l’œuvre, le musée Matisse apporte un nouvel éclairage sur le lien de Matisse avec Nice, à travers le thème des odalisques, ensemble d’œuvres connues sous le terme générique de « période niçoise » (1917 - 1929), dont des échos ponctuels se retrouvent tout au long de son œuvre, et cela par une nouvelle exposition intitulée Henri Matisse : Nice, le rêve des odalisques.

Au-delà de leur production abondante, les odalisques permettent de s’interroger sur le retour surprenant de Matisse à la figuration, après les avancées du fauvisme de 1905.

En 1921, quand il s’installe à Nice au 1 place Charles Félix sur le cours Saleya, le peintre fait évoluer son interprétation du thème des odalisques depuis une série surprenante de lithographies pour rejoindre ses préoccupations profondes, liées à la forme et à la ligne. D’une représentation traditionnelle d’un modèle alangui, émanant des atmosphères rencontrées par Matisse en Algérie et au Maroc, émerge un personnage féminin, dont la plasticité du corps et la pose transforment la composition. Le tableau prend une nouvelle unité : la structure du personnage rejoint la sculpture.

L’exposition décline cette évolution picturale en accompagnant peintures, dessins, lithographies et sculptures, d’objets personnels, de mobiliers et de tissus, dont la plupart appartiennent aux collections du musée, et que le peintre utilisait pour créer le décor qui entourait les modèles devenus odalisques.

Henri Matisse et son modèle - Place Charles-Félix, Nice, 1928
© Succession H. Matisse - Photo : Archives Henri Matisse / D.R.

Henri Matisse, Grande Odalisque à la culotte bayadère, 1925 Lithographie sur papier
Collection particulière Photo : Archives Henri Matisse / D.R.

Henri Matisse, Odalisque à la culotte rouge, automne 1921 huile sur toile, 65 x 90 cm coll. 
Musée national d’art moderne, CCI/ Centre G. Pompidou, Paris

samedi 17 mai 2014

Orientalismes, Musée des Beaux-Arts de Bordeaux

Pierre Roblin, Un vendredi, jour des femmes, au cimetière arabe, Alger. Collection particulière. Musée des Beaux-Arts de Bordeaux
Orientalismes
du 26 avril au 23 juin 2014

  Riche de nombreuses œuvres à caractère orientaliste, le musée propose une sélection de peintures et de dessins du XVIIIe siècle à la première moitié du XXe siècle, essentiellement issus de son fonds français : Van Mour, Delacroix, Dauzats, Diaz de La Peña, Marquet...

  L’orientalisme ne fut jamais une école ou un mouvement artistique mais davantage un genre artistique défini dans les premières décennies du XIXe siècle autour d’une certaine vision de l’Orient, particulièrement de la Turquie et de l’Egypte. Mais l’attrait et la curiosité pour l’Orient se développèrent en France dès le XVIIe siècle dans une vision fantaisiste et littéraire. Ce fut la campagne d’Egypte (1798-1801) puis la guerre d’indépendance grecque et l’expédition de Morée (actuel Péloponnèse) entre 1828 et 1832 qui permirent une évocation plus réaliste des paysages arides, du pittoresque des costumes et des couleurs éclatantes. Grâce à des artistes voyageurs, en particulier Eugène Delacroix (1798-1863) au Maghreb, l’orientalisme s’élargit aux régions méridionales de la Méditerranée, permettant à des peintres et des sculpteurs de sensibilités diverses de concevoir différentes visions de l’Orient.

mardi 29 avril 2014

Orientalisme, Vente Artcurial

29 - Alexandre Roubtzoff (1884-1949), Mahbouba
Estimation : 50 000 / 70 000 €
Orientalisme
Vente aux enchères le 13 mai 2014 

6 - Etienne Dinet (1861 - 1929) - Le départ des amoureux
Estimation : 6 000 / 8 000 €

11 - Hyppolite Lazerges (1817 - 1887), Jeune algérienne au tambourin (tar)
Estimation : 6 000 / 8 000 €

13 - Emile Deckers (1885-1968) - La halte de la caravane
Estimation : 30 000 / 40 000 €

16 - Emile Deckers (1885 - 1968) - Jeune fille dans la montagne
Estimation : 8 000 / 10 000 €

17 - Marie Aimée Lucas-Robiquet (1858 - 1959) - Jeunes algériennes préparant le couscous
Estimation : 60 000 / 80 000 €

19 - Eugène Girardet (1853 - 1907) - Chemin dans l'oasis d'el Kantara
Estimation : 25 000 / 35 000 €

22 - Louise Landré (1852 - ) - Jeune femme alanguie
Estimation : 10 000 / 15 000 €

28 - Max Moreau (1902 -1992) - La discussion
 Estimation : 4 000 / 6 000 €

39 - Jacques Majorelle (1886 - 1962) - Nu allongé
Estimation : 40 000 / 60 000 €

41 - Jacques Majorelle (1886 - 1962) - Le souk aux tapis
Estimation : 50 000 / 70 000 €

Cannabis et littérature, Collectif

Fernand Cormon (1845-1924), In Erwartung

Quatrième de couverture
  Psychotrope venu d’Orient, «découvert» par  Marco  Polo qui  le premier   fit  mention de la «secte des hachichins», le cannabis fut tenu pour suspect, voire dangereux dès l’abord, et interdit par décret sur injonction de Napoléon Bonaparte lors de la campagne d’Egypte.
Mais au XIXe siècle, la volonté de voyage et d’expérimentation prit de notables proportions. Sous l’impulsion du docteur Moreau de Tours, se met en place l’éphémère mais prestigieux Club des Hachichins qui réunit la fine fleur des arts et de la littérature vers 1840 : Gautier, Dumas, Nerval, Baudelaire, Delacroix, et passage éclair de Balzac, excusez du peu.
Finalement, après avoir goûté la peu recommandable matière, et avoir relaté les étapes de ce qu’ils nomment alors leur «fantasia», les écrivains se disperseront et le club disparaîtra.
C’est que, comme l’explique Gautier, «le vrai littérateur n’a besoin que de ses rêves naturels, et il n’aime pas que sa pensée subisse l’influence d’un agent quelconque.»
Puisqu’on vous le dit…

Extrait
GERARD DE NERVAL

VOYAGE EN ORIENT 
III. Histoire du Calife Hakem
 I. Le Hachische
  Sur la rive droite du Nil, à quelque distance du port de Fostat, où se trouvent les ruines du vieux Caire, non loin de la montagne du Mokatam, qui domine la ville nouvelle, il y avait quelques temps après  l’an 1000 des chrétiens, qui se rapporte au quatrième siècle de l’hégire musulmane, un petit village habité en grande partie par des gens de la secte des sabéens.
  Des dernières maisons qui bordent le fleuve, on jouit d’une vue charmante, le Nil enveloppe de ses flots caressants l’île de Rodda, qu’il a l’air de soutenir comme une corbeille de fleurs qu’un esclave porterait dans ses bras. Sur l’autre rive, on aperçoit Gizeh, et le soir, lorsque le soleil vient de disparaître, les pyramides déchirent de leurs triangles gigantesques la bande de brume violette du couchant. Les têtes des palmiers-doums, des sycomores et des figuiers de Pharaon se détachent en noir sur ce fond clair. Des troupeaux de buffles que semble garder de loin le sphinx, allongé dans la plaine comme un chien en arrêt, descendent par longues files à l’abreuvoir, et les lumières des pêcheurs piquent d’étoiles d’or l’ombre opaque des berges.
  Au village des sabéens, l’endroit où l’on jouissait le mieux de perspective était un okel aux blanches murailles entouré de caroubiers, dont la terrasse avait le pied dans l’eau, et où toutes les nuits les bateliers qui descendaient ou remontaient le Nil pouvaient voir trembloter les veilleuses nageant dans des flaques d’huiles.
  A travers les baies des arcades, un curieux placé dans une cange au milieu du fleuve aurait aisément discerné dans l’intérieur de l’okel les voyageurs et les habitués assis devant de petites tables sur des cages de bois de palmier ou des divans recouverts de nattes, et se fût assurément étonné de leur aspect étrange. Leurs gestes extravagants suivis d’une immobilité stupide, les rires insensés, les cris inarticulés qui échappaient par instants de leur poitrine, lui eussent fait deviner une de ces maisons où, bravant les défenses, les infidèles vont s’enivrer de vin, de bouza (bière) ou de hachiche. Pimientos
«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard