dimanche 15 juin 2008

Japonisme


Extrait: Du rouge aux lèvres, Haïku de Michiko Kaï

Pour Si Driss

Tu nous a quitté le jour du solstice d'été il y a onze ans déjà, et ton éclat de rire unique et légendaire résonne toujours dans mon coeur. Tous ceux qui t'ont connu et qui parlent de toi aujourd'hui, évoquent ce bonheur que tu nous communiquais avec tes rires francs et joyeux!
Pour la fête des pères, c'est ce rire que j'entends me venant du jardin ...jardin regorgeant de ces hibiscus que tu aimais tant...

samedi 14 juin 2008

Monsieur Edmond Valès


C'est au Lycée Paul Valéry qu'a réellement débuté ma passion pour de le dessin et la peinture. Dès la seconde et jusqu'en terminale, j'avais choisi l'option dessin et suivais assidûment les cours dispensés le mercredi après-midi.
Il faut dire que nous avions ces années là, un professeur et pas des moindres, qui avait su éveiller en nous une sensibilité certaine pour l'art en général et qui avait également et surtout su aiguiser notre regard sur le monde qui nous entoure.
Je faisais parti d'un petit groupe d'inconditionnels, qui n'aurait sous aucun prétexte manqué le cours de dessin de monsieur Edmond Valès. Malgré notre jeune âge, nous avions compris à l'époque déjà la chance que nous avions d'être ses élèves, car même s'il n'avait pas la cote qu'il a aujourd'hui, nous savions au fond de nous-même que nous avions à faire à un artiste avant d'avoir à faire à un professeur de dessin.
Je garde en mémoire une période mémorable où nous suivions des cours sur le portrait. Notre professeur nous faisait poser à tour de rôle au tableau pendant que lui-même ainsi que nos camarades nous croquaient. La pose ne devait pas durer plus de cinq minutes, l'objectif étant de saisir un mouvement, un geste, une allure... Ces séances nous amusaient beaucoup car c'était l'occasion pour nous de nous défouler et de découvrir à la fin du cours comment nos camarades nous percevaient; les résultats donnaient souvent lieu à des fous rires collectifs...
J'étais fasciné par l'aisance qu'il avait de réussir nos portraits en deux ou trois coups de crayon, et j'étais toujours très impressionnée par ses peintures car il ne manquait jamais de nous inviter lorsqu'il exposait son travail.
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Illustration: Monsieur Edmond Valès (1918-2001), Lycée Paul Valéry

Invitation au voyage

L'invitation au voyage

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
_
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
_
Des meubles luisants,
_ Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.
_
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
_
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.
_
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
_
Charles Baudelaire, Recueil: Les fleurs du mal
Illustration, Victor Creten (1878-1966): Jeune femme

jeudi 12 juin 2008

Le temps qui passe selon...Alaa El Aswany

Qu'avait-il fait de sa vie? Qu'avait-il réalisé? Pouvait-il compter ses moments heureux? Combien y en avait-il eu? Quelques jours. Quelques mois tout au plus. Ce n'est pas juste d'avancer en âge sans comprendre le prix du temps. Ce n'est pas juste que personne ne vous avertisse du temps qui s'écoule, à chaque instant, entre vos mains. C'est une duperie complète... que nous connaissions le prix de la vie, si peu de temps avant qu'elle finisse.

Extrait: Alaa El Aswamy, Chicago, Edition Actes Sud, Page 182
Illustration:Gustave Klimt, Les trois âges de la vie

Tahar Ben Jelloun

L'épicerie de Si Abdessalam
Du vinaigre doux dans une bouteille en plastique
__National
des portions de savon la Main
un sac de farine Drissi
des allumettes Le Lion
une barbe grise toujours naissante
une main ouverte
le regard tendre
amical
fraternel comme le soleil
et une balance qui sépare le temps
Extrait: Tahar Ben Jelloun, Les amandiers sont morts de leurs blessures _________________

mercredi 11 juin 2008

L'Angelot de Camden

Que dire de celui-ci ? Rien! ... il parle de lui-même mieux que je ne pourrai le faire... Une seule petite précision; je l'ai ramené d'Angleterre avec son pendant, ils se font face et ne se quittent jamais du regard! ... Le frère jumeau, ce sera pour une autre fois...

Les Pirates du Rif


Ma dernière acquisition: Les Pirates du Rif, cette gravure achetée chez un antiquaire de la rue de la S... Elle est signée Charles Yriarte (1832-1898), reporteur enrôlé dans l'armée espagnole, il a suivi les opérations militaires au Maroc pour le compte du journal Le Monde illustré. La suite demain peut-être ...

Un dessin animé...


On aurait dit une scène tirée d'un dessin animé de Tex Avery ...
Cela c'est passé devant moi hier après-midi; j'en ai pris plein les yeux et sincèrement on m'aurait raconté l'histoire, je n'y aurai pas cru. J'étais confortablement installée dans le bureau, concentrée sur mon écran d'ordinateur, lorsque j'entends un grand vacarme venant du jardin. Je jette un oeil par la fenêtre, et comprends tout de suite que ce tohu-bohu vient du cerisier dont les branches sont violemment secouées. Tout à coup, sortant brusquement du feuillage, un écureuil roux fuyant à toute allure, pourchassé par une pie! A grands battements d'ailes, l'oiseau manifestait vivement son mécontentement, poursuivant l'écureuil qui était venu s'approvisionner en fruits de saison. Une scène cocasse et attendrissante à la fois!
Aujourd'hui, je comprends mieux pourquoi les cerises disparaissaient vraiment du jour au lendemain comme par enchantement. Dans les mystérieuses disparitions, participaient de concert aussi bien des petits animaux à plumes que des petits animaux à poil... Ce n'est encore pas cette année que je goûterai aux cerises du jardin!!!

mardi 10 juin 2008

Rainer Maria Rilke

Nous n'avons aucune raison de nous méfier du monde, car il ne nous est pas contraire. S'il y est des frayeurs, ce sont les nôtres: s'il y est des abîmes, ce sont nos abîmes; s'il y est des dangers, nous devons nous efforcer de les aimer. Si nous construisons notre vie sur ce principe qu'il nous faut aller toujours au plus difficile, alors tout ce qui nous paraît encore aujourd'hui étranger nous deviendra familier et fidèle. Comment oublier ces mythes antiques que l'on trouve au début de l'histoire de tous les peuples; les mythes de ces dragons qui à la minute suprême, se changent en princesses? Tous les dragons de notre vie sont peut-être des princesses qui attendent de nous voir beaux et courageux. Toutes les choses terrifiantes ne sont peut-être que des choses sans secours, qui attendent que nous les secourions.
Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète
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Depuis quelques jours, j'ai rapproché de ma table de nuit mon petit livre de chevet des années 80, les Lettres à un jeune poète. Après toutes ces années, je découvre à nouveau ce texte fabuleux de Rainer Maria Rilke. C'est émouvant de relire mes propres annotations de l'époque, de retrouver des passages entier soulignés au crayon et de constater finalement que mes questions et mes préoccupations existentielles trente ans après sont sensiblement les mêmes et que la vision de Rilke y apporte aujourd'hui encore une réponse juste et percutante...

Moulay Driss

Moulay Driss, le Saint des Saints, le père fondateur, le père!
Je n'ai visité cette petite ville qu'une seule fois dans ma vie et je ne devais pas avoir plus de sept ou huit ans. J'en garde donc un souvenir très flou de ruelles étroites et tortueuses, un dédale, un vrai labyrinthe pour arriver au mausolée. Un second souvenir fugace mais suffisamment net d'une très grande cour intérieure qui à l'évidence devait être l'entrée de la mosquée. Je me souviens d'avoir été choquée par le nombre impressionnant de pèlerins ce jour-là. Installés à même le sol sur des petites nattes, vivant là visiblement depuis plusieurs jours déjà dans une promiscuité malsaine, attendant qui une guérison, qui un heureux évènement...
Et pourtant, ce qui domine dans ma mémoire c'est la vision presque irréelle du village surplombant notre arrivée. C'est la lumière, c'est l'éclatante blancheur des murs, c'est la blanche ville de Moulay Driss cernée par le vert dominant d'une végétation luxuriante alentour.
Je me souviens très bien de Volubilis, deuxième étape de cette journée touristique organsinée par un papa soucieux d'instruire ses enfants. Je me souviens des allées pavées menant à l'arc de triomphe. Je me souviens nettement des mosaïques romaines; des dauphins et des sirènes! Je me souviens aussi de mon papa nous apprenant que les antiquités trouvées sur les lieux, en l'occurrence des bronzes, avaient rejoint les musées de Rabat et de Tanger. Une grande injustice pour moi à l'époque...
J'ai choisi cette affiche parce que je la trouve très belle et qu'elle correspond à une époque recherchée. Les tons chauds et ocres doivent répondre à un ciel de mois d'août sous un soleil de plomb et ne rendent en rien la blancheur de mes souvenirs. J'aurai pu opter pour une photo récente plus parlante, mais non. En fait, c'est l' affiche qui a déclanché et fait remonter tant de souvenirs!

Proverbe arabe

"Qui tue le lion en mange, qui ne le tue pas est mangé"
Proverbe arabe

vendredi 6 juin 2008

Yves Saint Laurent, le dernier défilé

Le grand couturier Yves Saint Laurent s'est éclipsé dimanche 1er juin à Paris. Son souhait aurait été de reposer pour l'étérnité dans le jardin Majorelle de Marrakech...

Côté Jardin

Depuis quelques jours, c'est une explosion de couleurs et de senteurs; voilà de quoi remettre du baume au coeur... Lorsque je vois le petit mandarinier du Japon refleurir deux années de suite, alors qu'il avait perdu tout signe de vie, je me dis encore un mystère de la nature !

mardi 3 juin 2008

Bouquet d'Anges

Un petit sac en tulle vaporeux contant des d'angelots dont se dégage un délicat parfum de roses d'antan a trouvé place sur une commode dans l'entrée. Agréable accueil, non?

Monstres et Chimères


Livrés en vrac, les Monstres et Chimères du week-end dernier...

lundi 2 juin 2008

Chimères et monstres fantastiques!

Ballade ce dimanche après-midi entre Chinon et Langeais. Malgré les nombreuses averses, le temps reste agréable grâce au ciel couvert qui nous préserve des grosses chaleurs.
Puis, petit goûter sur la terrasse d'un café en face du château. Et enfin au hasard des ruelles, rencontres impromptues avec des montres fabuleux d'un autre temps...

«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard