mardi 12 août 2008

Les grands dadais

Et bien voilà! Elle était trempée de la tête aux pieds, sa jolie robe en lin dégoulinait et commençait à peser lui collant sur la peau. Ses pieds étaient transis dans les ballerines en toile toutes neuves qui ne ressemblaient plus à rien maintenant. Marie était furieuse d'avoir fait confiance à ces deux grands dadais de frères qui avaient pourtant promis de respecter sa phobie de l'eau. Elle n'avait rien vu venir et sans comprendre ni comment, ni pourquoi, elle s'était sentie soudain soulevée, puis chahutée quelques secondes par ces deux lourdauds, une très grosse vague avait fait le reste...
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Illustration: Winslow Homer 1836-1910, Eagle head, High tide

La grande soeur

Dès qu'elle en avait la garde, Amélie se sentait un véritable devoir de protection envers son petit frère. Elle ne le quittait jamais des yeux, le suivait partout et l'assaillait de recommandations. Il ne pouvait pas faire un pas sans qu'elle soit tout de suite dans son dos, lui tendant les bras pour devancer une éventuelle chute. Amélie aimait sincèrement son petit frère et le maternait avec tendresse, jamais elle ne haussait le ton ni ne s'impatientait avec lui. Elle jouait son rôle à la perfection et ses parents pouvait vraiment compter sur elle...
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Illustration: Alfred Thompson Bricher 1837-1908, At the shore

lundi 11 août 2008

le Guinéen

Il est passé dans la rue ce matin là, semant sur son passage un tintamarre strident de percussions. Rythmant ses pas au son joyeux de chants Gnawi, il s'est arrêté devant la porte le temps d'une sérénade, prié pour le bonheur de tous, récolté quelques dirhams, puis continué son chemin les yeux pétillants et le sourire aux lèvres!

Mamie Jacotte

Tous les étés, Emilie aimait passer une partie de ses vacances chez sa mamie Jacotte. La petite fille et la vieille dame s'adoraient et une délicieuse complicité s'était installée entre elles provocant parfois une petite pointe de jalousie chez la maman. Qu'il fasse beau, qu'il vente ou qu'il pleuve, Emilie se rendait sur la plage avec sa grand-mère, elle tenait absolument à se baigner tous les jours quelque soit la température de l' eau. Emilie voulait en profiter au maximum et puis surtout, elle savait que mamie était là pour la dorloter après le bain, lui démêler les cheveux pleins de sable, lui préparer de bons petits goûters...
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Illustration: Edgar Degas 1834-1917, Scène sur la plage

dimanche 10 août 2008

Concentré de voyage !

Quelques photos de ces dernières vacances au Maroc...

L'enfant gâté

Adrien était le petit fils unique des deux plus grandes familles de la région. Il était choyé, gâté, adulé, aussi bien dans sa famille maternelle que dans sa famille paternelle. Les grands-parents des deux bords le comblaient de cadeaux et ne résistaient devant aucun de ses caprices. Et les oncles et les tantes étaient tous en admiration devant la petite star qui n'hésitait pas à distribuer ses ordres aux uns et aux autres. Les parents, dépassés par les évènements n'osaient sévir de peur de déplaire. Ce matin là, ils avaient encore cédés car Adrien avait tout simplement décidé qu'il irait essayer la nouvelle canne à pêche que lui avait offert son oncle Firmin...
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Illustration: Peter Alexandrovich Nilus 1869-1943, on the bridge

samedi 9 août 2008

Les grandes marées

En cette période de grandes marées qui faisait le bonheur des pêcheurs de coquillages, la mer se retirait si loin que les enfants abandonnaient très vite l'idée d'aller se baigner lorsque la marrée était basse. Pour atteindre la première petite vague, il leur fallait parcourir une immense étendue de sable vaseux, contourner des dunes, traverser des rigoles, patauger dans des petites mares d'eau tiède, marcher et marcher encore sous le soleil avant d'en arriver à bout. C'était vraiment trop pénible! Contrariés et déçus, ils s'installaient alors sur le sable, inventaient toutes sortes de jeux et remettaient au lendemain leur projet de baignade...
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Illustration: Etienne Moreau-Nelaton 1859-1927, The beach

Le vilain petit canard

Toute la petite famille était arrivée sur l'île pour y passer le mois d'août. Jamais ils n'avaient voyagé aussi loin avec les enfants et la traversée en avion avait été particulièrement longue et pénible pour les plus petits. Sans compter qu'avec le décalage horaire et la chaleur, les enfants épuisés, avaient perdu tout repère et toute notion de temps: dormir était devenu un sujet de discorde et de fâcheries! Les premiers jours, même sur la plage, le plus jeune qui était toujours à la traîne et que ses frères avaient nommé "le vilain petit canard", continuait d'être grognon et pour un rien irritable. Ce n'est qu'au bout d'une bonne semaine de patience que tout ce petit monde a retrouvé un semblant d'équilibre...
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Illustration: Sarah Butterfield née en 1953, Nantucket

La mère et la fille

Elles avaient le chic de s'habiller exactement pareil, de se coiffer à l'identique, de porter les mêmes bijoux et les mêmes chaussures avant de s'installer sur la plage. Elles aimaient jouer de leur ressemblance et tromper ceux qu'elles ne les connaissaient pas les faisaient rire de bon coeur. C'est sans le moindre effort qu'elles parvenaient à faire croire qu'elles étaient deux soeurs très proches en âge. Elles exultaient de voir le trouble que provoquait leur petit jeu, il faut dire que la mère et la fille étaient de grandes complices dans la vie comme sur scène et surtout qu'elles étaient de grandes comédiennes...
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Illustration: Claude Monet 1840-1926, Sur la plage à Trouville

vendredi 8 août 2008

Némo le dauphin

Ils avaient demandé à être inscrits aux mêmes activités pour leur semaine de stage de plongée sous-marine. Le club réputé pour son sérieux proposait un programme qui les avait séduits d'emblée, ils n'auraient pas une minute de répit, ni le temps de s'ennuyer. Les cours avaient lieu dans une petite crique retirée aux allures paradisiaques et dès leur arrivée, ils avaient entendu dire qu'un jeune dauphin surnommé Némo, venait régulièrement taquiner et jouer avec les plongeurs en fin d'après midi. Dès lors, ils n'avaient plus qu'une seule idée en tête, avoir suffisamment de chance pour l'approcher...
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Illustration: William Ireland, Snorkellers

Les trésors de la mer

Depuis deux jours, le ciel s'était couvert et le fond de l'air s'était un peu rafraîchi, mais les enfants n'en avaient que faire, ils se couvraient un peu plus que d'habitude et se rendaient quand même sur la plage pour reprendre leur chasse aux trésors. C'est inimaginable ce que cette étendue de sable recelait comme petits locataires! Il suffisait d'avoir l'oeil attentif pour dénicher toutes sortes de petits galets, de mollusques et de coquillages. Un matin, ils avaient même découvert des dizaines de méduses échouées sur le sable et que la mer avait rejetées si loin qu'ils n'en croyaient pas leurs yeux...
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Illustration: Mathias Alten 1871-1938, Figures at the beach

Canicule!

Depuis le début de la semaine, il s'était abattu sur la ville une chaleur comme on avait rarement enregistrée ces cinquante dernières années. Dès dix heure le matin une fournaise implacable s'engouffrait dans les rues désertes, léchant les murs blancs des habitations, envahissant le moindre recoin sur son passage. Seuls refuges pour la population: se calfeutrer chez soi et attendre le retour de la fraîcheur du soir, ou bien se précipiter en direction de la mer à la recherche d'un petit mètre carré de sable. La plage s'était transformée en une gigantesque ville en tissu, un vrai labyrinthe pour les enfants qui voulaient s'approcher de l'eau...
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Illustration: Dorothea Sharp 1874-1955, Bay the beach tents summer

La boudeuse

Manon était une petite fille très en avance pour son âge, du haut des ses huit ans, elle ne se plaisait qu'en compagnie d'adultes. Les enfants de son âge l'ennuyaient, elle ne leur trouvait aucune conversation et les taxait très souvent d'immatures et de puérils! De ce fait, il lui arrivait souvent de se retrouver seule et sans amis, alors elle se mettait à l'écart pour avoir la paix. Mais ce petit air rebelle qu'elle affichait la faisait immanquablement passer pour une très grande boudeuse...
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Illustration: Louise Eleonore Zaring 1872-1970, Afternoon at the beach

jeudi 7 août 2008

Chevauchée sur la plage

Le jour de ses seize ans, Marie-Lou avait reçu un magnifique alezan en cadeau d'anniversaire. Il faut dire qu'elle en avait rêvé pendant de nombreuses années! Depuis sa plus tendre enfance, elle se documentait sur tout ce qui se rapportait de près ou de loin au monde du cheval, il lui arrivait même d'évoquer sérieusement le métier de vétérinaire. Lorsqu'elle n'était pas entrain de bichonner, bouchonner ou bien soigner son cheval, elle partait pour de longues heures de chevauchée sur la plage avec sa cousine Léa. Rien au monde ne pouvait alors égaler cette sensation de légèreté et de liberté...
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Illustration: Heywood Hardy 1843-1933, Ride by the sea

Week-end à Royan

Petit week-end détente à Royan dans un charmant petit hôtel avec chambre donnant sur la plage! Dîner en terrasse avec nos amis de Saint Palais sur mer. Et retour dans notre région par les routes du littoral avec pause déjeuner sur l'Ile d'Oléron et ballade l'après midi à La Rochelle...

Sous les parasols

Tous les ans au début des vacances, les trois soeurs se retrouvaient en villégiature à la Baule chez leur grand-mère Lucette. Elles arrivaient quelques jours avant les feux de la Saint-Jean et n'en repartaient qu'à la fin de l'été après le quinze août. Elles débarquaient en grande fanfare avec enfants, nounous, chiens et chats sous les bras, occupaient tout le premier étage et s'installaient pour l'été dans la grande villa maternelle. Soucieuses du bien-être des enfants et pour avoir la paix, elles passaient la majeure partie de la journée sur la plage, organisaient des pique-niques géants sous les parasols, et inventaient des jeux pour satisfaire tous les cousins, petits et grands...
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Illustration: Martha Walter 1875-1976, Large yellow japanese umbrella

mercredi 6 août 2008

Chasse aux oiseaux

Ils se levaient aux aurores alors que la maisonnée était encore endormie, s'habillaient à la hâte et descendaient à pas feutrés pour éviter de faire grincer l'escalier. Dans un rituel immuable, Réglisse les attendait dans la cour en remuant frénétiquement la queue, il savait que l'heure du départ approchait. Ils prenaient alors tous les trois la direction de la plage et sans mot dire arrivaient quelques minutes plus tard sur cette immense étendue de sable fin. La plage déserte leur appartenait! Ils pouvaient enfin se livrer à leur jeu favori; se lancer dans une course folle à la poursuite des oiseaux marins venus se nourrir des petits mollusques terrés dans le sable. La chasse aux oiseaux prenait des allures de ballets féeriques orchestrés par les aboiement joyeux de Réglisse...
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Illustration: William Ireland, Chase

La p'tite Sarah

La p'tite Sarah aimait l'eau pardessus tout, elle pouvait passer des heures entières dans son bain et n'en sortait qu'avec des cris et des pleurs. Alors, imaginez quel fut son étonnement lorsqu'elle découvrit pour la première fois la plage et la baignade en mer. Elle n'en croyait pas ses yeux; un immense bain avec de la mousse! Elle pouvait jouer avec les autres petits garçons et petites filles, entrer et sortir de l'eau autant de fois qu'elle le voulait: c'était trop beau! Elle était ivre de joie! Pourtant un petit grain de sable venait gripper ce bonheur, elle ne supportait pas que ses petits pieds soient salis par le sable. Il fallait que maman la suive partout avec une serviette...
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Illustration: Fox Emanuel Phillips 1865-1915, Bathing hour

mardi 5 août 2008

Une si belle journée

Alors que les parents s'apprêtaient à embarquer pour une petite promenade en bateau, les enfants avaient été confiés à Lulu qui sans interrompre sa lecture, les surveillait d'un oeil discret et bienveillant. Trop occupés par leurs travaux de construction, les petits ne s'étaient même pas rendus compte que la marée montante approchait dangereusement des fondations de leur château de sable. C'était une si belle journée du mois d'août...
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Illustration: Wilhelm Simmler 1840-1914, Un jour ensoleillé à la plage

dimanche 3 août 2008

Charme !

Il aurait gravi le plus haut sommet du Rif, traversé les déserts du sud et décroché le croissant de lune argenté pour lui plaire; rien n'était trop beau pour sa cousine Meriem. Consciente de son ascendant sur lui, elle en profitait et en abusait à loisir, le menant par le bout du nez et lui lançant les défis les plus fous pour le mettre à l'épreuve. Elle avait décidé qu'ils n'iraient pas se baigner cet l'après-midi là, lui avait imposé de monter sur la terrasse qui surplombe la baie et décidé qu'il serait le plus célèbre des charmeurs de serpents de la ville de Tanger...
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Illustration: Antonio Fabres y Costa 1854-1936, The young snake charmer
«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard