mercredi 3 septembre 2008

Rencontres d'ailleurs

Personnages plutôt étranges, tellement hauts en couleurs!

L'école coranique

En ce début de mois de ramadan, comment ne pas penser à cette petite école coranique de Fès-Jedid devant laquelle je passais pour me rendre chez mon grand-père paternel. En fait d'école, c'était plutôt une toute petite pièce sombre et sale, grande ouverte sur la rue, dans laquelle étaient entassés de jeunes enfants assis à même le sol, qui récitaient sous le regard sévère du maître, des sourates du coran. Ce maître, me terrorisait! Il ne tolérait aucune hésitation et encore moins une erreur qu'il corrigeait immédiatement d'un coup de bâton! Il était muni d'une baguette extrêmement souple, d'une longueur telle, qu'il pouvait atteindre sans bouger de sa place, un élève assis au dernier rang. Très impressionnant...
Illustration: Jules Henri Jean Geoffroy 1853-1924, La leçon coranique

mardi 2 septembre 2008

Sortie des classes

Le premier jour d'école, il y a comme tous les ans, les enfants contents de revoir la maîtresse et les copains et ceux pas contents du tout de quitter leurs parents. Il y a les grandes retrouvailles suivies de joyeuses accolades, et il y a aussi les pleurs et les cris de ceux qui s'agrippent fortement aux jupes des mamans. Il est bientôt dix-sept heure et pour ce moment tant attendu qu'est la sortie des classes, ma pensée accompagne celles qui ont versé une petite larme discrète et qui ont attendu toute la journée, tournant en rond comme des lions en cage...
Illustration: Henry Jules Jean Geoffroy 1853-1924, Sortie de l'école

Fini les vacances !

Que dire de plus? Sinon que je n'ai pas choisi ce panneau par hasard, Paul Doumer était le nom de mon école primaire...

lundi 1 septembre 2008

Fin d'une saison

La saison estivale est bel et bien terminée, les vacanciers ont fait leurs valises, fermés leurs résidences, quittés leurs hôtels et se sont dirigés sur les routes du retour. Il ne reste plus personne, seules les mouettes ont repris leur plein droit sur les plages. Les derniers à partir sont bien sûr les gérants de La Crêperie Fleur de Sel qui s'activent, nettoient et remballent tables, chaises et parasols. Ils ont bien travailler tout en profitant des plaisirs de la mer, ils sont très satisfaits du résultat de la saison... Je le suis également:" alors, à l'année prochainnnne!"...
Illustration, William Merritt Chase 1849-1916, End of the season

Une plage désertée

Dès le premier septembre, comme par enchantement, il n'y a plus un seul étranger à l'horizon! La ville qui avait accueilli tant de vacanciers, retrouve soudainement son calme habituel et les habitants leur petite routine quotidienne. Les rues bondées pendant la saison haute, reprennent une circulation plus humaine et la plage désertée ne compte plus que deux ou trois retardataires complètement perdus dans cette immensité majestueuse. Pourtant le soleil est toujours au rendez-vous, la mer est plutôt calme et la température de l'eau encore agréable. Alors, pourquoi ont-ils tous disparu?
Illustration: John Lavery 1856-1941, A windy day

Le dernier repas sur la plage

Pour le dernier jour de vacances, ils avaient organisé un pique-nique gargantuesque sur la plage. Alors pour cet ultime repas au bord de l'eau, les enfants avaient tous, sans exception, accepté de mettre la main à la pâte. Deux clans s'étaient instinctivement formés; celui des filles pour les pâtisseries et celui des garçons pour pizzas. Chacun avait insisté pour exprimer ses talents culinaires, qui avec un brin de fantaisie et qui avec un savoir faire déjà bien affirmé. Les deux clans s'en étaient donnés à coeur joie, rivalisant de créativité et d'ingéniosité...
Illustration: Giner Bueno, né en 1935 , En le playa

dimanche 31 août 2008

Le ballon rouge

Tous les après-midi aux alentours de dix-sept heure, arrivait sur la plage, le marchant ambulant suivi d'une ribambelle de petites têtes blondes qui s'agglutinait tout de suite autour de lui et ne le lâchait plus jusqu'à l'obtention du fabuleux ballon rouge tant convoité. Les uns le tiraient avec insistance par le pantalon pour vite se faire remarquer, les autres criaient en sautant pour mieux se faire entendre et les plus grands, tendaient ferme et très haut leur pièce de monnaie pour être servi les premiers; chacun y allait de sa stratégie...
Illustration: Edward Henry Potthast 1857-1927, By the beach

samedi 30 août 2008

Concert de fin de Stage

Hier soir, à la Basilique Notre-dame-du-Chêne, a eu lieu le concert de fin de stage pour les Musiciens et Chefs d'Orchestre de Sablé que dirige Claude Kesmaecker, chef du légendaire orchestre de la Musique de l'Air de Paris. Ma fille qui y participe depuis trois ans déjà, semble ravie de sa semaine qu'elle décrit enrichissante et passionnante sur le plan musical, épuisante et ludique pour ce qui concerne les activités sportives et combien amicale et chaleureuse avec les autres stagiaires, moniteurs et professeurs. Un seul petit bémol; la nourriture ( il fallait bien le placer ce bémol pour un stage de musique! )... Au final, un concert d'une heure et demi réussi très applaudi qui résume le travail de toute une semaine de travail. A suivre pour l'année prochaine...

Bernard-l'hermite

"Maman, viens vite! Je crois que j'ai trouvé un bernard-l'hermite, il est trop mignon! Oh, le pauvre! Viens voir, on dirait qu'il lui manque une patte..." Camille ne partait jamais au bord de la mer sans son matériel d'exploration; petite pelle, petit râteau et petit seau. Elle aimait retourner les pierres et découvrir ce qui se cachait dessous. Elle était fascinée par toute cette faune marine qui grouillait dans les flaques formées au milieu des rochers à marée basse. Dès qu'elle faisait une nouvelle découverte, c'était toujours des grandes exclamations franches et spontanées qui exprimaient sa joie. Aujourd'hui, elle voulait rencontrer une étoile de mer, c'est un bernard-l'hermite qui c'est invité...
Illustration: Charles Sims 1873-1928, By summer seas

Cannes, Photo Mode

No comment...

vendredi 29 août 2008

Coquillages et crustacés

Tous les ans au quinze août, la famille au complet se réunissait à Saint Georges d'Oléron pour fêter l'anniversaire d' Adrienne. C'était un évènement que tous attendaient, les petits comme les grands et mamie Adrienne en premier. Dès le lever du soleil, tout le monde s'activait et y allait de ses petits préparatifs. Chacun voulait apporter une touche personnelle au grand dîner qui devait les réunir le soir autour de la jolie table dressée pour l'occasion . Et tous les ans, les enfants accompagnés de quelques adultes, partaient dans excitation et une liesse collective à la pêche aux coquillages et crustacés, plat incontournable du dîner d'anniversaire...
Illustration: Rupert Bunny 1864-1947, Shrimp fishers at Saint Georges

jeudi 28 août 2008

Kees Van Dongen

Il y a les critiques d'art, les professionnels de la peinture, les antiquaires, les conservateurs de musée... et il y a les autres! Les autres pour qui la peinture est avant tout un plaisir des sens et je cite un grand maître de la peinture, Eugène Delacroix qui a dit à ce propos:"Le premier mérite d'un tableau est d'être une fête pour les yeux."
Je suis de ceux-là, les autres... J'aime la peinture pour ce qu'elle me procure de sensations, d'émotions, de vibrations, de chair de poule, de sentiments forts... Pour tout ce qui relève de la technique, les professionnels en parlent mieux que moi.
Tout ceci pour dire qu'une opportunité unique s'est présentée à moi la semaine dernière, puisque j'étais sur la Côte-d'Azur, pour visiter l'exposition Kees Van Dongen au NMNM. Et j'en ai pris plein les yeux! C'était un enchantement pour les sens, un éblouissement pour les yeux, un envoûtement pour l'âme. J'en suis ressortie vraiment sonnée!
Van Dongen a dû certainement utiliser des poudres magiques lorsqu'il mélangeait ses couleurs; une débauche, une explosion de rouges, de bleus, de jaunes, de verts! L'exposition regroupe environ 200 tableaux: un défilé de portraits féminins pour la plus part, aussi déstabilisants les uns que les autres; une véritable hymne à la beauté féminine!

La princesse Leia

Il était bientôt l'heure de déjeuner et malgré une petite brise marine, le soleil qui était à son zénith devenait franchement incommodant et brûlant. De santé plutôt fragile, Clara n'avait pas voulu se joindre à ses frères qui s'amusaient toujours dans l'eau, elle avait préféré se mettre à l'abri sous la véranda et jouer à la Guerre des étoiles en attendant leur retour. Dissimulée derrière les stores, elle s'imaginait en princesse Leia; elle comptait les coups, les chutes, les plongeons, les bousculades pour faire son rapport et choisir qui de ses frères serait le vainqueur de la journée...
Illustration: Joaquin Sorolla 1863-1923, La Nina curiosa

mercredi 27 août 2008

Sortie en mer

C'était bien la première fois qu'elle acceptait l'idée de mettre son voilier à l'eau! Depuis qu'elle l'avait reçu en cadeau deux ans auparavant, il trônait sur la commode de sa chambre tel un trophée prestigieux. Personne n'avait le droit d'y toucher et surtout pas ses petites soeurs! Seule Jeanne, l'aide ménagère, avait pour mission de l'épousseter une fois par semaine. Puis, grand coup de théâtre! Sans raison apparente, elle avait brusquement pris la décision de l'emmener avec elle au dord de la mer...
llustration: Charles Warren Mundy , Sailboat II

Sortir à Cannes

No comment ...

Rose bonbon

A l'âge de sept ans, Lola était une vraie petite peste, son caractère de cochon et ses colères mémorables lui avaient forgé une réputation qui la précédait partout et faisait fuir les enfants qui la connaissaient avant même qu'elle pointe son joli petit bout de nez retroussé. Une si charmante petite fille! Il fallait toujours qu'elle soit au centre du monde, qu'elle obtienne de grès ou de force tout objet qui avait éveillé sa convoitise. Lorsqu'elle n'y arrivait pas par la ruse, elle piquait des colères à faire abdiquer les enfants les plus coriaces. Ce jour là, elle n'avait fait qu'une bouchée de sa petite cousine Léa: sa bouée rose bonbon était vraiment trop belle...
Illustration: Nicole White Kennedy, Cool in pink

La pêche à la crevette

Les voilà enfin au bord de la mer avec leur matériel de pêche flambant neuf. Elles en avaient rêvé toute la nuit excitées comme deux puces et maintenant qu'elles étaient dans l'eau, elles ne savaient plus par quel bout commencer, ni comment s'y prendre pour attraper ces satanées petites bestioles. A l'instant même où elles pensaient voir à leurs pieds un banc de crevettes et qu'elles approchaient l'épuisette, plus rien, que de l'eau qui scintille au soleil et des algues gluantes: un mirage! Personne ne leur avait dit que les crevettes grises ne sont grises que dans l'assiette une fois cuites, et que dans l'eau de mer, elles sont transparentes...
Illustration: Dorothea Sharp 1874-1955, Padding in the shallows

mardi 26 août 2008

Musée Picasso, Antibes

Après plusieurs mois de fermeture pour travaux, le château Grimaldi, qui abrite le Musée Picasso, a rouvert ses portes fin juillet. Me voilà donc parti à la découverte des chefs-d'oeuvre mythiques du peintre le plus insolite du XXème siècle. Fraîchement réhabilitée, la circulation dans la citadelle est agréable, les salles très lumineuses donnent par leur agencement et leur sobriété une sensation de calme et de sérénité reposante, les tableaux se suivent dans un ordre qui semble organisé et invitent au voyage dans le monde de l'imaginaire. Au rez-de-chaussée et au premier étage sont exposées des tableaux de Nicolas de Staëll, d'Anna-Eva Bergman, de Hans Hartung... Au second étage, réservé au maître, des dizaines de petits faunes, de satyres et autres personnages mythologiques vous charment de leurs chants et de leurs danses fantastiques... Même les rares enfants venus avec leurs parents semblaient envoûtes... Quand à la petite terrasse où sont exposées les sculptures de Miro, Germaine Richer, Bernard Pagès, c'est une pure merveille: un moment de détente et d'évasion face à l'immensité de la mer...

Nuit étoilée

Toutes les occasions étaient bonnes pour lui dès qu'il s'agissait de l'éducation de ses deux filles, il les adorait et ne manquait jamais de répondre à chacune de leurs questions pour peu qu'il en ait eu la réponse. Rien ne pouvait lui procurer plus de plaisir que celui de satisfaire leur curiosité et de partager sa science avec elles. Par cette belle nuit étoilée, il avait décidé de se rendre sur la plage pour tester leur savoir en astronomie. Les deux fillettes avaient sur le sujet des connaissances bien avancées pour leur âge, elles pouvaient reconnaître l'étoile du Berger parce que la plus brillante dans le ciel, la Grande et Petite Ourse n'avaient plus de mystère pour elles... _
Illustration: Edward Potthast 1857-1927, A summer's night
«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard