mercredi 20 juillet 2011

Amon Carter Museum of American Art, 7.500 œuvres d’art en ligne

John Singer Sargent (1856–1925) Alice Vanderbilt Shepard, 1888 Oil on canvas
© Amon Carter Museum of American Art
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L’Amon Carter Museum of American Art vient de lancer en ligne une grande base de données comprenant plus de 7.500 œuvres d’art en provenance de ses collections permanentes.

Ce système va permettre d’accéder gratuitement, via le net, à une foule d’informations sur les œuvres du musée. Le projet est toujours en cours de réalisation et va bientôt contenir les 250.000 œuvres du musée, dont beaucoup sont rarement montrées.

Tout est fait pour faciliter les recherches. Celles-ci peuvent se faire en fonction d’un artiste, d’une œuvre ou même d’un médium et ainsi, chaque œuvre devient très facile d’accès. La base de données va servir autant aux étudiants et aux chercheurs, qu’aux simples amateurs d’art et à toute personne curieuse de l’art américain.

Ce vaste projet a coûté près de 200.000 $ et a été permis grâce à un don en 2009 de la part du National Endowment for the Arts et un second de l’Institute of Museum and Library Services en 2010. Le premier a permis de photographier et de cataloguer les œuvres sur papier des collections permanentes, à savoir 7.000 aquarelles, gravures et dessins, et le second a rendu possible le lancement de la numérisation et du catalogage de plus de 25.000 photographies du musée. Le projet est encore en cours de réalisation et chaque œuvre rejoint la base de données au fur et à mesure.

Les peintures et les sculptures étant d’ores et déjà numérisées, le reste des collections le sera dans sa totalité à la fin de l’été selon le musée. La base de données des œuvres de l’Amon Carter Museum of American Art est accessible sur le site Internet de l’établissement. AMA

James Daugherty (1889-1974),  Cabaret (Café Chantant) - 1914
© Lisa L. Daugherty/Friends of James Daugherty Foundation, Inc.
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Hiram Powers (1805-1873), Bust of the "Greek Slave"
© Amon Carter Museum of American Art
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Carlotta M. Corpron (1901-1988), Rae Ann With Amaryllis - ca. 1930-1940s
© Amon Carter Museum of American Art
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John La Farge (1835-1910), Still Life of Petunias in a Glass Vase - 1884
© Amon Carter Museum of American Art
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mardi 19 juillet 2011

Je rêve de vers doux ... Albert Samain

Ramon Casas i Carbó (1866-1932), La grasse matinée
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Je rêve de vers doux et d'intimes ramages,
De vers à frôler l'âme ainsi que des plumages,

De vers blonds où le sens fluide se délie
Comme sous l'eau la chevelure d'Ophélie,

De vers silencieux, et sans rythme et sans trame
Où la rime sans bruit glisse comme une rame,

De vers d'une ancienne étoffe, exténuée,
Impalpable comme le son et la nuée,

De vers de soir d'automne ensorcelant les heures
Au rite féminin des syllabes mineures.

De vers de soirs d'amour énervés de verveine,
Où l'âme sente, exquise, une caresse à peine...

Je rêve de vers doux mourant comme des roses.

Albert Samain, Au Jardin de l'infante

lundi 18 juillet 2011

Vente record pour La Madone de Darmstadt

Hans Holbein le Jeune, La famille Meyer avec la Madone, le Christ et St Jean-Baptiste 
 ou La Madone de Darmstadt, vers 1525-1526 et 1528-29. Panneau, 146,5 x 102 cm
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La Madone de Darmstadt vient d’être vendue au milliardaire allemand Reinhold Würth pour une somme tenue secrète ou presque. Avec un prix supérieur à 50 millions d’euros, ce tableau constitue l’œuvre d’art la plus chère qui ait été achetée en Allemagne depuis la Seconde guerre mondiale.

L’entrepreneur allemand Reinhold Würth vient de faire l’acquisition d’un tableau de Holbein, intitulé « La Madone et la famille du maire Meyer » ou encore « La Madone de Darmstadt ». Depuis 2003, ce tableau faisait partie des collections du Städel Museum de Francfort, qu’il avait intégré au titre d’un prêt. Le musée, qui espérait pouvoir le conserver, s’en était également porté acquéreur. Mais son offre à 40 millions d’euros s’est révélée insuffisante.

Christophe Graf Douglas, le marchand d’art en charge de la vente du tableau, a refusé de révéler à quel prix celui-ci avait finalement été cédé. Cela en raison d’un accord existant entre l’acheteur et les vendeurs. Il a toutefois déclaré que la somme versée atteignait plus de 50 millions d’euros. Précisant qu’il s’agissait du prix le plus élevé jamais payé pour une œuvre d’art en Allemagne. « C’est le tableau le plus important vendu en Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale » a-t-il déclaré.

Christophe Graf Douglas a ajouté que ce tableau aurait pu se vendre plus de 100 millions d’euros s’il n’avait pas été interdit d’exportation. Parmi ces acheteurs potentiels du marché international figurait entre autres le Jean Paul Getty Museum, a-t-il conclu. Suite de l'article: Artclair

Les approches de l'amour et du baiser, Louis Aragon

John William Waterhouse (1849-1917), Lamia
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Elle s'arrête au bord des ruisseaux Elle chante
Elle court Elle pousse un long cri vers le ciel
Sa robe est ouverte sur le paradis
Elle est tout à fait charmante
Elle agite un feuillard au dessus des vaguelettes
Elle passe avec lenteur sa main blanche sur son front pur
Entre ses pieds fuient les belettes
Dans son chapeau s'assied l'azur

Louis Aragon, Le Mouvement perpétuel

dimanche 17 juillet 2011

Rupert Bunny, Summer Time

Rupert Bunny (1864-1947), The Sun Bath
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Summer time
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A Lovely Afternoon
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On the beach, Royan
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Dolce Farniente
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A summer morning
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Spring scene
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 Last fine days, Royan
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A Summer Morning 
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Green Caterpillar
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Chiffons
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Nocturne
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Chattering
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Figure study for Summer time
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Pastorale
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Endormies
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An idyll
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Rupert Bunny, Self Portrait

Né en 1864 à Melbourne, il s'est déplacé en Europe en 1884. À Paris, ayant une vie sociale avec Nellie Melba, Auguste Rodin, Claude Debussy et Sarah Bernhardt, un critique le décrirait comme: un peintre des plus parisiens.

 Les portraits de femmes étaient un de ses sujets préférés ; mais il a également peint des paysages, et l'allégorie - dans un modèle décrit par le critique Robert Hughes comme : a luxurious dialogue with the visible. En 1911 ses peintures ont été exhibées dans 9 collections publiques européennes. Sensuelles et intimes, ses peintures n'étaient pas à la mode en Australie où les thèmes patriotiques de l'ère de fédération étaient dans la mode. Il est revenu à Melbourne en 1933, et est mort en 1947. Wikipédia

vendredi 15 juillet 2011

Excellent week-end !

Valentine Cameron Prinsep (1838-1904), Sweet Repose
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Je vous souhaite un excellent week-end !

Le Musée du Louvre, Théophile Gautier

Louis Antoine Léon Riesener (1808-1878), Portrait de Théophile Gautier 1850
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"Il n'y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid."
Théophile Gautier

Le Musée du Louvre, Théophile Gautier
  On connaît Théophile Gautier (1811-1872), grand romancier et poète romantique, auteur de Mademoiselle Maupin, du Capitaine Fracasse, du Roman de la Momie et des célèbres vers du recueil Émaux et camées. Ses travaux de critique d'art et de fervent défenseur des beaux-arts méritent amplement d'être redécouverts. C'est ce que propose cette réédition illustrée et annotée du guide du musée du Louvre, rédigée par Gautier en 1867, alors que la seconde Exposition universelle de Paris ouvrait ses portes. À travers une prose chatoyante, l'auteur nous invite à parcourir les salles et galeries de ce « sanctuaire de l'art » pour découvrir sous son oeil d'esthète avisé les collections telles qu'elles s'offraient au public sous le Second Empire. Des différentes écoles de peinture (française, italienne, hollandaise et flamande mais aussi espagnole), selon un choix que seule guide la délectation visuelle, il donne une lecture qui loin de s'encombrer d'érudition favorise une approche directe de la forme et du coloris. Authentique entreprise de vulgarisation, ses descriptions vivantes, relevées d'anecdotes et de détails inattendus, constituent une initiation réjouissante à l'histoire de la peinture de la Renaissance au XIXe siècle. Par ses partis pris esthétiques, ce texte nous dévoile le musée imaginaire de Théophile Gautier : son goût des grands maîtres italiens de la Renaissance, son admiration pour le réalisme hollandais et particulièrement pour Rembrandt, son inclinaison pour les artistes de son siècle (Gros, Girodet, Géricault...).

Points forts
L'un des plus grands textes d'auteur consacré à un musée
Coédition avec le musée du Louvre à l'occasion du bicentenaire de la naissance de T. Gautier
Une lecture réjouissante des grandes oeuvres du Louvre mais aussi la redécouverte de tableaux moins célèbres.
19 x 25,5 cm, relié semi-toilé. 304 pages, 150 illustrations couleur.

jeudi 14 juillet 2011

La Collection Clark à Giverny, de Manet à Renoir

 Pierre-Auguste Renoir, Une loge au théâtre (Au concert), 1880, huile sur toile, 99,4 x 80,7 cm
© Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts, USA/M. Agee.
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La Collection Clark à Giverny, de Manet à Renoir
du 13 juillet au 31 octobre 2011

Le Sterling et Francine Clark Art Institute organise à travers l’Europe une grande exposition itinérante. Celle-ci rassemble près de 70 œuvres parmi les plus belles pièces de sa collection de peintures européennes du XIXe siècle.

 Issus de la prestigieuse collection du Sterling and Francine Clark Art Institute, plus de 70 chefs-d’œuvre seront présentés, dont des tableaux de Manet, Monet, Pissarro, Sisley, et un ensemble exceptionnel de peintures de Renoir. Une section sera consacrée à la longue relation de l’institut avec la culture française, commençant avec l’histoire de ses fondateurs, l’expatrié américain Sterling Clark, et sa femme, l’actrice française Francine Clary.

 Seule étape française, le musée des impressionnismes Giverny accueille des chefs-d’œuvre, peints par Claude Monet, Camille Pissarro, Alfred Sisley, Berthe Morisot, Édouard Manet, tous réunis autour de plus de vingt peintures réalisées par Auguste Renoir. En outre, l’exposition présente des œuvres pré-impressionnistes de Camille Corot et de Jean-François Millet, ainsi que les peintures de style académique d’artistes tels que Jean-Léon Gérôme.

William-Adolphe Bouguereau (1825-1905), Nu assis, 1884. Huile sur toile, 116.5 x 89.8 cm.
© Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts, USA/M. Agee.
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Claude Monet (1840-1926), Les Oies dans le ruisseau, 1874. Oil on canvas, 73.7 x 60 cm.
© Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts, USA/M. Agee.
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Paul Gauguin (1848-1903), Jeune Chrétienne, 1894. Huile sur toile, 65.3 x 46.7 cm.
© Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts, USA/M. Agee.
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Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Autoportrait, c. 1875. Oil on canvas, 39.1 x 31.6 cm.
© Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts, USA/M. Agee.
Claude Monet (1840-1926) Les Falaises d’Étretat, 1885
© Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts, USA/M. Agee.
Edgar Degas (1834-1917), Danseuses au foyer, c. 1880. Huile sur toile, 39.4 x 88.4 cm.
© Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts, USA/M. Agee.
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Voir les 72 tableaux: Collection Clark
Voir la vidéo: France 3

On ne peut me connaître, Paul Eluard

Berthe Morisot (1841-1895), Young Woman
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On ne peut me connaître
Mieux que tu me connais

Tes yeux dans lesquels nous dormons
Tous les deux
Ont fait à mes lumières d'homme
Un sort meilleur qu'aux nuits du monde

Tes yeux dans lesquels je voyage
Ont donné aux gestes des routes
Un sens détaché de la terre

Dans tes yeux ceux qui nous révèlent
Notre solitude infinie
Ne sont plus ce qu' ils croyaient être

On ne peut te connaître
Mieux que je te connais.

Paul Eluard, Les yeux fertiles 1936

mercredi 13 juillet 2011

Odilon Redon, Collection Gustave Fayet

Odilon Redon (1840-1916), Portrait de Mademoiselle Yseult Fayet 1908.
Pastel - 55 x 80. Collection particulière © Frédéric Jaulmes
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   Après le Grand Palais à Paris, le musée Fabre de Montpellier Agglomération accueille l’exposition Odilon Redon, Prince du rêve 1840-1916, du 7 juillet au 16 octobre 2011. L’étape montpelliéraine s’attarde sur les liens que le peintre entretenait avec son mécène, Gustave Fayet, propriétaire de l’abbaye cistercienne de Fontfroide près de Narbonne qui lui confia le décor de la bibliothèque à partir de 1910. Ses décors jusqu’alors interdits au public, seront exceptionnellement ouverts pour l’occasion.

Odilon Redon (1840-1916), Portrait de Simone Fayet à la poupée, 1906
Pastel - 75 x 40 cm. Collection particulière © Frédéric Jaulmes
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Odilon Redon (1840-1916) , Portrait de madame Gustave Fayet, 1907
Pastel. Collection particulière © Frédéric Jaulmes
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mardi 12 juillet 2011

Une blonde à Manhattan

© Ed Feingersh / Michael Ochs Archives / Getty Images
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 Ed Feingersh,
Une blonde à Manhattan
du 31 mai au 7 octobre 2011

A l’occasion de la parution du livre d’Adrien Gombeaud , Une blonde à Manhattan, aux éditions Serpent à Plumes, présentation en grand format des images du reporter Ed Feingersh rarement montrées en public. Prises à New York , une semaine de mars 1955, elles témoignent du quotidien de la star en pleine transition. Elles appartiennent aux archives Michael Ochs, conservées et restaurées par Getty Images. En partenariat avec Le Serpent à Plumes, Getty Images et l’Office du Tourisme de New York City.

© Ed Feingersh / Michael Ochs Archives / Getty Images

© Ed Feingersh / Michael Ochs Archives / Getty Images



© Ed Feingersh / Michael Ochs Archives / Getty Images
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Ed Feingersh et Marilyn Monroe
La semaine la plus glamour de l’histoire de New York

Mars 1955.
Marilyn s’exile à New York pour échapper à la pression de la Twentieth Century Fox. La star veut se débarrasser de son image de blonde écervelée et rejoint Lee Strasberg à l’Actor Studios. Ed Feingersh, photographe pour Redbook, va la suivre pendant une semaine qui entrera dans la légende. Durant sept jours, il l’immortalise dans les lieux les plus ordinaires, le métro, sa chambre d’hôtel… Ensemble, Ed et Marilyn inventent un type de reportage diabolique et efficace, une illusion d’intimité entre le lecteur et la star. Après 1955, le photographe perdra tout goût pour la création. Les fameuses photos, gardées secrètement, ne seront retrouvées que trente ans après sa mort. Que s’est-il passé pendant cette semaine ? Quelle relation est née entre le photographe et son modèle ?

Adrien Gombeaud a réuni les témoignages de Robert Stein, de photographes et d’amis d’Ed Feingersh, pour comprendre l’enjeu de cette collaboration mythique. Avec Une blonde à Manhattan, il revient sur une page importante de la photographie à travers deux destins tragiques : l’un glorieux, l’autre anonyme.

Adrien Gombeaud, journaliste et critique de cinéma, collabore au quotidien Les Échos et est membre du comité de rédaction de Positif. Il a notamment publié Séoul Cinéma (2006), et L’Homme de la place Tiananmen (Seuil 2009).
Editions, Le Serpent à Plumes

lundi 11 juillet 2011

La Faunesse à genoux, Auguste Rodin

Auguste Rodin (1840-1917), Faunesse à genoux, vers 1890. Marbre
Donnée par Rodin à Puvis de Chavannes probablement en août 1890.
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La Faunesse à genoux, un marbre de 55 cm réalisé par Auguste Rodin en 1887, a été acquis pour 724 000 euros mercredi 6 juillet 2011, lors de la vente d’Art Moderne et Impressionniste de la maison Cornette de Saint Cyr.

Figure emblématique dans l'oeuvre de Rodin, la Faunesse à genoux, traduit magistralement la place que tient la femme dans l'imaginaire du sculpteur, à la fois inspiratrice et pécheresse, où au-delà des apparences de la femme s'étirant dans sa nudité et offrant un corps délicat se cache une créature aux traits carnassiers guettant les faiblesses de ses proies masculines.

Conçue pour la Porte de l'Enfer où elle apparaît dans la partie droite du Tympan, cette pièce extraordinaire exprime tout le génie de Rodin, l'un des plus grands sculpteurs et artistes de l'histoire moderne et nous laisse pénétrer dans son univers le plus intime.

La Porte de l'Enfer est l' oeuvre majeure de Rodin, son obsession, « le journal de sa vie sculptée » comme il le disait lui-même.
En 1880 Rodin reçut de la direction des Beaux-Arts la commande d'une porte monumentale destinée au Musée des Arts Décoratifs dont l'emplacement retenu à l'époque correspond à celui de l'actuel Musée d'Orsay.
A partir de cette date, il travailla jusqu'à la fin de sa vie, sur cette commande, acte fort de reconnaissance pour Rodin alors encore peu connu du grand public.

Le thème choisi pour la Porte s'inspire de la Divine Comédie de Dante dont Rodin était un grand admirateur ayant toujours un volume de ses œuvres avec lui.
Rodin s'attèle à cette tâche avec un enthousiasme et une énergie sans limite et se focalisera sur la partie sombre de l' oeuvre, l'Enfer.

Après plusieurs projets, le plâtre de l'ensemble de la Porte est moulé et monté en 1884.
En 1885, Rodin fait faire des devis pour la fonte, mais la Porte ne cesse d'évoluer sans programme défini.
De façon spontanée, des figures s'y ajoutent.
A tel point qu'en 1888, Rodin n'en expose que des fragments à L'Exposition Universelle.
En 1900, elle semble promise au nouveau Palais des Beaux-Arts, aujourd'hui Grand Palais, mais le projet n'aboutit pas non plus.
Dans l'esprit de Rodin, sa Porte n'est toujours pas achevée.
La même année, « cette œuvre dont on parle chaque jour mais qu'on ne voit jamais » (Gustave Larroumet Le Figaro 12 janvier 1895) est présentée enfin au public à l'occasion de l'exposition personnelle de Rodin, place de l'Alma, en marge de l'Exposition Universelle.

A la surprise général, et notamment de ceux qui avaient eu la chance de voir l' oeuvre dans l'atelier de Rodin, le modèle présenté est incomplet, épuré de ses principales figures.
Elle apparaît comme une œuvre symboliste, presque abstraite. (Choix très vraisemblablement volontaire de la part de Rodin)
Elle passe ainsi pratiquement inaperçue aux yeux du public.
Peu après le projet du Musée des Arts Décoratifs est définitivement abandonné et en 1904 la commande de la fonte est annulée. Suite de l'article: Cornette de Saint Cyr

Poussin et Moïse, du dessin à la tapisserie

Moïse exposé aux eaux d'après un dessin de Nicolas Poussin
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Poussin et Moïse, du dessin à la tapisserie
du 30 juin au 26 septembre 2011
Bordeaux

"Exposition d'intéret national" organisée en collaboration avec le Mobilier national, Paris et la Villa Médicis, Rome.
Elle présente pour la première fois en France la tenture complète, restaurée par les ateliers du Mobilier national, de L’Histoire de Moïse d’après Nicolas Poussin (1594-1665) et Charles Le Brun (1619-1690).
A la mort de Jean-Baptiste Colbert en septembre 1683, le nouveau surintendant des Bâtiments du Roi, François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois, imposa une orientation stylistique et iconographique différente à la manufacture des Gobelins en abandonnant le tissage des célèbres tentures de Charles Le Brun (Alexandre, Histoire du Roi).
Mais, dès 1683, les ateliers royaux entreprenaient une nouvelle tapisserie sur l’histoire de Moïse à partir de huit tableaux de Nicolas Poussin, alors considéré comme le plus grand peintre français, et de deux de Le Brun, Premier peintre du Roi.
Cette tenture magnifiait certes l’oeuvre du maître, mort à Rome en 1665, mais elle témoignait aussi de la richesse du Cabinet du Roi, qui avait acquis deux peintures au cardinal Massimo en 1683, de la suprématie des Anciens et des Modernes, et de celle de l’école française sur sa consoeur italienne.

Grâce au généreux prêt du Mobilier national, le musée des Beaux-Arts de Bordeaux réunira la totalité des dix tapisseries de cette prestigieuse commande royale et permettra ainsi au public de redécouvrir un cycle essentiel de l’histoire du goût ainsi que de l’histoire de l’art français du17e siècle. Les tapisseries, en laine et soie rehaussées d’or, sont de grandes tailles, 4 mètres par 6 environ.
L’exposition présentera aussi plusieurs tableaux de Poussin, un carton de tapisserie, des dessins et des gravures prêtés par de grandes institutions nationales et qui favoriseront la compréhension de la genèse, de la réception et de la diffusion de cette commande ainsi que de l’oeuvre de Poussin considéré par les artistes français comme l’égal de Raphaël.

dimanche 10 juillet 2011

Je vais te dire un grand secret, Louis Aragon

James Jabusa Shannon (1862–1923), Springtime
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Je vais te dire un grand secret Le temps c'est toi
Le temps est femme Il a
Besoin qu'on le courtise et qu'on s'asseye
A ses pieds le temps comme une robe à défaire
Le temps comme une chevelure sans fin
Peignée
Un miroir que le souffle embue et désembue
Le temps c'est toi qui dors à l'aube où je m'éveille

C'est toi comme un couteau traversant mon gosier
Oh que ne puis-je dire ce tourment du temps qui ne passe point
Ce tourment du temps arrêté comme le sang dans les vaisseaux bleus
Et c'est bien pire que le désir interminablement non satisfait
Que cette soif de l'oeil quand tu marches dans la pièce
Et je sais qu'il ne faut pas rompre l'enchantement
Bien pire que de te sentir étrangère
Fuyante
La tête ailleurs et le coeur dans un autre siècle déjà
Mon Dieu que les mots sont lourds Il s'agit bien de cela
Mon amour au-delà du plaisir mon amour hors de portée aujourd'hui de l'atteinte
Toi qui bats à ma tempe horloge
Et si tu ne respires pas j'étouffe
Et sur ma chair hésite et se pose ton pas

Je vais te dire un grand secret Toute parole
A ma lèvre est une pauvresse qui mendie
Une misère pour tes mains une chose qui noircit sous ton regard
Et c'est pourquoi je dis si souvent que je t'aime
Faute d'un cristal assez clair d'une phrase que tu mettrais à ton cou
Ne t'offense pas de mon parler vulgaire Il est
L'eau simple qui fait ce bruit désagréable dans le feu

Je vais te dire un grand secret Je ne sais pas
Parler du temps qui te ressemble
Je ne sais parler de toi je fais semblant
Comme ceux très longtemps sur le quai d'une gare
Qui agitent la main après que les trains sont partis
Et le poignet s'éteint du poids nouveau des larmes

Je vais te dire un grand secret J'ai peur de toi
Peur de ce qui t'accompagne au soir vers les fenêtres
Des gestes que tu fais des mots qu'on ne dit pas
J'ai peur du temps rapide et lent j'ai peur de toi
Je vais te dire un grand secret Ferme les portes
Il est plus facile de mourir que d'aimer
C'est pourquoi je me donne le mal de vivre
Mon amour.

Louis Aragon, Elsa

samedi 2 juillet 2011

Excellent week-end !

Maurice Walter Edmond De Lambert (Paris 1873 - ), Blissful
***
Je vous souhaite un excellent week-end!

Je remercie tous mes amis et toutes les personnes qui m'écrivent et
qui se soucient de mon absence ces jours derniers.
Rien de bien grave, une petite baisse de régime passagère
que j'espère surmonter au plus vite!
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Lunatique, Jean Lorrain

Eugen Ansen Hoffmann (19th/20th), Dancing odalisque
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Pierre Bonnard (1867-1947), The White Cat
À Edgar Poe.

Dans l'herbe folle et l'ortie,
La paupière appesantie,
Rôde un chat maigre au poil roux.

Le mur dans l'ombre blafarde,
Où s'entrechoquent des houx,
Se crevasse et par les trous
La lune errante regarde.

Le chat maigre en s'étirant
De sa voix traînante et rauque
Miaule, et dans son oeil glauque
S'allume un feu transparent,

Mirage, où, spectre enivrant,
On voit danser toute nue
Hécate, au ciel inconnue.

Jean Lorrain
«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard