jeudi 8 septembre 2011

Rendez-vous

Raymundo Garreta (1841-1920), Woman In Love
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« Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. »
Paul Éluard

Leonardo da Vinci: Painter at the Court of Milan


Leonardo da Vinci, 'Portrait of Cecilia Gallerani (The Lady with an Ermine)', about 1489-90.
Property of the Czartoryski Foundation in Cracow on deposit at the National Museum in Cracow

© Princes Czartoryski Foundation
Leonardo da Vinci: Painter at the Court of Milan
du 9 novembre 2011 au 5 février 2012
Londres
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Cet automne, à travers cette exposition exceptionnelle, la National Gallery rend hommage à l’extraordinaire sens de l’observation de Léonard, à son imagination phénoménale et à sa technique prodigieuse. Axée sur sa carrière de peintre à la cour de Milan au service de Ludovic Maria Sforza, dit le More, dans les années 1480 et 1490, l’exposition figure le plus grand nombre de tableaux du peintre à avoir survécu jamais réunis à ce jour, ainsi que des prêts internationaux inédits au Royaume-Uni.
L'évènement orchestré par la National Gallery est le premier à être totalement dédié à ses desseins et ambitions de peintre. L’exposition rassemble plus de 60 peintures et dessins, ainsi que certaines œuvres de ses plus proches collaborateurs. Presque tous les tableaux datant de sa période milanaise à avoir survécu seront exposés : Le Musicien (Biblioteca Ambrosiana, Milan), Saint Jérôme (Vatican, Rome), La Dame à l’hermine (Fondation Czartoryski, Cracovie), La Belle Ferronnière (Musée du Louvre, Paris) et la version récemment restaurée de La Vierge aux rochers appartenant à la National Gallery. Ces œuvres montrent comment Léonard, profitant de son statut de salarié et de la liberté artistique ainsi conférée, a su explorer de nouvelles façons de percevoir et de décrire le monde naturel, notamment dans les domaines de l’anatomie, de l’âme et des émotions humaines.
C'est à Milan qu’il peint ses deux versions très différentes de l’énigmatique Vierge aux rochers ainsi que La Cène, fresque à la quasi-perfection troublante. Cette œuvre sera présente sous la forme d’une copie presque d’époque réalisée par son élève Giampietrino et prêtée par la Royal Academy. Léonard est aussi l’auteur de trois portraits qui ont révolutionné le genre et qui sont réunis pour la première fois à Londres. C’est de cette époque que date son unique portrait d’homme : Le Musicien. Pour La Belle Ferronnière, œuvre très idéalisée, il pourrait s’être inspiré de l’épouse de Ludovic le More ou d’une de ses maîtresses. Toutefois, de ces trois compositions, La Dame à l’hermine, ravissant portrait de Cecilia Gallerani, la jeune maîtresse du More, est le plus acclamé et, incontestablement, le chef-d’œuvre de ces années en Lombardie.
Plus de 50 dessins liés aux œuvres picturales seront exposés pour la première fois. Parmi les pièces phares, on trouve 33 croquis et études prêtées par la Royal Collection. Source


Leonardo da Vinci, 'Five character studies ('A man tricked by gypsies'),
about 1493.Lent by Her Majesty The Queen (RL 12495r).
The Royal Collection © 2011, Her Majesty Queen Elizabeth II
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Leonardo da Vinci, 'Virgin and Child ('The Madonna Litta')', about 1491-5.
The State Hermitage Museum, St Petersburg (GE-249) © The State Hermitage Museum,
St Petersburg. 2011. Photo by Vladimir Terebenin, Leonard Kheifets, Yuri Molodkovets
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Leonardo da Vinci, 'Portrait of a Young Man ('The Musician')',
about 1486-8. Veneranda Biblioteca Ambrosiana, Pinacoteca – Milan (99)
© Veneranda Biblioteca Ambrosiana - Milan/De Agostini Picture Library
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Leonardo da Vinci, 'The Virgin of the Rocks', about 1491-1508
© The National Gallery, London
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mardi 6 septembre 2011

Corteo, Le Cirque du Soleil à Paris du 4 novembre au 18 décembre 2011

Corteo, Le Cirque du Soleil
du 4 novembre au 18 décembre 2011
Grand Chapiteau Ile Seguin
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Corteo (qui signifie « cortège » en italien) est une joyeuse procession, une parade festive imaginée par un clown. Alliant prouesses acrobatiques, comédie et jeu d'acteurs, le spectacle Corteo plonge le spectateur dans un univers théâtral empreint de ludisme et de spontanéité, situé dans un espace étrange entre ciel et terre.

Dans une ambiance de fête foraine, le clown évoque ses propres funérailles, sous le regard attentionné d'une volée d'anges bienveillants. Opposant le grand et le petit, le ridicule et le tragique, la magie de la perfection et le charme de l'imperfection, le spectacle fait appel à la force et à la fragilité du clown, mais aussi à sa sagesse et à sa tendresse, pour illustrer la part d'humanité en chacun de nous. Porté par des sonorités tantôt lyriques, tantôt cocasses, Corteo est une fête intemporelle où l'illusion chatouille la réalité. Le Site: Le Cirque du Soleil 


lundi 5 septembre 2011

Omar Khayyâm, Quatrain LXXXII

Joseph, Douglas (fl.1921), An Odalisque
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On me dit: "Ne bois plus, Khayyâm !"
Je réponds: "Quand j'ai bu, j'entends ce que disent les roses,
Les tulipes et les jasmins.
J'entends, même, ce que ne peut me dire ma bien-aimée."

Omar Khayyâm, Quatrains LXXXII

Matisse, Cézanne, Picasso... L'aventure des Stein, Grand Palais

Paul Cézane, Cinq Baigneurs, 1875-77 © RMN (Musée d’Orsay) / René-Gabriel Ojéda
Matisse, Cézanne, Picasso... L’aventure des Stein
 Galeries nationales du Grand Palais
du 5 octobre 2011 au 16 janvier 2012
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L’exposition est organisée par la Rmn-Grand Palais, le Museum of Modern Art de San Francisco et le Metropolitan Museum of Art de New York. Elle est présentée du 21 mai au 6 septembre 2011 au San Francisco Museum of Modern Art, et du 1er février au 3 juin 2012 au Metropolitan Museum of Art de New York.
Leurs pieds nus sont chaussés de sandales delphiques, Ils lèvent vers le ciel des fronts scientifiques. Apollinaire [à propos des Stein], octobre 1907.
D’origine américaine, les Stein s’installent à Paris au début du XXe siècle : Gertrude, écrivain d’avant-garde, avec son frère Léo, rue de Fleurus ; Michael, l’aîné, avec son épouse Sarah, rue Madame. Premiers acheteurs de Matisse et de Picasso, ils accueillent chez eux toute l’avant-garde artistique et constituent ainsi une des plus étonnantes collections d’art moderne.
L’exposition revient sur l’histoire de cette famille hors norme. Elle éclaire l’importance de son patronage pour les artistes et montre comment elle a contribué à imposer une nouvelle norme en matière de goût dans l’art moderne, à travers : le regard de Léo sur les sources de la modernité, ainsi que ses échanges avec les intellectuels de l’époque ; l’amitié de Gertrude avec Picasso ; son écriture poétique et le cubisme ; les liens de Sarah avec Matisse ; les collaborations entre Gertrude et les artistes dans les années 20 et 30…
Cette importante manifestation réunit un ensemble exceptionnel d’œuvres des différentes collections des Stein : Renoir, Cézanne, Picasso, Matisse, Manguin, Bonnard, Vallotton, Laurencin, Gris, Masson, Picabia…. Le parcours articulé en huit sections permet d’apporter un éclairage sur chacun des membres de la famille : Leo, Sarah et Michael et enfin, Gertrude.  RMN

samedi 3 septembre 2011

Excellent week-end

Bartolomé Esteban Murillo (1617-1682), Virgin and Child (Détail)
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Je vous souhaite un excellent week-end!

La fête de la danse de Blanca Li, Grand Palais

© Pierre Attrait
La fête de la danse de Blanca Li
les 23, 24 et 25 septembre 2011
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La Nef métamorphosée en gigantesque studio de danse accueille la Fête de la danse de Blanca Li (vidéo), grand rassemblement festif et populaire, qui se propose de faire découvrir au grand public et de manière participative la danse sous toutes ses facettes.

Des chorégraphies d'initiation à la danse, en live ou en vidéo, et des démonstrations permettent une approche de la diversité dansée: de la danse classique à la danse bollywood en passant notamment par la danse contemporaine, l’africaine, le flamenco, la salsa, le hip-hop, l'electro ou la danse balinaise.

Amateur éclairé, professionnel ou simple curieux, chacun est invité à parcourir, de façon ludique et libre, les différentes pistes de danse, libre de se faire observateur ou participant, d’une façon spontanée et festive, pour que la danse ne soit pas qu'un spectacle!

vendredi 2 septembre 2011

Sir John Lavery, Portraits

Sir John Lavery (1856-1941), Miss Auras The Red Book
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Mrs Lavery
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The Gold Turban
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Mrs E Bowen-Davies
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Portrait of Miss Julia McGuire
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Lady Lavery 
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Fra Angelico et les Maîtres de la lumière, Musée Jacquemart-André

Fra Angelico (1387-1455), Le Couronnement de la Vierge, 1434-1435, tempera sur bois, 112 × 114 cm,
 Galerie des Offices, Florence © 2010. Photo Scala, Florence - courtesy of the Ministero Beni e Att. Culturali
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Fra Angelico et les Maîtres de la lumière
du 23 septembre 2011 au 16 janvier 2012

Le Musée Jacquemart-André est le premier musée français à rendre hommage à Fra Angelico et à revisiter la carrière de cet artiste exceptionnel. L’exposition présente près de 25 œuvres majeures de Fra Angelico et autant de panneaux réalisés par les peintres prestigieux qui l’ont côtoyé : Lorenzo Monaco, Masolino, Paolo Uccello, Filippo Lippi ou Zanobi Strozzi.

Pour la première fois, un musée français consacre une exposition à Fra Angelico
Alliant dans ses œuvres l’éclat des ors, hérité du style gothique, à la nouvelle maîtrise de la perspective, Fra Angelico (1387-1455) a pleinement participé à la révolution artistique et culturelle que connaît Florence au début du XVe siècle. Il a ainsi été l’initiateur d’un courant artistique que les spécialistes ont appelé les « peintres de la lumière ». 

Autour de lui, seront évoqués les peintres illustres qui ont eu une influence significative sur son art, comme son maître Lorenzo Monaco(1370-1424), Masolino (1383-v. 1440) et Paolo Uccello (1397-1475), ainsi que les artistes qu’il a inspiré à son tour, tels que Filippo Lippi (1406-1469) ou Zanobi Strozzi (1412-1468).

Paolo Uccello (1397-1475), Saint Georges terrassant le dragon, vers 1440, tempera sur bois, 62,6 x 102 cm,
Musée Jacquemart-André, Paris © Studio Sébert Photographes

Des œuvres majeures
Le génie de cet artiste est multiple et s’exprime avec une égale maîtrise sur des supports très variés. Fra Angelico, que l’on connaît surtout pour l’ample décor à la fresque qu’il a réalisé au monastère San Marco de Florence, excelle tout autant dans l’art raffiné de l’enluminure et de la peinture sur bois, comme l’exposition va permettre de le découvrir.

Ce sont en effet des panneaux et des ouvrages aussi richement ornés que le Triptyque du Jugement dernier (Galerie Corsini, Rome), la Madone aux Cèdres (Musée national de San Matteo, Pise) ou l’un des volets de l’Armoire des vases sacrés (Musée de San Marco, Florence) qui seront exposés au Musée Jacquemart-André. Ces œuvres témoignent du goût de Fra Angelico pour les couleurs élégantes et contrastées. La délicatesse des nuances qu’il choisit met en valeur la finesse des figures qu’il représente dans des épisodes bibliques et des scènes de la vie des saints.

Les visiteurs pourront également découvrir le chef-d’œuvre de l’artiste : les fresques des cellules du couvent San Marco à Florence grâce à une vidéo présentée à l’entrée de l’exposition.

Fra Angelico (1387-1455), Les Stigmates de saint François et le martyre de saint Pierre, XVe siècle, tempera sur bois, 24,3 x 43,8 cm,
Galerie Strosmayer, Zagreb © L’Académie croate des Sciences et des Arts, Galerie Strossmayer des Maîtres anciens, Zagreb, Croatie

L’originalité de Fra Angelico au cœur de la première Renaissance florentine
Élève de Lorenzo Monaco, moine comme lui, Fra Angelico apprend son art à Florence, dans un environnement imprégné par le gothique international. La délicatesse de ce style, qui mêle influences du Nord de l’Europe et de l’Italie, inspire à Fra Angelico des compositions d’une grande profondeur spirituelle.

Les sujets auxquels Fra Angelico s’attache relèvent de la tradition picturale religieuse, mais il se plaît à les réinterpréter tout au long de sa carrière. Ainsi, les nombreuses variations qu’il propose autour du thème de la Vierge d’humilité témoignent de sa grande facilité à intégrer les audaces stylistiques promues par les tenants d’une nouvelle peinture. Il n’ignore rien des innovations des grands Maîtres de son temps, comme Masolino et Uccello, qui proposent une représentation du monde plus réaliste, soutenue par l’importance de la figuration humaine et de la nouvelle maîtrise des règles de la perspective.

S’il adopte ces nouveaux préceptes picturaux, Fra Angelico reste cependant fidèle aux principes de la peinture religieuse médiévale : ses œuvres conservent en effet une fonction didactique, renforcée par la valeur mystique qu’il donne à la lumière. Au cœur de cette première Renaissance florentine qui marque un tournant dans l’art européen, Fra Angelico tient ainsi une place aussi significative qu’originale, due à son « talent rare et parfait » (Giorgio Vasari, Les Vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes).

L’exposition « Fra Angelico et les Maîtres de la lumière » est réalisée en partenariat avec les grands musées italiens — dont la Galerie des Offices de Florence — et des collections de renommée internationale.

lundi 29 août 2011

Myriam Thibault, Prix du Premier Roman - Les Lauriers Verts de La Forêt des Livres

Myriam Thibault, Photo Thierry Rateau
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Premier roman à l'honneur :
Myriam Thibault pour "Orgueil et désir"

  "Une nouvelle Sagan? Oui, pour ce nouvel auteur, et des plus prometteurs! Toute nouvelle en âge - Myriam Thibault n'a que 16 ans - comme toute nouvelle en écriture - elle est élève en terminale à Tours - l'auteur de ce "Paris, je t'aime" paru aux Editions Léo Scheer démontre déjà la maîtrise d'un auteur chevronné.

  Ses nouvelles sont écrites pour magnifier une ville désirée, dans lesquelles chaque personnage, chaque destin évoqués par une écriture d'une étonnante maturité guide un rêve: habiter Paris! En authentique germanopratine Myriam Thibault coudoie en esprit Florian Zeller et Beigbeder dont elle possède déjà la dérision, le style et l'impertinence des formules qui touchent.

  Ce recueil de nouvelles ayant suscité sa plus grande admiration, le jury de La Forêt des Livres a voulu savoir si Myriam Thibault était aussi sur la voie du roman. Son éditeur contacté nous ayant confirmé qu'elle est dans la rentrée littéraire d'automne, c'est donc à la lecture des épreuves de son livre "Orgueil et désir" que le jury a décidé, en avant-première comme La Forêt des Livres en a désormais pris l'habitude, de lui décerner le prix du Premier Roman à l'unanimité. Il lui sera remis le dimanche 28 août mais son livre, édité par Léo Scheer, ne sera pas en librairie avant le 27 septembre.

  Nouvelle toujours, comme Nouvelle République, qui, une fois encore, ne s'est pas trompée en ayant choisi de parrainer ce très jeune et talentueux auteur tourangeau. Chère Mademoiselle, continuez à rêver de Paris. Sachez que comme La Forêt des Livres, Paris aussi, vous aime déjà!". Jean-Yves Laurent-Lefèvre, Président du Comité de Lecture de La Forêt des Livres

Gonzague Saint Bris et Jean-Yves Laurent-Lefèvre remettent 
le prix du Premier Roman - Les Lauriers Verts de la Forêt des Livres 
à Myriam Thibault pour son roman "Orgueil et désir".
Chanceaux-près Loches, dimanche 28 août 2011

samedi 27 août 2011

Fin des vacances...

Winslow Homer (1836-1910), Sunlight and Shadow
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Après deux semaines passées dans la région parisienne,
en Normandie et en Bretagne, me voici de retour.
Les vacances touchent à leur fin...
Profitez pleinement de ce dernier week-end
que je vous souhaite des plus agréables!

Journées du patrimoine 2011

« Le voyage du patrimoine »
Les 28e journées européennes du patrimoine auront lieu
 les samedi 17 et dimanche 18 septembre 2011

Les monuments les plus visités en France:

vendredi 26 août 2011

L'odeur du figuier, Simonetta Greggio


" L'important, ce n'est pas où on va. L'important, c'est d'aller. 
De toute façon, nous allons tous vers la même chose."
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Quatrième de couverture
  Cinq histoires dont le point commun est une odeur de figuier sauvage, une senteur d'été, d'enfance, de nostalgie, un parfum de délicieuse mélancolie, comme une chanson qui ramènerait à une époque oubliée.
   Et cette odeur, suspendue sur la vie des personnages, est là pour leur rappeler que la joie est admissible et recevable, qu'elle est tout près, qu'il faut la respirer, y croire, la laisser planer et s'en envelopper.
  Italienne, Simonetta Greggio écrit en français. Elle est l'auteur de quatre romans parus chez Stock, La Douceur des hommes, Col de l'ange, Les mains nues, Dolce Vita et d'Etoiles, paru chez Flammarion et traduit dans une dizaine de langues.
Editions Flammarion

Charles Lucien Moulin,
Baigneuse Aux Figues
Extrait 
  Tout cela je l'avais vu d'un coup d'oeil; et très vite d'ailleurs, dans un de ces vols prophétiques dont on est parfois acteurs et observateurs à la fois, j'avais embrassé l'histoire à venir d'un coup de coeur, d'un coup d'aile. Et j'avais acquiescé. Regard d'aigle pour tout ça. A croire que je n'ai fait que ça toute ma vie, que je ne sais faire que ça. Si j'avais eu le même goût pour la Bourse je serais une femme nantie, mais mon seul talent est de tout perdre à chaque partie. De laisser mon poker tourner du mauvais côté et de me lever de table de jeu car dehors il fait beau, et subitement j'en ai marre de la fumée, des verres de whisky à moitié vides. Dehors il fait toujours beau quand je m'en vais. Il fait tellement beau que ça ressemble aux jours où on prend la voiture et on roule pour rien, la fenêtre baissée, le bras sur la portière, la radio en sourdine. L'important, ce n'est pas où on va. L'important c'est d'aller. De toute façon, on va tous vers la même chose.
  Tout de suite, aussi, il y avait eu cette connaissance de l'autre qui n'est qu'une reconnaissance de soi. Ces deux rides de chaque côté de la bouche, c'étaient les miennes. Ni l'un, ni l'autre nous ne les avions, il y a vingt ans. Ce pli au cou quand on tourne la tête. Le front que nous avions courbé, cette reddition à la vie quand elle  n'était, il y a vingt ans, que triomphe arrogant, insolence ignare. Tout de suite, donc, la tendresse aveugle, entêtée, pour ces années qui avaient griffé nos visages, nos corps. Tout cela nous faisait compagnons d'armes. Je lui souris, et c'était à moi, aux batailles qui m'avaient laissée, somme toute, intacte et joyeuse, que je souriais.
  Je ne sais pas ce qui donne au coeur ce battement désordonné, si c'est une simple systole qui se détraque en prévision d'autres chamboulements. Je ne sais pas pourquoi tout d'un coup le sang semble chanter dans les veines, ni ce qui fait que les mains sont gelées et les joues brûlantes, ce qui donne envie de pleurer et de rire à la fois. Je ne sais plus qui a dit que le coup de foudre est une rencontre de deux urgences disponibles.
  On n'avait pas grand-chose à se dire. J'ai suivi sa voiture jusque chez lui, je me suis abattue dans ses bras, dans sa bouche, dans son lit, et j'ai su, au réveil - si on peut appeler réveil le fait de rouvrir des yeux murés sur une jouissance qui est comme une souffrance - que j'étais brûlée.


Simonetta Greggio invitée de Pascale Clark, 
jeudi 7 avril 2011 pour la présentation de son recueil de nouvelles: 
L'Odeur du figuier, paru le 6 avril 2011 chez Flammarion.

mercredi 24 août 2011

Je sacrifie mon âme... Ibn 'Arabî

Antonio Torres Fuster (1874-1945), An Oriental beauty
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Je sacrifie mon âme aux belles arabes distantes!
Comme elles se jouent de moi qui embrasse leurs demeures!
Si tu t'égares derrière elles,
L'effluve qu'elles exhalent t'indique le chemin.
Et si la nuit sans lune descend sur moi,
En évoquant leur souvenir, je chemine dans l'éclat de la lune.
Et si nuitamment je poursuis leurs montures,
La nuit devient pareille au soleil du matin.
J'en courtisai une
A la beauté suprême.
Se dévoile-t-elle, ce qu'elle montre est lumière
Comme un soleil sans mélange.
Soleil son visage, nuit sa chevelure,
Merveille d'image du soleil et de la nuit réunis!
Nous sommes dans la nuit en pleine lumière du jour,
Et nous sommes à midi dans une nuit de cheveux!

Ibn Arabî, Le Chant de l'ardent désir. Editions Actes Sud
Né en 560/1165 à Murcie en Andalousie, et mort en 638/1240 à Damas, Ibn 'Arabî est considéré comme le plus grand maître soufi.

vendredi 19 août 2011

Accords, Max Alhau

Anton Einsle ( 1801-1871),Head and Upper Torso of a Reclining Woman
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Ton corps poème de la terre et de l'eau
écriture du désir jamais achevé
alors que la page se consume entre tes doigts.

Ton corps
s'il demeure
c'est dans la transparence
au plus clair du jour
avivant la soif des rivières.

Pays tant de fois abordé
terre si souvent ensemencée,
tel est ce corps
plage soyeuse
où la pluie
et le feu
se marient.

Ton corps s'ouvre
que le temps ignore.

Ta nudité
est celle de l'aube:
la rosée
lui rend
grâce.

Ployé, arqué
jusqu'à craqueler l'horizon
ton corps
signe son passage
à même
la lumière.

Max Alhau, Accords

mercredi 17 août 2011

lundi 15 août 2011

Une femme de la Renaissance (tag d'Euterpe)

Léonard De Vinci (1452-1519), Portrait d'Isabelle d'Este. © E. Lessing. Paris, musée du Louvre
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Mon amie Cécile me propose de participer au tag: 
Une femme de la Renaissance.
Un tag initié par Euterpe et dont le sujet est le suivant: 
Parmi les personnages féminins du XVIème siècle, 
lequel vous correspond? 
Quelle femme de la Renaissance êtes-vous? 
(Prière de ne pas tous choisir la Joconde, merci).

C'est lors de mon dernier voyage en Italie (été 2009) que j'ai visité le Palais Ducal de Mantoue. Je suis tombée sous le charme des lieux et des personnages illustres qui ont façonnés et hantent toujours les couloirs de ce palais. Voir: Palais Ducal de Mantoue, et le chef-d'œuvre d'Andrea Mantegna  
Je choisis donc de rendre hommage à Isabelle d'Este (1474-1539), marquise de Mantoue, femme de lettres, amatrice d'art et mécène, elle a su marquer son époque et installer dans la cité des Gonzague une des cours les plus raffinées de la Renaissance.
Je propose à mes amies, Karine de Fenêtre sur Rêves, Kenza de Caramel Caramelo, Danielle de VenetiaMicio, Alba de Ciel bleu de Castille, Christyn de Liberte De Pinceaux, Nathanaëlle de Les étoiles d'ArtLubie et Labelette de Vintage et cancrelats de participer au tag si cela les amuse.
***

Le Titien (1490-1576), Portait de Isabelle d'Este
Isabelle d'Este (née le 18 mai 1474 à Ferrare et morte le 13 février 1539 à Mantoue), est une noble italienne, qui fut, comme sa sœur cadette Béatrice, l'une des principales femmes de la Renaissance italienne et une figure culturelle et politique importante. Liée par la naissance ou mariage à la noblesse d'Espagne, elle est restée célèbre comme Première dame de la Renaissance.

Isabelle d'Este épousa le 12 février 1490 François II de Mantoue. Elle s'installa dans les appartements situés à l'étage noble du Castello di San Giorgio de Mantoue (non loin de la Chambre des Époux peinte par Mantegna). Elle aménagea deux petites pièces de cette suite d'appartements pour un usage tout à fait personnel. L'une servit de studiolo (sans doute dès 1490). Isabelle d'Este y recevait ses hôtes parmi les allégories peintes par Andrea Mantegna, le Pérugin, le Corrège et Lorenzo Costa. L'autre petite pièce, la grotta (mentionnée pour la première fois en 1498), imitait une grotte souterraine.

Isabelle d'Este collectionna dans son studiolo, selon la mode du temps dans les cours en Italie, des objets qui animaient sa passion et sa curiosité, et les tableaux allégoriques qu'elle commande à Mantegna. Elle sollicita vainement le concours de Giovanni Bellini, de Léonard de Vinci et de Francesco Francia ; elle n’obtint, en 1505, que le tableau du Pérugin, La Lutte entre l'Amour et Chasteté. À la mort de Mantegna, qui n'exécuta qu'une partie de commandes, c'est Lorenzo Costa qui se chargea de produire les œuvres sur les thèmes chers à Isabelle d'Este en finissant même certains tableaux comme l'Allégorie de la cour d'Isabelle et Le règne de Comus.

Médaille: Isabelle d’Este, vers 1505,
Gian Cristoforo Romano
En 1523, Isabelle d'Este quitta les appartements qu’elle occupait, à l’étage noble du Castello di San Giorgio pour s’installer dans un autre bâtiment du palais ducal de Mantoue, la Corte Vecchia. Le second studiolo comportait cinq pièces et permit d'étendre les domaines de collections (médailles, marqueterie, décorations d'art grotesque, …).

En 1627, Charles Ier d’Angleterre parvint à acquérir une grande partie de la collection des Gonzague, notamment l'Allégorie des Vertus et l'Allégorie des Vices du Corrége, qui provenaient du studiolo d'Isabelle d'Este. Les autres tableaux du studiolo furent achetés par Richelieu, sans doute la même année. Ils firent l'objet ensuite d'une saisie révolutionnaire pour être transférés au musée du Louvre. Wikipédia


Pour plus d'informations: 

L'Art à Mantoue ou Le Studiolo d'Isabelle d'Este

vendredi 12 août 2011

Chefs-d’oeuvre au MAS, Cinq siècles d’images à Anvers

Jean fouquet ((Entre 1415 et 1420 - Entre 1478 et 1481), La Vierge et l'Enfant et Anges
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Cinq siècles d’images à Anvers
17 mai 2011 au 30 décembre 2012  

L’exposition de prestige oppose des œuvres de maîtres anciens à celles d’artistes contemporains. Elle démontre que l’imagerie occidentale des XVIe et XVIIe siècles a été déterminée dans une large mesure par Anvers et la Flandre. La région continue d’ailleurs à marquer de son sceau la culture visuelle actuelle. Pour cette exposition, le MAS s’associe au Musée des Beaux-Arts d’Anvers (KMSKA), au Musée d’Art contemporain (M HKA) et au Musée Plantin-Moretus/Cabinet des Estampes ; ces institutions mettent des pièces exceptionnelles de leur collection à sa disposition. Ces œuvres racontent ensemble l’histoire des images à Anvers : l'apparition d’un marché de l’art florissant, le rôle crucial joué par la ville portuaire dans la diffusion et la multiplication des images dans le monde entier, le retour des artistes contemporains à l’essence même des images.

Le point de départ de cette manifestation est l’exposition A Story of the Image. Old and New Masters from Antwerp, présentée l’année dernière à Shanghai et Singapour. Au MAS, cette thématique sera toutefois approfondie. Il sera par ailleurs possible d’y voir des œuvres trop fragiles pour être transportées en Asie. 
«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard