samedi 12 novembre 2011

Artcurial, Vente de Tableaux Orientalistes

Lucien Levy-Dhurmer (1865-1953), Beautés de Marrakech
Pastel sur papier 61 x 85 cm. Estimation : 150 000 - 200 000 €
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Briest - Poulain - F. Tajan
Hôtel Marcel Dassault
Dimanche 18 décembre 2011

Jacques Majorelle (1886-1962), Kasbah de l'Atlas
Gouache sur papier 89 x 108 cm. Estimation : 280 000-320 000 €
Les beautés de Marrakech
Après le succès de la première vente thématique « Jacques Majorelle et ses contemporains » et de sa preview au Palace Es Saadi de Marrakech en juin dernier et avant d'en organiser une seconde en juin 2012, Artcurial | Briest - Poulain - F. Tajan propose une très intéressante sélection qui nous conduit au Maroc.
Les œuvres de Jacques Majorelle sont profondément liées au Maroc où il s'installe dès 1917. Majorelle puisa son inspiration dans la ville de Marrakech et ses environs, parvenant à exprimer toute la variété chromatique de la culture marocaine. Il posa aussi son chevalet dans les villages de l'Atlas d'où il rapporta des paysages et des représentations de villages fortifiés, au point de devenir « le peintre des Kasbahs »ce qu'illustre magnifiquement la grande gouache qui figure dans la vente (estimation 280 000-320 000 €).
Une technique mixte sur papier représentant « le souk de Marrakech », estimée 100 000-150 000 € provient de l'ancienne collection du Général Chavatte, commandant la région de Marrakech et a été conservée dans la famille par descendance jusqu'à ce jour.L'œuvre qui risque d'établir un nouveau record pour un artiste orientaliste est celle de Lucien Levy-Dhurmer « Les beautés de Marrakech » estimée 150 000-200 000 € (photo page précédente). En effet si l'artiste est consacré sur le marché et dans les musées pour sa période symboliste, les œuvres de la période marocaine sont très rares. L'Afrique du Nord inspira à cet infatigable voyageur des portraits d'hommes arabes ou de femmes berbères au regard profond et limpide. Ce tableau fera l'objet d'une chronique de Serge Lemoine.Trois œuvres d'Henri Rousseau, et des tableaux signés José Cruz Herrera, Edouard Edy Legrand, Jean-Gaston Mantel, Henri Pontoy viennent compléter la sélection des œuvres dédiées au Maroc.


Etienne Dinet (1861-1929), Les prisonniers du Cheikh
Huile sur toile 49,50 x 69 cm. Estimation : 120 000-150 000 €
L'Algérie
Dans la grande vogue orientaliste qui anime depuis plusieurs décennies le marché mondial de l'art, on note un dynamisme croissant pour les peintures réalisées en Algérie.Etienne Dinet, un peintre d'origine française, converti à l'Islam dés 1913 et naturalisé algérien, est considéré comme le peintre national. Ses œuvres représentent des « trésors nationaux » que le pays conserve précieusement. La vente propose une œuvre de l'artiste « les prisonniers du Cheikh » (120 000-150 000 €).Georges Washington fait aussi de l'Algérie une source d'inspiration inépuisable, ses sujets favoris étant des scènes de chasse, des haltes de cavaliers et autres fantasias.Deux œuvres de Washington, des tableaux d'Emile Deckers, de Gilbert Galland et une très belle huile sur toile de Frederick Arthur Bridgman exposée aux Etats Unis représentant « Le vieux café à Alger » (estimation 20 000-30000 €) viennent compléter cette section dédiée à l'Algérie.

Jacques Majorelle (1886-1962), Marché à Bamako, 1949
  Huile sur toile 64,5 x 54,5 cm. Estimation : 120 000-150 000 €
Tunisie, Egypte, Turquie et Afrique
L'artiste le plus recherché sur le marché tunisien est sans conteste Alexandre Roubtzoff. Artcurial propose quatre œuvres de cet artiste qui s'installa en Tunisie en 1914. Une très belle huile sur toile de Georges- Antoine Rochegrosse datant de 1905, présentée dans son cadre original créé par l'artiste dans un style néo-égyptien très à la mode à la fin du XIXe, est estimée 30 000-50 000 €.Tandis qu'une paire d'huiles sur toile de Fabius Brest, représentant le Bosphore au Crépuscule et à l'Aurore est estimée 100 000-150 000 €. Une paire de cette taille et de cette qualité n'est pas sortie sur le marché depuis une vingtaine d'années.Jacques Majorelle entreprit un voyage en Afrique au milieu des années 40 et alla jusqu'à Bamako où il s'installa jusqu'en 1946 avant de repartir pour Marrakech. Dans ses œuvres de la période africaine il redécouvre la couleur exprimée avec des harmonies violentes tel que dans l'huile sur toile « Marché à Bamako » proposée avec une estimation de 120 000-150 000 €

Georges-Antoine Rochegrosse (1859-1938), Le miroir, circa 1905
Huile sur toile 100 x 81cm. Estimation : 30 000 -50 000€
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Frederick-Arthur Bridgman (1847-1928), Le vieux café près d'Alger
Huile sur toile 60 x 73 cm. Estimation : 20 000 - 30 000 €

vendredi 11 novembre 2011

La Comédie-Française s’expose au Petit Palais

Georges Clairin (1843-1919), Sarah Bernhardt dans le rôle de la Reine (Ruy Blas, Victor Hugo)
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La Comédie-Française s’expose au Petit Palais
du 13 octobre 2011 au 15 janvier 2012

  Ce n’est pas un hasard si « La Comédie-Française s’expose » au Petit Palais : chacun connaît la scène, mais il y a aussi tout un patrimoine artistique, presque totalement inédit, qui témoigne de l’histoire d’une famille, celle de la troupe de Molière du XVIIe siècle à nos jours : les portraits et les bustes, qui dévoilent les comédiens dans leurs emplois ou qui rappellent les grands auteurs, les séances du Comité de lecture, le travail de la scène, les accessoires les plus prestigieux…

 Grâce à sa bibliothèque-musée, deux-cents œuvres (peintures, sculptures, documents d’archives, objets personnels, accessoires et maquettes) sont présentées, afin de découvrir les coulisses du théâtre et pénétrer cet univers mystérieux.

  Le musée s’associe à cette institution de trois siècles, pour proposer une exposition sur la Maison, sa troupe, ses auteurs, particulièrement Molière. Figure majeure du répertoire de théâtre classique français, il est chez lui à la Comédie Française. Fondée par Louis XIV, la Maison défend les textes des siècles passés, mais aussi l’avant-garde artistique actuelle.

  Le Petit Palais invite Molière, qui sera le fil conducteur de la visite…un passage derrière le rideau, derrière le décor…une révélation !

  A découvrir aussi au Centre national du costume de scène à Moulins, une exposition sur "L'art du costume à la Comédie-Française", plus de 200 costumes des plus grands comédiens du XVIIIème siècle à nos jours

Nicolas Mignard (1606-1668), Molière dans le rôle de César (La Mort de Pompée, Corneille)
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Louis Eustache LorsayRégnier en Scapin (Les Fourberies de Scapin, Molière)
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Jean-Georges Vibert (1840-1902) Coquelin aîné en Mascarille (Les Précieuses ridicules, Molière)
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Édouard Joseph Dantan (1848-1897), Un entracte à la Comédie-Française. Un soir de première en 1885
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Henri Adolphe Laissement (1854-1921), Une lecture au comité en 1886
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Anonyme, Les Farceurs français et italiens depuis 60 ans et plus peints en 1670
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Louis Béroud (1852-1930), Les Sociétaires en 1894

mercredi 9 novembre 2011

L'automne...

Edmund Tarbell  (1862-1938), The Venetian Blind
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« L'automne est une demeure d'or et de pluie. »
 Jacques Chessex, Batailles Dans l'air

mardi 8 novembre 2011

Frimousses de Créateurs 2011

CHANEL

Les Frimousses de Créateurs s’exposeront au Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, du 29 novembre au 4 décembre 2011.

La vente aux enchères des jolies Frimousses se déroulera le 13 décembre 2011 à Drouot Montaigne à 19h 

Poupées de collection uniques, créées pour vacciner des enfants au Darfour.
Depuis 9 ans une incroyable alchimie s’opère, réunissant autour d’un but commun les mondes de la Mode, de l’Art et de la Coopération internationale. Cette rencontre entre les plus grands Créateurs de mode, des artistes de renom et des joailliers a donné naissance à un évènement incontournable : les Frimousses de Créateurs pour l'Unicef
Sonia Rykiel
Miu Miu
Chacok
Dolce Gabbana


Christian Dior
Chloé


Pucci
Anitk Batik


Jean-Paul Gautier
Gucci

lundi 7 novembre 2011

Jour de fête...

Jean-Joseph Benjamin-Constant (1845-1902), Le flamant rose
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En ce jour de fête,
une tendre pensée pour ma famille et mes amis du Maroc!

samedi 5 novembre 2011

Lucas Cranach le Vieux, La Nymphe de la source

Lucas Cranach le Vieux (1472-1553), La Nymphe de la source.
huile sur panneau aminci, doublé et parqueté, 57 x 78 cm. Estimation 3/4 M€
Une inscription en haut à gauche: Fontis nympha sacri somnum ne rumpe quiesco
« N’interrompez pas le sommeil de la nymphe de la source sacrée, je me repose ».
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Drouot Richelieu, Salle 5
Lundi 7 novembre 2011 à 15h00

Dans le cadre d’une importante vente de tableaux anciens, qui aura lieu le 7 novembre prochain, la maison de ventes Audap & Mirabaud présente aux enchères un exceptionnel tableau de Lucas Cranach l'ancien.

Lucas CRANACH l'ancien (né MOLLER, fils du peintre Hans Moller, ayant pris le nom de sa ville natale) (Kronach 1472-Weimar 1553).

« La nymphe de la source », panneau doublé parqueté, signé du serpent aux ailes repliées sur le tronc d’arbre à droite et portant une inscription en haut à gauche : Fontis nympha sacri somnum ne rumpe quiesco (« N’interrompez pas le sommeil de la nymphe de la source sacrée, je me repose ») sera proposé aux enchères sur une estimation de 3 000 000 / 4 000 000 €.

Il est impossible d’évoquer la peinture allemande du XVI° siècle sans en citer les deux grands peintres rivaux: Albrecht Dürer (1471-1528) et Lucas Cranach (1472-1553). C’est donc une œuvre majeure de l’histoire de la peinture qui sera présentée dans cette vacation.

Après des débuts dans l’atelier de son père Hans Moller, Lucas quitte la bourgade de Kronach, au Nord-Ouest de la Bavière actuelle, et se rend à Nüremberg et Vienne. C’est pour lui l’occasion de se confronter à des images et des idées nouvelles, notamment celles de l’humaniste Conrad Celtis (1459-1508) et du Collège des Poètes fondé en 1501 par Maximilien Ier. Ces rencontres sont déterminantes pour sa carrière : sa nomination à la cour de Wittemberg en 1505 serait la suite d’une recommandation de Conrad Celtis auprès de Frédéric III le Sage.

Cranach qui apporte au prince-électeur sa maîtrise d’un nouvel outil de propagande, la gravure, restera attaché pendant plus de 50 ans à la cour de Wittenberg, au service de Frédéric III le Sage jusqu’en 1522, puis de son frère Jean le Constant et, à partir de 1532, de Jean-Frédéric dit le Généreux. De la période qui précède son arrivée à Wittenberg nous ne connaissons que quelques peintures marquées par l’influence d’Altdörfer.

En 1507, Frédéric le Sage est nommé gouverneur des Pays-Bas. Cranach qui bénéficie de toute sa confiance, reçoit en 1508 des armoiries dont le motif central, un serpent couronné aux ailes de chauve-souris déployées portant un rubis dans sa gueule, est repris en signature sur tableaux et gravures. Il apparaît ici sur le tronc d’arbre, légèrement différent : en 1537, le fils aîné de Cranach, Hans, âgé de 24 ans, meurt au cours d’un voyage en Italie et les ailes de chauve-souris se replient, devenant une aile d’oiseau. Cette variante était peut-être la marque qu’avait commencé à utiliser Hans le jeune car on la trouve sur plusieurs panneaux de 1537.

En 1508, Lucas Cranach est envoyé en mission auprès de Marguerite d’Autriche, séjour qui marque un tournant dans sa production. Il découvre les œuvres des écoles du Nord et, à travers elles, celles d’Italie, les échanges entre ces deux écoles de peinture étant une réalité depuis 50 ans déjà. Quand il rentre, ses sources d’inspiration sont complètement renouvelées. Celui qui apparaissait comme un maître du paysage aborde la représentation féminine, élaborant pour ses Vénus et Lucrèce le canon qui signe ses œuvres et lui apporte le succès.

Très vite, il rationalise son atelier qu’il transfère du château de Wittenberg à la bourgade elle-même, se rapprochant de sa clientèle.

Il profite du bouillonnement d’une ville que son prince a dotée d’une université dès 1502 et qui attire artistes et intellectuels. C’est ainsi qu’il rencontre Dürer, Burgkmair ou Jacopo de Barbari. Tirant bénéfice des premiers pas de l’imprimerie, Wittenberg devient le cœur de la diffusion des idées nouvelles. Les thèmes humanistes, repris de l’antiquité ou créations contemporaines, se développent tandis que décline la demande de sujets religieux. C’est là que Luther, qui enseigne à l’université de la ville, initie la Réforme en affichant en 1517 ses 95 propositions sur la porte de l’église du château. Dans ce contexte, l’atelier de Cranach devient une étape incontournable. En 1509, Lucas Cranach y peint le premier nu mythologique grandeur nature créé au Nord des Alpes, Vénus et Cupidon et en 1514, les premiers portraits de cour grandeur nature, ceux d’Henri le Pieux, duc de Saxe et sa femme la duchesse Catherine.

Faisant preuve d’un véritable esprit d’entreprise, il ouvre sa maison à Melchior Lotter le jeune qui y installe en 1519 une imprimerie, facilitant l’édition et la diffusion de ses gravures. L’acquisition en 1520 d’une pharmacie facilitera son approvisionnement en couleurs et préparations diverses. S’étant assuré ainsi une certaine indépendance, il peut se consacrer à l’invention de nouveaux motifs. La nymphe de la source en est un magnifique exemple.

Tout au long de sa carrière de peintre de cour, Cranach traite ce sujet qui fut le premier nu féminin allongé dans un cadre naturel peint au Nord des Alpes, Giorgione ayant peint à Venise une Vénus endormie, vers 1508/1510.

Nous en recensons au moins 11 versions peintes qui permettent de suivre l’évolution stylistique du maître. Toutes présentent la nymphe dévêtue étendue dans l’herbe dans une composition à chaque fois différente. Celle présentée, exécutée après 1537, est parmi les plus belles. Le buisson de gauche aux feuilles découpées, semblable à celui du tableau de Besançon, illustre bien le génie du maître qui, d’un motif connu, crée sans cesse de nouvelles images. Dans le cas présent la qualité du tableau ne laisse aucun doute sur son importance. Drouot

Une sélection d’importants tableaux anciens viendront l’entourer, avec notamment :

Jean-Baptiste Oudry (1686-1755), Le Sérail du Doguin
 toile, 105,5 x 135 cm. Estimation : 500 000/600 000 €
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Martin Ryckaert (1587-1631), Hercule et Cacus

Martin Ryckaert (1587-1631), Le fils prodigue gardant ses troupeaux
une paire de cuivres du flamand Martin Ryckaert estimée 40 000 / 60 000 €
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Giacomo Guardi (1764-1835), Le pont du Rialto

Giacomo Guardi (1764-1835), La place Saint-Marc
une paire de panneaux de hêtre par Giacomo Guardi estimée 40 000 / 60 000 €

mercredi 2 novembre 2011

The Student

Thomas Sully (1783-1872), The Student
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« Un peintre apprenti demandait à son maître
"Quand dois-je considérer que mon tableau est fini ?"
Et le maître répondit :
"Quand tu pourras le regarder avec surprise, en te disant : C'est moi qui fait ça". »  
Jean-Paul Sartre

L'Âge d'Or hollandais, La collection Kremer

Pieter de Hooch (1617 - c.16831684) Homme lisant une lettre à une femme
© photo : The Kremer Collection/Fondation Aetas Aurea
*°*°*
L'Âge d'Or hollandais - La collection Kremer
du 27 octobre 2011 au 25 mars 2012
L'exposition L'Âge d'Or hollandais, organisée à la Pinacothèque de Paris à l'automne 2009 autour des trésors des collections royales hollandaises, avait permis de mettre en lumière cette période unique en Europe au cours de laquelle une révolution humaine importante avait eu lieu un siècle et demi avant celle de la France.

L'Âge d'Or hollandais désigne une période faste qui a vu l'avènement au pouvoir politique d'une classe de marchands. Ce pays, qui, au XVIIe siècle, repose sur une richesse économique fulgurante, est l'un des seuls lieux en Europe où ne règne pas la guerre, l'inquisition et l'intolérance religieuse. Il devient un refuge pour les artistes, les écrivains et les philosophes qui ne trouvent nulle part ailleurs le moyen de s'exprimer librement.

Un extraordinaire mouvement artistique se développe alors, soutenu par une nouvelle catégorie de collectionneurs : les marchands et les bourgeois. Collectionner n'est plus à cette époque, en Hollande, l'apanage des aristocrates, comme ailleurs en Europe.

La collection exceptionnelle rassemblée par Ilone et George Kremer depuis plus de seize ans est à ce titre symbolique : comme si ce couple descendait directement de cette nouvelle catégorie de marchands collectionneurs. Tout comme leurs aînés, Ilone et George Kremer ont fait fortune dans le commerce international. Ce sont des collectionneurs passionnés, érudits, connaissant sans doute mieux leurs œuvres et les artistes hollandais que nombre de spécialistes et d'historiens d'art.

Le couple a constitué une collection unique de maîtres hollandais, de Rembrandt à Frans Hals en passant par Pieter de Hooch, Gerrit Dou et Gerrit van Honthorst. Ils ont également accordé une place importante aux maîtres aujourd'hui moins connus, mais tout aussi essentiels à l'époque.

La Pinacothèque de Paris présente un ensemble de cinquante-sept œuvres exceptionnelles qui privilégient la technique du clair-obscur, développée et largement diffusée durant l'Âge d'Or hollandais. Le parcours de l'exposition se concentre sur les scènes de genre et les rapports sociaux entre les différents métiers au XVIIe siècle hollandais et révèle également l'avénement de la bourgeoisie dans le monde des amateurs d'art et des collectionneurs. L'exposition présente aussi des natures mortes et des paysages représentatifs de cette période.

Frans Hals (c.1582 - 1666), Portrait d’homme
© photo : The Kremer Collection/Fondation Aetas Aurea
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Rembrandt Harmensz van Rijn dit (1606 - 1669), Vieil Homme en buste avec turban
© photo : The Kremer Collection/Fondation Aetas Aurea
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Michael Sweerts (1618 - 1664), Jeune servante
© photo : The Kremer Collection/Fondation Aetas Aurea
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Judith Leyster (1609 - 1660) Nature morte à la corbeille de fruits
© photo : The Kremer Collection/Fondation Aetas Aurea
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Abraham Bloemaert (15641566 - 1651) Chaumière et Paysans trayant leurs chèvres
© photo : The Kremer Collection/Fondation Aetas Aurea
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Meindert Hobbema (1638 - 1709) Paysage boisé avec une ferme
© photo : The Kremer Collection/Fondation Aetas Aurea
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Isack van Ostade (1621 - 1649). Paysage d’hiver près d’une auberge
© photo : The Kremer Collection/Fondation Aetas Aurea
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Gabriel Metsu (1629 - 1667), Femme préparant des crêpes avec un jeune garçon
© photo : The Kremer Collection/Fondation Aetas Aurea
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Hendrick ter Brugghen (1588 - 1629) Luthiste chantant
© photo : The Kremer Collection/Fondation Aetas Aurea
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Gerrit van Honthorst (c.15901592 - 1656) Vieille Femme
examinant une pièce de monnaie à la lumière d’une lanterne.
© photo : The Kremer Collection/Fondation Aetas Aurea
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Imelda May, Road Runner

Imelda May
Road Runner

mardi 1 novembre 2011

Plus belle encore que la beauté...

Fanny Flueury (1848-1920), Portrait of an Unknown Woman
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« La grâce, plus belle encore que la beauté. »
Jean de La Fontaine

Le goût des cités impériales du Maroc

Le goût des cités impériales du Maroc
Fès, Marrakech, Meknès et Rabat
Textes choisis et présentés par
Souné Prolongeau-Wade
***
Quatrième de couverture
  « Peu de villes, mais chacune offrant une beauté surprenante : les Oudaïas à Rabat, les tombeaux saadiens à Marrakech, les ruines des palais impériaux à Meknès, les medersas à Fès. Une vie religieuse, pour nous pleine de mystère, une vie privée dont il est malaisé en quelques mots, de faire sentir le charme... Voilà ce qu'offre le Maroc et qui justifie la faveur dont le pays jouit auprès des amateurs de voyage. » Près d'un siècle après ces mots d'Henriette Célarié, l'engouement perdure. Fès la pieuse, Marrakech la rouge, Meknès la mélancolique, Rabat la blanche : arpenter ces quatre villes marocaines, c'est découvrir l'histoire d'une nation en construction.
  Balade en compagnie de Pierre Loti, Roland Dorgelès, Abdellatif Laâbi, Tahar ben Jelloun, Anaïs Nin, Henry de Montherlant, Colette, Eugène Delacroix, Edith Wharton et bien d'autres. Mercure de France

Suréda André (1872-1930), Hady Thami Glaoui, pacha de Marrakech
(C) Collection Centre Pompidou. Paris, musée national d'Art moderne
Extrait
Colette, Dans le Palais du Glaoui
  Feu des étoiles et des orangers. Palpitation des rossignols, battement des rayons de l'étoile. L'oranger écrase tout de son odeur. Le pamplemousse en fleur garde une douceur, une arrière-pensée qui manquent à l'oranger.
  Crépitements d'oiseaux avant l'aurore, tonnerre d'oiseaux. Ils s'apaisent un peu, le jour levé. une phrase de rossignol s'étale encore, comme un lambeau nocturne. Au premier rayon s'élance le cri acéré de l'hirondelle. Puis la gorgée liquide dont se gargarisent le loriot trivial, et le merle. Les derniers chants montent d'une grève mouillée dont chaque galet est une voix de passereau, et des baisers, des baisers, des baisers de mésanges coalisées...
  A midi tous se taisent, mais la colombe qu'on ne voit jamais exploite la chaleur sans se lasser, à demi-voix.
  La muraille nue, le jardin plat, le bas divan dur. Des surfaces qui laissent courir rouler le corps. Un pli irrite, une allée, qui monte, rebute. J'entends à côté, près de la vasque, sous un dais immobile de parfum d'oranger, sur la dalle chaude, un rire américain monstrueux et mal équarri qui hérisse la plume des merles. D'ailleurs la femme d'Amérique porte une robe faite avec un plan de Paris, imprimé sur mousseline de soie. Sans blague.
  Illusion d'être parvenue à un but, parce qu'on se repose au centre d'un jardin défendu de toutes parts, où l'humanité n'a pénétré qu'en manifestations muettes, en traces qui ne laissent aucun son dans l'air. Combien d'heures durerait cette illusion: « me voici arrivée au terme »? Le terme de quoi? De la vie? Du souhait? Du mouvement? De l'amour? Combien d'heures peut-on se nourrir de la contemplation d'un jardin prisonnier, et d'une arabesque de fer fin sur champ de feuillage? Combien de temps peut-on passer à attendre que le vent, en émouvant enfin un flambeau rigide, immense, de cyprès, qui semble soutenir un porche, nous fasse croire que c'est tout le palais qui chancelle?
Pour aujourd'hui et depuis deux jours, l'illusion persiste. C'est que le luxe trompe avec force sur le sens de la vie, et qu'ici comme ailleurs, le luxe c'est l'immobilité et le silence.
  Qui sait, avant d'entrer, que c'est un palais? C'est un mur comme tous les murs, couleur de crépuscule pâle, couleur de terre, couleur de ciel. Les hommes, assis sous les porches, sont pareils à tous les hommes d'ici, sous tous les porches marocains.
  Au bout du couloir non pavé, le petit cloître rectangulaire est si simple et si frais, et désert. Un chant de prières décèle une toute petite mosquée, que le pacha fit construire et réserver pour lui et ses amis du voisinage. Ni garde, ni serviteurs visibles, sauf une ombre d'homme qui rêvait contre une porte... Elle appuie un bras sur cette porte, qui s'ouvre. Un autre couloir étroit, où commence le revêtement de mosaïque. Au bout du couloir, un homme haut, tout blanc, El Hadj Thami Glaoui.
Colette, Notes marocaines, Prisons et Paradis
«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard