vendredi 13 janvier 2012

mercredi 11 janvier 2012

Patrick Martin, Sur les traces de Majorelle

Patrick Martin 1951, C'est le souk
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Patrick Martin, Sur les traces de Majorelle
du 7 janvier au 4 mars 2012
Melun

Peintre pastelliste, dans la tradition du peintre voyageur, par ailleurs professeur d’enseignement artistique, responsable des Ateliers Municipaux d’Arts Plastiques de la ville de Bondy, Patrick Martin nous convie avec cette exposition d’une centaine de pastels à découvrir un kaléidoscope de la vie quotidienne du suc-marocain.
Invitation picturale au voyage, dans tradition fidèle du peintre voyageur. Le pastel sec, un peu oublié de l’art contemporain possède bien des atouts pour le peintre-voyageur. Il associe les atouts du dessin et de la peinture, à l’aise en atelier et sur le motif. "Il prolonge ma main”, dit l’artiste. Une exposition haute en lumière et en couleur, a partager en ces jours courts de l’hiver

Nouvelles du Maroc

Quatrième de couverture: À l’extrême ouest du Maghreb, tête de pont vers les Amériques, point de passage vers l’Europe par le détroit de Gibraltar, le Maroc un carrefour d’influences unique au monde où se mélangent modernité et traditions.
Son ancrage dans la civilisation arabo-musulmane est total et les splendeurs de son patrimoine sont restées intactes. Mais, ni plus ni moins que dans d’autres pays de la rive sud de la Méditerranée, le « Printemps arabe », qui débuta avec le geste désespéré d’un jeune Tunisien, résonne ici aussi dans toutes les têtes. Si ces révolutions ont un visage, c’est celui de la jeunesse. Et avec le surgissement de cette brûlante soif de liberté, la liberté de penser et d’écrire s’est également manifestée, comme en attestent les textes pour certains très étonnants de ce recueil. Ils sont l’expression incontestable d’un moment historique, revendiqué par de jeunes écrivains, hommes et femmes, qui s’expriment haut et fort, parfois avec des mots crus, sur le sexe, la drogue, la religion, la violence politique, la situation des femmes : tout ce qui pouvait être tabou jusqu’ici.
Ce recueil s’inscrit plus que jamais dans l’actualité et démontre que la littérature peut dire autrement le monde qui change.
Auteurs Mohamed Leftah, Abdellah Taïa, Karim Boukhari, Fadwa Islah, Adbelaziz Errachidi et Zineb El Rhazoui

Extrait: La nuit peut répandre sa pénombre, l'homme est fatigué, seul au coeur de l'obscurité; le ciel ressemble à une coupole lointaine et la terre à la nuit éternelle. Le désert a ce don de se camoufler, faisant disparaître la distance. Reste le vide. La non-existence. Les êtres ici peuvent bien ouvrir la bouche au vide pour se nourrir du froid, le vent chaud des sables peut bien souffler même pendant la nuit, Aicha Kandicha ne reconnaît pas son temps. Aicha Kandicha la rebelle peut survenir à n'importe quel moment. Aicha la maligne qui surgit des nuits de toutes les histoires. Cette femme qui change facilement de couleurs, de traits de visage mais ne peut jamais changer la forme de ses pieds... comme elle est énorme sa tristesse! Elle était debout devant lui, ses dents touchaient presque la terre; avec ses oreilles d'âne, elle lui dit:
- Tu vois mes dents?
Mais lui ne bougeait pas. Son coeur ne connaissait ni peur, ni inquiétude, ni chaos; il ne fondait pas devant elle comme la neige sous le soleil; il ne tremblait pas et s'offrait plutôt dans sa plénitude dictée par son instinct nomade et sa capacité d'affronter toute possibilité.
Il ne trembla guère, mais chercha son épée et ne la trouva pas. Il se rappela ce que racontait sa mère sur son ancêtre qui avait affronté Aicha la rebelle avec son épée, et dit:
- Et toi, ne vois-tu pas mon épée?
Abdelaziz Errachidi, Douleurs de sable

lundi 9 janvier 2012

Chanson d'après-midi, Charles Baudelaire

Ferdinand Keller (1842 – 1922), A nymph drinking at a spring
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Quoique tes sourcils méchants
Te donnent un air étrange
Qui n'est pas celui d'un ange,
Sorcière aux yeux alléchants,

Je t'adore, ô ma frivole,
Ma terrible passion !
Avec la dévotion
Du prêtre pour son idole.

Le désert et la forêt
Embaument tes tresses rudes,
Ta tête a les attitudes
De l'énigme et du secret.

Sur ta chair le parfum rôde
Comme autour d'un encensoir ;
Tu charmes comme le soir,
Nymphe ténébreuse et chaude.

Ah ! les philtres les plus forts
Ne valent pas ta paresse,
Et tu connais la caresse
Qui fait revivre les morts !

Tes hanches sont amoureuses
De ton dos et de tes seins,
Et tu ravis les coussins
Par tes poses langoureuses.

Quelquefois, pour apaiser
Ta rage mystérieuse,
Tu prodigues, sérieuse,
La morsure et le baiser ;

Tu me déchires, ma brune,
Avec un rire moqueur,
Et puis tu mets sur mon coeur
Ton oeil doux comme la lune.

Sous tes souliers de satin,
Sous tes charmants pieds de soie,
Moi, je mets ma grande joie,
Mon génie et mon destin,

Mon âme par toi guérie,
Par toi, lumière et couleur !
Explosion de chaleur
Dans ma noire Sibérie !

Charles Baudelaire

L'ultime chef-d'œuvre de Léonard de Vinci, La Sainte Anne

Léonard de Vinci (1452-1519), La Vierge à l’enfant avec sainte Anne (détail). Musée du Louvre
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L'ultime chef-d'œuvre de Léonard de Vinci, La Sainte Anne
du 29 mars au 25 juin 2012

Chef-d’œuvre de Léonard de Vinci restauré avec le concours du Centre de recherche et de restauration des musées de France, La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne est au cœur d’une exposition exceptionnelle rassemblant pour la première fois l’ensemble des documents liés à ce panneau. Le début de la lente et complexe genèse du tableau remonterait à 1501, date de sa première mention dans la correspondance d’Isabelle d’Este. Léonard de Vinci ne cessa ensuite de perfectionner cette composition ambitieuse, qu’il laissa inachevée à sa mort en 1519. Esquisses de composition, dessins préparatoires, études de paysage et le magnifique carton de la National Gallery de Londres – jamais présenté à côté du tableau depuis la mort de Léonard – illustrent, entre autres, cette longue méditation et rendent compte des différentes solutions successivement envisagées par le maître.

dimanche 8 janvier 2012

Liebster Blog Award pour Thé au Jasmin


Mon amie Kenza du très beau blog
que je remercie chaleureusement,
me fait l'immense plaisir de décerner un
Liebster Blog Award à mon Thé au Jasmin.
Je nomme à mon tour cinq de mes blogs préférés
que je vous invite vivement à découvrir ou à redécouvir:


Les règles sont toujours les mêmes: 1- Recopier le logo sur son blog, 2- Citer la personne qui décerne l'award, 3- Prévenir les 5 personnes nommées.

samedi 7 janvier 2012

Dickens 2012

William Powell Frith (1819-1909), Charles Dickens
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Le Royaume-Uni célèbre en cette année 2012
le bicentenaire de la naissance de Charles Dickens
Le Site: Dickens 2012
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Charles Dickens, né à Portsmouth dans le comté du Hampshire le 7 février 1812, mort à Gad's Hill dans le Kent le 9 juin 1870, est un romancier britannique. Il est le plus célèbre des écrivains anglais du XIXe siècle, auteur notamment de David Copperfield, Un chant de Noël et d'Oliver Twist
Issu d'une famille peu fortunée, Charles Dickens est né à Landport, un petit faubourg de Portsmouth, le 7 février 1812. La famille Dickens déménage à Londres en 1815, puis à Chatham en 1817. Ce furent les meilleures années de l'enfance de Charles. Il quitte l'école et en 1824 doit travailler au noir dans un entrepôt dirigé par un proche. Ceci puis l'emprisonnement de son père pour dettes, marque profondément l'enfant de 12 ans. Une fois les problèmes de son père arrangés, Charles fréquentera de 1824 à 1827 une école privée, la Wellington House Academy. Il devient successivement polisseur de chaussures dans une usine (dès l'age de douze ans), clerc d'avoué, reporter sténographe dans les cours de justice, puis reporter parlementaire. En 1833, il commence à écrire des histoires qu'il fait publier dans des journaux et des magazines. Celles-ci furent republiées plus tard sous le titre de Esquisses par 'Boz' (Sketches by 'Boz').
En 1836, commence la publication sous forme de feuilletons mensuels de Les Aventures de M. Pickwick (Pickwick Papers), chef-d'œuvre de l'humour britannique dont le succès est immédiat. Avant que Pickwick ne s'achève, Dickens, devenu en 1836 éditeur du Recueil de Bentley[1]avait entamé la publication d'un nouveau feuilleton Oliver Twist (1837-1839).
En avril 1836, il épouse la fille du rédacteur en chef de l'Evening Chronicle, Catherine Hogarth, qui lui donnera 10 enfants de 1837 à 1852.
Dickens publie La Vie et les aventures de Nicolas Nickleby de 1838 à 1839 en revue mensuelle puis en épisodes hebdomadaires : Le Magasin d’antiquités (The Old Curiosity Shop) de 1840 à 1841 et Barnabé Rudge (Barnaby Rudge) en 1841.
Il visite l'Amérique en 1842 et publie ses observations dès son retour, Notes américaines (American Notes), et inclut un épisode américain dans La Vie et les aventures de Martin Chuzzlewit (1843 à 1825).
Le premier de ses cinq « livres de Noël », Un chant de Noël (A Christmas Carol) voit le jour en 1843 et le livre de voyage Images d'Italie (Pictures from Italy) en 1846. Cette année également, il crée un quotidien "le Daily New".
Puis ce fut Dombey et fils (Dombey and son), diffusé en feuilleton de 1846 à 1848, suivi en 1849-1850 de « l'enfant préféré de Dickens », à demi autobiographique, David Copperfield.
Viennent ensuite La Maison Désolée (Bleak House) de 1852 à 1853, Les Temps difficiles en 1854 et Petite Dorrit de 1855 à 1857.
Dickens achete une maison de campagne, Gad's Hill près de Rochester, en 1856 et il se sépare de sa femme en 1857.
Il retourne au roman historique avec Le conte de deux cités (A Tale of two Cities) en 1859 et à l'utilisation de la première personne dans Les Grandes Espérances (Great Expectations) de 1860 à 1861.
Son dernier roman Notre ami commun (Our Mutual Friend) est publié de 1864 à 1865. Le Mystère d’Edwin Drood (Edwin Drood) reste inachevé à la mort de Dickens, le 9 juin 1870.
Il meurt, riche et célèbre, à cinquante-huit ans. Il est enterré dans le coin des poètes à l'abbaye de Westminster.
Écrivain engagé, Dickens a su concilier - grâce à un talent de conteur indéniable - condamnation de la misère et de l'exploitation industrielle et description de petits tableaux de la vie quotidienne, bourrés d'humour. Ses personnages caractéristiques et inoubliables ont fait de lui un écrivain très populaire, une figure centrale de la littérature du XIXe siècle. Wikipédia

David Copperfield, Peter Medac 2000

vendredi 6 janvier 2012

L'Adoration des Rois Mages

Gentile da Fabriano (1370-1427), Adoration of the Magi
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Lorenzo Monaco (Piero di Giovanni) (1370-1423), Adoration of the Magi
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Giotto  di Bondone (1266-1337), Adorazione dei Magi
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Jérome Bosch (1450-1516), Adoration of the Magi
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Andrea Mantegna (1431-1506), Adoration of the Magi
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Sandro Botticelli (1445-1510),  Adoration of the Magi
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Quentin Massys ou Metsys (1465-1530), The Adoration of the Magi
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Albrecht Dürer (1471-1528), L'Adoration des Mages
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Pieter Aertsen (1508-1575), The adoration of the Magi
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Paolo Farinati (1524 - 1606), Adoration of the Magi
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Diego Velázquez (1599-1660), The Adoration of the Magi
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Rembrandt van Rijn (1606-1669),  Adoration of the Magi
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Peter Paul Rubens (1600-1640), The Adoration of the Magi
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Gaspare Diziani (1689-1767), Adoration of the Magi
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Sir Edward  Coley Burne-Jones  (1833-1898), Adoration of the Magi
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John Duncan (1886 – 1945),The Adoration of the Magi
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Fantin-Latour, Manet, Baudelaire : L’hommage à Delacroix

Henri Fantin-Latour (1836-1904), Hommage à Delacroix,
© RMN (Musée d'Orsay) /Hervé Lewandowski
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Fantin-Latour, Manet, Baudelaire : L’hommage à Delacroix
du 7 décembre 2011 au 19 mars 2012

1863, année du scandale du Déjeuner sur l’herbe de Manet au Salon des Refusés, est aussi celle de la mort d’Eugène Delacroix dans son appartement de la place de Fürstenberg. Choqué par la tiédeur des hommages officiels rendus à l’artiste lors de sa disparition, Fantin-Latour se lança dans la réalisation de son fameux Hommage à Delacroix pour le Salon suivant : toile-manifeste qui rassemblait une nouvelle génération d’artistes novateurs, et de critiques comme Baudelaire et Champfleury, autour de l’austère effigie du maître disparu. Manet, Whistler, Legros, Bracquemond et les autres n’étaient pourtant pas des disciples fidèles, mais en se plaçant sous son égide, ils revendiquaient une même liberté artistique face aux conventions.
L’exposition du musée Delacroix retrace l’aventure de cette grande toile, sa conception, les variantes, les élus et les exclus. Elle relate cette fraternité artistique à travers les portraits croisés des artistes en présence et les œuvres qui les rattachent à l’héritage de Delacroix. Au-delà, elle évoque la question des portraits de groupes d’artistes et des vues d’atelier comme lieu de sociabilité, à commencer par celui de Frédéric Bazille situé dans l’immeuble mitoyen. Enfin, l’exposition se conclue sur l’hommage officiel confié finalement au sculpteur Jules Dalou, dont le monument à Delacroix fut érigé au Luxembourg, au moment où Paul Cézanne, brossait de son côté son Apothéose de Delacroix,- éclatante reconnaissance de la place du maître comme porte drapeau de la modernité.

Frédéric Bazille (1841-1870), L’Atelier de la rue Fürstenberg 
Montpellier, musée Fabre

Henri Fantin-Latour (1836-1904), Immortalité, Cardiff, 
National Museum of Wales. © National Museum of Wa

mardi 3 janvier 2012

Le coeur tremblant, la joue en feu, Cécile Sauvage

Salomon de Bray (1597-1664), Jeune femme se coiffant.(C) RMN (Musée du Louvre) / Gérard Blot 
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Le coeur tremblant, la joue en feu,
J'emporte dans mes cheveux
Tes lèvres encore tièdes.
Tes baisers restent suspendus
Sur mon front et mes bras nus
Comme des papillons humides.
Je garde aussi ton bras d'amant,
Autoritaire enlacement,
Comme une ceinture à ma taille.

Cécile Sauvage 

My Week with Marilyn

Sortie le 7 mars 2012

Synopsis : Durant l’été 1956 Colin Clark, qui vient de terminer ses études, travaille en tant qu’assistant de production sur le tournage de The Prince and the Showgirl, avec dans les rôles principaux Sir Lawrence Olivier et Marilyn Monroe. Quand le mari de Marilyn, le scénariste Arthur Miller, doit s’absenter pour affaires Colin est désigné comme accompagnateur de Marilyn. My Week with Marilyn, basé sur la publication des mémoires de Colin Clark, nous montre comment se déroulent les 7 jours entre la star mythique et l’assistant inexpérimenté et timide.
Réalisateur : Simon Curtis
Acteurs : Michelle Williams, Kenneth Branagh, Judi Dench, Emma Watson, Dominic Cooper, Julia Ormond, Derek Jacobi
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Flavia Coelho, A Foto

Flavia Coelho - A Foto

samedi 31 décembre 2011

The Year Is Almost Over!

The Year Is Almost Over!
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En attendant minuit...
Je vous souhaite de la joie, de la bonne humeur
de la légèreté et des bulles dans vos verres... 
Merveilleux réveillon de la Saint Sylvestre à tous!

vendredi 30 décembre 2011

Ladurée: Coffret L'Art de recevoir

Ladurée
L'Art de recevoir

Vincent Lemains et Michel Lerouet, respectivement chef pâtissier et chef des cuisines de Ladurée, nous dévoilent tous les secrets de l'art de recevoir de leur prestigieuse maison. Du petit déjeuner au dîner de gala en passant par le pique-nique chic, le déjeuner de famille, le dîner en amoureux... Toutes les occasions de se réunir en 10 petits livrets où sont proposés menus et conseils d'art de la table. En prime, un carnet d'adresses L'Art de recevoir signé Ladurée. Chêne

Buffet dînatoire

Merci Françoise d'avoir déposé ce magnifique coffret sous mon sapin!

La Chapelle Sixtine sous surveillance

Michel Ange, La Création d'Adam
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La Chapelle Sixtine est depuis l'été sous étroite surveillance scientifique pour détecter avec précision tout ce qui, dans l'atmophère, est susceptible de dégrader ses fresques, a révélé jeudi le directeur des Musées du Vatican.
Dans le quotidien du Vatican L'Osservatore Romano, Antonio Paolucci décrit la présence discrète de 36 détecteurs dans des tubes noirs "un peu inquiétants" suspendus dans la chapelle, et de 14 autres fixés à différents endroits.
La fameuse chapelle, où se tiennent les conclaves chargés d'élire les papes, est visitée chaque année par 4 millions de visiteurs.
Cet examen a pour objectif de moderniser son système de conditionnement afin de mieux protéger les fresques de Michel-Ange, de Botticelli, du Pérugin et de Ghirlandaio, a-t-il expliqué.
A l'été 2010 avait été détectée la présence de quantités élevées de particules sur les murs, susceptibles de provoquer des réactions chimiques indésirables sur les fresques.
Selon M. Paolucci, les particules détectées ont un rapport avec le fonctionnement du système de climatisation et d'épuration de l'air que la société Carrier avait installé avec succès après la restauration du Jugement dernier en 1993. Suite de l'article: Le Point

jeudi 29 décembre 2011

Mais je suis belle d'être aimée, Cécile Sauvage

James Abbott McNeill Whistler, Symphony in White. The Young White Girl
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Mais je suis belle d'être aimée,
Vous m'avez donné la beauté,
Jamais ma robe parfumée
Sur la feuille ainsi n'a chanté,
Jamais mon pas n'eut cette grâce
Et mes yeux ces tendres moiteurs
Qui laissent les hommes rêveurs
Et les fleurs même, quand je passe.

Cécile Sauvage 

mercredi 28 décembre 2011

Ernest Bieler - Réalité rêvée

Ernest Biéler (1863-1948), Die Geheimnisvolle
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du 1er décembre 2011 au 26 février 2012

Ernest Biéler est né à Rolle en 1863 au sein d’une famille nombreuse et bourgeoise. Il passe son enfance à Lausanne et en 1880 décide de partir se former à Paris où il fréquente l’Académie Julian. Tout en effectuant des séjours en Suisse et notamment en Valais où le peintre Raphael Ritz avait attiré l’attention du jeune artiste sur la commune de Savièse, Biéler essaie de faire carrière à Paris. Il expose au Salon mais l’accueil réservé par le public français n’est pas à la hauteur de ses espérances et en 1892 à court de moyens financiers il retourne en Suisse. Même s’il séjournera encore dans la capitale française, parfois de longues périodes, c’est en Suisse qu’il obtiendra des commandes comme celle en 1893 du décor du plafond du Victoria Hall de Genève. Son style est alors encore fortement marqué par l’art nouveau hérité de sa formation parisienne. Toujours sous l’influence des grands courants internationaux, il exécute ensuite d’imposantes compositions symbolistes comme Les Feuilles mortes (1899). Il s’agit d’un tableau au format allongé et monumental, à la composition à la fois dynamique et symétrique évoquant l’automne avec une mélancolie poétique. En référence à la saison, le coloris chaud s’accompagne de nuances déclinées du jaune au brun. Les feuilles sont assimilées à des personnages féminins où se mêlent réalité et allégorie. Exposées au Salon de Paris en 1899, Les Feuilles mortes font sensation et les critiques se révèlent élogieuses. Il les présentera de nouveau à l’exposition universelle en 1900 en compagnie des Sources (1900), autre œuvre symboliste. A partir de cette date l’artiste séjourne de plus en plus fréquemment à Savièse où il se fait construire un atelier. Son installation en Valais correspond à un moment particulier de l’histoire de l’art. Dans toute l’Europe, l’industrialisation du XIXe siècle s’accompagne de profonds changements. A cette époque, les artistes prennent conscience des conséquences négatives du passage de la société agraire à la société industrielle et développent une réflexion privilégiant valeurs oubliées et harmonie entre l’homme et la nature. Ils projettent leurs idéaux vers des contrées rurales encore intactes où ils se réfugient. En Suisse, les artistes se retirent dans les Alpes : Giovanni Segantini et Giovanni Giacometti dans l’Engadine, Ernest Biéler, Edmond Bille, Edouard Vallet ou encore Charles-Clos Olsommer en Valais. Au contact des habitants de Savièse et de sa région, les sources d’inspiration et le style de Biéler évoluent. Les œuvres deviennent moins intellectuelles, directement inspirées de la vie quotidienne des villageois. Son style se modifie en conséquence, il se fait moins délicat, plus réaliste ce qui poussera la critique à comparer son tableau Les Vieux à l’enterrement (1901) à celui de l’ Enterrement à Ornans de Gustave Courbet. Pourtant l’artiste semble conscient que sa voie est ailleurs et vers 1905/1906, il se dirige vers un style plus raffiné, extrêmement graphique qui contribuera à son succès. Il exécute alors à l’aquarelle une série de portraits au dessin « d’une vigueur telle, d’une si robuste netteté qu’on les prendrait pour des gravures sur bois en couleur » . Ce nouveau genre trouve des amateurs, les musées et les particuliers se portent acquéreurs. Encouragé par son succès, l’artiste participe à de nombreuses expositions et ressent le besoin de donner à ses œuvres une dimension plus monumentale. Il exécute alors des tableaux de plus grand format, comme Deux jeunes Saviésannes tissant (1923). Cette reconnaissance au niveau de la peinture de chevalet s’accompagne d’une reconnaissance officielle : entre 1914 et 1922, l’artiste obtient des commandes pour la réalisation de trois fresques : celles de la chapelle de Tell à Lausanne, celles du vestibule du musée Jenisch à Vevey et celle du tympan de l’Hôtel de ville du Locle. Une comparaison entre ces fresques réalisées en l’espace de neuf ans montre que Biéler n’a cessé d’évoluer vers un style de plus en plus décoratif. C’est d’ailleurs sans doute cette technique de la fresque qui fera de nouveau évoluer le style de l’artiste vers une manière plus synthétique qui accorde moins d’importance aux détails.

Les Feuilles mortes

Les Feuilles mortes (Détail)

Les Sources

Les Sources, (Détail)

Ramasseuse de feuilles

Le joyeux Mendiant

Tête décorative
«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard