mercredi 15 octobre 2014

Moroccan spirit : 1874 - 2014

Jean-François Portaels (1818-1895), Aouïcha, Huile sur toile (estimation : 70 000 – 90 000 € / 95 000 – 120 000 $)
Moroccan spirit : 1874 - 2014
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Présentation en avant-première les 12 et 13 novembre à Casablanca
Villa des Arts. 30, boulevard Brahim Roudani, Casablanca
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Vente le 25 novembre 2014 à Paris
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Paris – Le 25 novembre 2014, Artcurial célèbrera 140 ans de création au Maroc. Cette vente exceptionnelle présentera près de 120 œuvres, offrant un panorama complet depuis la vision fantasmée de l’orientalisme du 19ème siècle en passant par l’art moderne jusqu’à la jeune génération d’artistes marocains contemporains.

  Cet évènement fera écho à l’ouverture du Musée d’Art Contemporain Mohammed VI à Rabat ainsi qu’à plusieurs autres manifestations culturelles qui auront lieu à Paris. Le Maroc sera en effet mis à l’honneur lors du second semestre 2014 au
Musée du Louvre, avec l’exposition « Le Maroc médiéval, un empire de l’Afrique à l’Espagne », à l’Institut du Monde Arabe qui présentera « Le Maroc contemporain » ainsi qu’à l’Institut des Cultures de l’Islam avec pour thème de son 9ème festival, le « Maroc, arts d’identité ».

  Suite aux succès, en 2011, de la pré-exposition « Jacques Majorelle et ses contemporains » à Marrakech et de la vente qui suivit à Paris (record du monde atteint par Artcurial pour des œuvres de Jacques Majorelle et d’Edy Legrand), Artcurial exposera la vente « Moroccan Spirit : 1874 – 2014 » en avant-première à Casablanca, les 12 et 13 novembre 2014. Les œuvres seront présentées dans le cadre magnifique de la Villa des Arts, avant d’être dévoilées à Paris à partir du 22 novembre.

  « Artcurial est très heureux, après un an de préparation, de proposer une vente entièrement dédiée à l’extraordinaire richesse de l’art marocain. Nous croyons qu’au-delà de l’orientalisme et des ventes « Jacques Majorelle et ses contemporains », l’arrivée et la reconnaissance de l’art moderne et des artistes marocains contemporains sur la scène internationale du marché de l’art est aujourd’hui un phénomène confirmé. L’appétit des collectionneurs et des amateurs pour ces créations est réel. » explique Olivier Berman, directeur du département Orientalisme.

La vente « Moroccan Spirit : 1874 – 2014 »,
 parcourra 140 ans de création marocaine autour de trois principaux axes :

- Les orientalistes bien sûr très présents, avec notamment un exceptionnel portrait, Aouïcha, peint par Jean-François Portaels en 1874 (estimation : 70 000 – 90 000 € / 95 000 – 120 000 $), mais aussi une collection de 20 dessins et aquarelles d’Edy Legrand représentant la vie au Maroc dans les années 1950. Après sa redécouverte dans une collection privée, une très rare et sublime esquisse de Jacques Majorelle pour sa grande composition Les Allamattes de 1931 (conservé à l’Attijariwafa Bank, Casablanca) sera également mise en vente. Cette esquisse est la seule connue à ce jour ayant été réalisée sur papier clair, rendant ainsi la composition grandement lisible et lumineuse, les figures colorées se détachant magnifiquement du fond neutre. Ce sont au total cinq œuvres de Majorelle qui seront proposées le 25 novembre, aux côtés d’autres signées Henri-Emilien Rousseau, José Silbert, Isidore van Mens et José Cruz Herrera.

- A l’honneur également, l’art moderne marocain représenté par une collection privée d’une trentaine d’œuvres de Miloud Labied, Chaïbia Tallal, Jilali Gharbaoui, Ahmed Cherkaoui mais aussi Hassan El Glaoui et César avec sa magnifique accumulation de drapeaux marocains ; une collection de premier plan qui illustre parfaitement la création artistique du Maroc des années 1960 à 1980.

- Enfin, les œuvres contemporaines qui ont été « curatées » par Meryem Sebti, rédactrice en chef de Diptyk qui explique : « J’ai essayé, pour cette vente évènement, de combiner à la fois ce qui me semble le plus pertinent au regard des critères du marché, mais aussi ce qui est le plus représentatif des préoccupations de cette jeune scène qui intéresse beaucoup les institutions internationales (MACBA, MUCEM, IMA, Centre Pompidou, etc.). Je suis convaincue que ces artistes peuvent séduire la clientèle internationale d’Artcurial . Parmi ces pièces, citons notamment celle de Mounir Fatmi, l’Année zéro, fascinant bas-relief constitué de câbles d’antenne et dont surgit une hypnotisante impression kaléidoscopique. »

« Cette vente sera l’occasion pour les collectionneurs et amateurs de découvrir toute la richesse de la création marocaine au fil du temps et de créer des ponts entre la période classique et la période contemporaine. Meryem Sebti nous a apporté sa connaissance pointue de cet univers » ajoute Arnaud Oliveux, spécialiste en art contemporain d’Artcurial.

Benjamin-Constant (1845-1902). Merveilles et mirages de l'orientalisme

Jean-Joseph Benjamin-Constant, Le Flamant rose, 1876, Musée des beaux-arts de Montréal. Photo MBAM, Christine Guest

Benjamin-Constant (1845-1902). Merveilles et mirages de l'orientalisme
Du 4 octobre 2014 au 4 janvier 2015

  Dans le cadre de l'organisme de coopération franco-américaine FRAME (French Regional American Museum Exchange), le musée des Augustins de Toulouse et le musée des Beaux-Arts de Montréal s'unissent pour présenter une exposition consacrée à Benjamin-Constant et à ses influences.

 Benjamin-Constant est l'un des acteurs majeurs de l'art orientaliste de la Troisième République. Bien qu'il n'ait voyagé qu'une fois au Maroc en 1874, le souvenir de ce voyage a marqué toute sa production et son style de vie. Après une première formation à Toulouse, il fût élève de Cabanel mais ses premières influences de peintres orientalistes furent Henri Regnault, Fortuny et Clairin. L'inspiration de Delacroix fut également prépondérante pour notre artiste. Son atelier était aussi rempli d'objets hispano-mauresques…

  Benjamin-Constant manifeste une véritable prédilection pour les scènes de harem ou les odalisques. Il s'empare du mythe de la sensualité débridée de l'orient, associant des hétaïres lymphatiques à de jeunes maures farouches. Il est, par ailleurs, fasciné par les éléments d'architecture mauresque comme l'arc surbaissé. L'inspiration byzantine ou biblique dans la peinture d'histoire vient compléter sa veine orientaliste.

  Il fut également l'un des grands peintres de décors de son temps (Opéra Comique de Paris, Gare d'Orsay, Hôtel de Ville de Paris, Capitole de Toulouse) mais seul un petit nombre d'esquisses peuvent en témoigner hors contexte. Par ailleurs, sa production de portraitiste mondain et son enseignement à l'Académie Jullian où il eut de nombreux élèves américains et canadiens expliquent son succès outre-Atlantique et la richesse des œuvres de Benjamin Constant au musée des Beaux-Arts de Montréal.
Il eut également une pratique du portrait plus intimiste de ses proches, exprimant    une véritable empathie.

Jean-Joseph Benjamin-Constant, Entrée du sultan Mehmet II à Constantinople le 29 mai 1453, 1876.
 © Benjamin-Constant, Photo Daniel Martin

Jean-Joseph Benjamin-Constant, Le Jour des funérailles – Scène du Maroc, 1889. Petit Palais, 
Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. Photo © Petit Palais / Roger Viollet

Jean-Joseph Benjamin-Constant, Le soir sur les terrasses (Maroc), 1879, Musée des beaux-arts de Montréal,
 don de Lord Strathcona et de la famille. © Benjamin-Constant. Photo MBAM, Brian Merrett

Jean-Joseph Benjamin-Constant, Favorite de l’Émir Vers 1879 Huile sur toile 142,24 x 220,98 cm
 National Gallery of Art, Washington gracieuseté de United States Naval Academy Museum

Objets dans la peinture, souvenir du Maroc, Musée Delacroix

Eugène Delacroix, Cavalier de la garde du sultan, musée des Beaux-Arts de Bordeaux. © F. Deval
Objets dans la peinture, souvenir du Maroc
Du 5 novembre 2014 au 2 février 2015

  L’exposition, en lien avec « Le Maroc médiéval. Un empire de l’Afrique à l’Espagne », présente, en regard de peintures et de dessins d’Eugène Delacroix, les objets rapportés par l’artiste de son voyage en Afrique du Nord en 1832.

  Légués par Delacroix au peintre Charles Cournault, ces objets ont ensuite été donnés au musée Delacroix en 1952 par ses héritiers. L’exposition permet ainsi, en mettant en valeur cette part insigne de la collection permanente du musée, d’étudier l'aspect réaliste et fantasmagorique de l’oeuvre orientaliste de Delacroix. En effet, si le voyage au Maroc fut, pour ce jeune homme ébloui, l’occasion de concevoir des centaines de croquis et d’aquarelles « sur le vif », il revint tout au long de sa carrière,  jusqu’à sa mort en 1863, à ces sujets orientaux. Au souvenir du Maroc, se mêlait une vision imaginaire et sensible nourrie par la littérature et la musique de son temps.


  Grâce à des prêts prestigieux des musées français, grâce à l’engagement des héritiers de Charles Cournault, cette exposition offre de retrouver, au sein de l’atelier du grand artiste, les objets qu’il y avait rassemblés et d’interroger son rapport à ces objets, souvenirs du Maroc, mais aussi signes de son attachement à un imaginaire oriental. Elle pose ainsi un regard neuf sur l’oeuvre orientaliste de Delacroix, dans le lieu même de sa création.

mardi 23 septembre 2014

Automne...

John Singer Sargent (1856-1925), Autumn on the River
[...] Les feuilles dans le vent courent comme des folles ;
Elles voudraient aller où les oiseaux s'envolent,
Mais le vent les reprend et barre leur chemin
Elles iront mourir sur les étangs demain. [...]
L'automne, Anna de Noailles

Les tribulations du dernier Sijilmassi, Fouad Laroui

Albert Horel (1876-1964), Mosquée à Azemmour
Jeudi 16 octobre 2014
Félicitations à Fouad Laroui, lauréat du Prix Jean Giono 
pour son roman Les tribulations du dernier Sijilmassi
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Sélection pour le prix Goncourt 2014
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Quatrième de couverture
  « Adam réfléchissait. Et il n'arrivait pas à trouver de solution à cette énigme : pourquoi son corps se trouvait-il à une altitude de trente mille pieds, propulsé à une vitesse supersonique par des réacteurs conçus du côté de Seattle ou de Toulouse - très loin de son Azemmour natal, où les carrioles qui allaient au souk dépassaient rarement la célérité du mulet, où les voitures à bras n'excédaient pas l'allure du gueux se traînant de déboires en contretemps ? »

  Dans son style inimitable, Fouad Laroui nous entraîne à la suite de son héros - un ingénieur marocain décidé à rompre du jour au lendemain avec son mode de vie moderne et occidentalisé - dans une aventure échevelée et picaresque. Une tentative de retour aux sources semée d'embûches et à l'issue plus qu'incertaine, derrière laquelle se dessine une des grandes interrogations de notre temps : comment abattre les murs que l'ignorance et l'obscurantisme érigent entre les civilisations ?

  Fouad Laroui est l'auteur, notamment, d’Une année chez les Français (2010), La Vieille Dame du riad (2011) et L'Étrange Affaire du pantalon de Dassoukine (2012) qui a reçu le prix Goncourt de la nouvelle.


Extrait
  Marche ou crève. Nous autres, camarades, retiens ça, que ça nous plaise ou que ça ne nous plaise pas, faut qu’on y aille… Marche ou crève ! Ça résonne dans sa tête, ça l’empêche de penser, de sentir que ses pieds sont en sang…
  Après avoir marché toute la journée, il atteignit la grève / Des mers dans le pays qui fut depuis Assur. C’était Azemmour, sa ville natale, l’Azemorum des Romains.
  « Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr. » Il marcha lentement sur le vieux pont, s’efforçant de ne pas regarder le fleuve qui coulait en contrebas, puis, longeant les remparts de la vieille forteresse, il se dirigea vers la rue du Mouflon.
  Des gens s’arrêtaient sur son passage pour le dévisager mais il ne les voyait pas. Guidé par son instinct, il tourna sur la gauche, en face de la grande porte du mellah, parcourut une centaine de mètres puis tourna de nouveau à gauche. Il entra dans la ruelle et alla frapper à la porte de l’antique maison. Le heurtoir résonna violemment dans le silence du soir.
  Rien depuis la rue ne laissait soupçonner l’habitation. Pas de fenêtres, un long mur gris, une porte – puis un vestibule étroit et, alors, c’est le débouché sur la vraie maison, la cour intérieure, la lumière, l’eau, la vie. La vie… Il était né et avait grandi dans cette maison, où ne résidait plus qu’une vielle tante infirme que tout le monde appelait Nanna.
  Une grande émotion s’empara de lui. Je suis revenu. Je rentre dans le boyau. La vraie vie est ici.
  Lorsque j’étais petit garçon, j’habitais une maison ancienne, et la légende racontait qu’un trésor y était enfoui.
  Il prit la maillet du heurtoir dans la paume de sa main, l’enserra un instant pour mieux sentir à quel point il était lisse, poli par les générations de Sijilmassi, et d’abord par son père et son grand-père, puis il assena de nouveau plusieurs coups sur la porte.
  Il y eut quelques instants de silence. Une petite fille entrebâilla la porte et la referma aussitôt après avoir regardé Adam d’un œil rond.
  Adam entendit la petite crier :
  – Nanna ! C’est le Diable !

Kahil El'Zabar, Ritual Trio

Kahil El'Zabar, Photo Arte Radio
Mon coup de cœur du moment!

samedi 13 septembre 2014

vendredi 12 septembre 2014

Dans le jardin de l'ogre, Leïla Slimani

Alfons Walde (1891-1958), Erotica
 Sélection pour le prix de Flore 2014
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Note de l'Éditeur
  Paris, Adèle et Richard semblent former un couple heureux. Elle est journaliste, il est médecin et ensemble, ils élèvent un petit garçon dans leur bel appartement parisien. Mais Adèle a un secret. Profitant de la liberté qu’elle a d’organiser son temps, elle multiplie les occasions de rencontrer des hommes. Livrée à ses obsessions, Adèle avance avec détermination dans une solitude livide, vers des situations d’extrême dépravation sexuelle, voire de grand danger. Cependant Richard va découvrir la vérité. Tout d’abord aveuglé par la colère et le chagrin, il surmonte l’envie de quitter Adèle et tente de la ramener à lui…
  Dans le jardin de l’ogre est le récit d’un vertige, l’histoire d’un corps en quête d’absolu. L’écriture précise et crue de Leïla Slimani ouvre sur des brèches poétiques d’autant plus émouvantes, traçant la silhouette pleine de mystère d’un personnage féminin à la fois intemporel et d’une grande modernité.

Quatrième de couverture
  «Une semaine qu'elle tient. Une semaine qu'elle n'a pas cédé. Adèle a été sage. En quatre jours, elle a couru trente-deux kilomètres. Elle est allée de Pigalle aux Champs-Élysées, du musée d'Orsay à Bercy. Elle a couru le matin sur les quais déserts. La nuit, sur le boulevard Rochechouart et la place de Clichy. Elle n'a pas bu d'alcool et elle s'est couchée tôt.
  Mais cette nuit, elle en a rêvé et n'a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s'est introduit en elle comme un souffle d'air chaud. Adèle ne peut plus penser qu'à ça. Elle se lève, boit un café très fort dans la maison endormie. Debout dans la cuisine, elle se balance d'un pied sur l'autre. Elle fume une cigarette. Sous la douche, elle a envie de se griffer, de se déchirer le corps en deux. Elle cogne son front contre le mur. Elle veut qu'on la saisisse, qu'on lui brise le crâne contre la vitre. Dès qu'elle ferme les yeux, elle entend les bruits, les soupirs, les hurlements, les coups. Un homme nu qui halète, une femme qui jouit. Elle voudrait n'être qu'un objet au milieu d'une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Qu'on lui pince les seins, qu'on lui morde le ventre. Elle veut être une poupée dans le jardin de l'ogre.»
  Leïla Slimani est née en 1981 à Rabat (Maroc). Dans le jardin de l’ogre est son premier roman.

Extrait
  Aujourd'hui, elle pourrait sortir de scène. Se reposer. S’en remettre au destin et au choix de Richard. Elle aurait sans doute intérêt à s’arrêter maintenant, avant que tout s’écroule, avant de ne plus avoir  ni l’âge ni la force. Avant de devenir pitoyable, de perdre en magie et en dignité.
  C’est vrai que cette maison est belle.
  Surtout la petite terrasse, sur laquelle il faudrait planter un tilleul et installer un banc qu’on laisserait pourrir et se couvrir de mousse. Loin de Paris, dans la petite maison de province, elle renoncerait à ce qui selon elle la définit vraiment, à son être vrai. Celui-là même qui, parce qu’il est ignoré de tous, est son plus grand défi. En abandonnant cette part d’elle-même, elle ne sera plus que ce qu’ils voient. Une surface sans fond et sans revers. Un corps sans ombre. Elle ne pourra plus se dire : « Qu’ils pensent ce qu’ils veulent. De toute façon, ils ne savent pas. »
  Dans la jolie maison, à l’ombre du tilleul, elle ne pourra plus s’évader. Jour après jour, elle se cognera contre elle-même. En faisant le marché, la lessive, en aidant Lucien à faire ses devoirs, il faudra bien qu’elle trouve une raison de vivre. Un au-delà  au prosaïsme, qui déjà enfant l’étranglait et lui faisait dire que la vie de famille était une effroyable punition. Elle en aurait vomi de ces journées interminables, à être juste ensemble, à se nourrir les uns les autres, à se regarder dormir, à se disputer une baignoire, à chercher des occupations. Les hommes l’ont  tirée de l’enfance. Ils l’ont extirpée de cet âge boueux et elle a troqué la passivité enfantine contre la lascivité des geishas. Gallimard

Le Maroc médiéval. Un empire de l’Afrique à l’Espagne, Exposition au Musée du Louvre

Madrasa El Attarine, Fès, Maroc. © Laurent Schneiter
 Le Maroc médiéval. Un empire de l’Afrique à l’Espagne
du 17 octobre 2014 au 19 janvier 2015
Hall Napoléon 

  Réunissant près de 300 œuvres, cette importante exposition, organisée par le musée du Louvre et la Fondation nationale des musées du Maroc, présente les plus belles réalisations dans les domaines du décor architectural, du textile, de la céramique ou de la calligraphie et permet d’appréhender cette longue et riche histoire, clef de compréhension du Maroc contemporain et source de sa modernité.

  Le Maroc médiéval invite à un voyage dans l’espace marocain et andalou, suivant un fil chronologique, chacune des périodes historiques est ponctuée d’éclairages sur les lieux de pouvoir et capitales historiques, cités d’or et de lumière. De Fès à Séville en passant par Aghmat, Tinmal, Marrakech, Ceuta, Rabat ou Cordoue, le parcours retrace les chantiers architecturaux majeurs et les œuvres créées pour ces villes. Chefs-d’œuvre célèbres et spectaculaires (tel que le lustre cloche de la mosquée al-Qarawiyyin de Fès), récentes découvertes et objets méconnus, se croisent au sein de l’exposition. Eléments d’architecture (portes, chapiteaux), mobilier et objets servant au culte (minbars, bassins d’ablutions, manuscrits) ou témoignages de la vie quotidienne (céramiques, pièces de monnaie) conservés dans les musées, mosquées et trésors d’église : tous apportent un nouvel éclairage de cette aire du monde islamique jusqu’à présent essentiellement lue depuis la rive andalouse.

  Les conquêtes de ces grandes dynasties les ont menées du sud du désert du Sahara au nord de l’Algérie, de la Tunisie et de la Libye actuelles. L’exposition replace cette puissante entité au centre des réseaux diplomatiques et commerciaux qui furent les siens, des confins subsahariens jusqu’aux cités commerçantes de l’Italie médiévale, des royaumes chrétiens du nord de l’Espagne jusqu’au sultanat mamelouk d’Egypte. Elle permet aussi de rappeler qu’historiquement le Maroc fût un créateur d’empires.

Astrolabe planisphérique. Musée du Batha, inv. 764. (1362-1363). Fès, musée Dar Batha.
 © La Fondation nationale des musées du Maroc

Dinar, Almohades. Or moulé et frappé ; Rabat, Musée numismatique de la Bank al-Maghrib. 
Musée numismatique de la Bank al-Maghrib

La mosquée al-Qarawiyin de Fès, Maroc. © La Fondation nationale des musées du Maroc
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vendredi 29 août 2014

Bonne rentrée...

Demetrio Cosola (1851-1895), Il dettato
A tous ceux qui reprennent le chemin de l'école lundi,
je souhaite une joyeuse et agréable rentrée,
ainsi qu'une très bonne année scolaire 2014-2015... 
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Bédouins, John Singer Sargent

John Singer Sargent (1856-1925), Egyptian Woman (also known as Coin Necklace)

Arab bedouin

 Arab Woman

A Bedouin Girl

 Bedouin Mother

Moroccan Fortress, with Three Women in the Foreground (Bedouin Women)

Bedouin Women

Two Arab Women

Sunset at Cairo

 Door of a Mosque

Doum Doum Doum, Awa Ly


Doum Doum Doum 

Émile Bernard (1868-1941), La peinture en colère

Emile Bernard, Après-midi à Saint-Briac, 1887 Huile sur toile, 46 x 55 cm Aarau, Aargauer Kunsthaus. © Jörg Müller, Aarau
Émile Bernard (1868-1941), La peinture en colère
Du 17 septembre 2014 au 5 janvier 2015

Peintre, graveur, mais aussi critique d'art, écrivain et poète, Emile Bernard est une personnalité majeure dans l'élaboration de l'art moderne. A la fin des années 1880, il inaugure le style cloisonniste, dont on sait l'importance qu'il revêtira chez Gauguin et Van Gogh, dont Bernard fut proche, mais aussi chez les Nabis.
Après la controverse sur l'invention du symbolisme en peinture, qui l'oppose violemment à Gauguin, Bernard s'installe au Caire où il reconsidère la stylisation schématique et la recherche de primitivisme symboliste. La découverte des maîtres anciens l'incitera cependant à renouer avec la tradition.

De retour en France, il publie des témoignages fondamentaux sur Cézanne et des écrits esthétiques remettant en cause les avant-gardes au nom de la tradition picturale. Mais, loin de se définir par un traditionalisme suranné, son art porte toujours la marque d'une personnalité curieuse et tourmentée, à la recherche de l'absolu artistique.

Cette exposition sera la première à présenter la longue carrière de cet artiste protéiforme, dont les mutations successives participent à chaque fois d'une redéfinition de la personnalité et remettent en cause la notion même de style.

Emile Bernard, Autoportrait, 1890 Huile sur toile, 55,5 x 46 cm Brest, Musée des beaux-arts.
© Collection : Musée des beaux-arts de Brest Métropole Océane

Emile Bernard, La Moisson d’un champ de blé́, 1888 Huile sur toile, 56,4 × 45,1 cm Paris, Musée d’Orsay. 
© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Jean-Gilles Berizzi

Emile Bernard, Bretonnes aux ombrelles, 1892 Huile sur toile, 81,3 × 100,3 cm Paris, Musée d’Orsay.
© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

Emile Bernard, Le repos du berger, Huile sur toile, 120 x 150 cm Paris, Musée d’Orsay.
© Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Emile Bernard, Chiffonnières – Clichy, 1887 Huile sur toile, 38 × 46 cm Brest, Musée des beaux-arts. 
© Collection : Musée des beaux-arts de Brest Métropole Océane

jeudi 21 août 2014

Charlotte, David Foenkinos

Charlotte Salomon (1917–1943), Auto Portrait . Collection JHM © The Charlotte Salomon Foundation
Sélection pour le prix Goncourt 2014
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Quatrième de couverture
Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu'elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d'une œuvre picturale autobiographique d'une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : «C'est toute ma vie.» Portrait saisissant d'une femme exceptionnelle, évocation d'un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d'une quête. Celle d'un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.
Charlotte est le treizième roman de David Foenkinos. Il a publié entre autres Les souvenirs et Je vais mieux. Ses livres sont traduits en quarante langues. En 2011, son frère et lui ont adapté au cinéma La délicatesse, avec Audrey Tautou et François Damiens.

Charlotte Salomon (1917–1943), Vie ? ou Théâtre ?  Collection JHM © The Charlotte Salomon Foundation
Extrait
Sur le chemin du retour, elle respire profondément.
Ce jour-là, c’est la naissance de  son œuvre Vie ? ou Théâtre ?
En marchant, elle pense aux images de son passé.
Pour survivre, elle doit peindre son histoire.
C’est la seule issue.
Elle le répète encore et encore.
Elle doit vivre les mots.
Je dois aller encore plus profondément dans la solitude.

Fallait-il aller au bout du supportable ?
Pour enfin considérer l’art comme seule possibilité de vie.
Ce que Moridis a dit, elle le ressentait.
Dans sa chair, mais sans en avoir la conscience.
Comme si le corps était toujours en avance sur l’esprit.
Une révélation est la compréhension de ce que l’on sait déjà.
C’est le chemin qu’emprunte chaque artiste.
Ce tunnel imprécis d’heures ou d’années.
Qui mène au moment où l’on peut enfin dire : c’est maintenant.

Elle voulait mourir, elle se met à sourire.
Plus rien ne va compter.
Plus rien.
Rares sont les œuvres ainsi crées.
Dans un tel degré d’arrachement au monde.
Tout est limpide.
Elle sait exactement ce qu’elle doit faire.
Il n’y a pas d’hésitation dans ses mains.
Elle va peindre ses souvenirs de manière romanesque.
Les dessins seront accompagnés de longs textes.
C’est une histoire qui se lit autant qu’elle se regarde.
Peindre et écrire.
Cette rencontre est une façon de s’exprimer entièrement.
Ou disons totalement.
C’est un monde.

Cela rejoint la définition de Kandinsky.
Créer une œuvre, c’est créer un monde.
Lui-même étant soumis à la synesthésie.
Cette union intuitive des sens.
La musique guidait ses choix de couleurs.
Vie ? ou Théâtre ? est une conversation entre les sensations.
 La peinture, les mots et la musique aussi.
Une union des arts nécessaire à la cicatrisation d’une vie abîmée.
C’est le choix qui s’impose pour la recomposition de passé.
Gallimard

Charlotte et son père Albert Salomon. JHM © The Charlotte Salomon Foundation
Charlotte Salomon

mercredi 20 août 2014

Spasibo, Davide Monteleone

Rada, 14 ans, essaie une robe de mariage dessinée par sa sœur… Photo © Davide Monteleone

Une jeune fille priant dans l’unique madrasa de filles officielle de Tchétchénie et de Russie… Photo © Davide Monteleone

Un groupe d’hommes quittant la mosquée Akhmad Kadyrov… Photo © Davide Monteleone

L’exposition  Spasibo  de Davide  Monteleone, 4ème lauréat du Prix Carmignac Gestion du photojournalisme, présentée, en partenariat avec le Festival Voies Off, du 7 juillet au 16 août 2014 à l’Hôtel de Luppé à Arles.
  
Davide Monteleone (né en 1974) a commencé sa carrière de photographe en 2000 alors qu’il devient photojournaliste pour l’agence Contrasto. L’année suivante il déménage à Moscou où il y travaille en tant que correspondant. Cette décision jouera un rôle déterminant pour la suite de sa carrière.

Depuis 2003, Davide Monteleone vit entre l’Italie et la Russie, menant à bien ses projets personnels. Il publia son premier livre Dusha, Russian Soul en 2007 suivi de La Linea Inesistente en 2009 et de Red Thistle en 2012.

Il a reçu de nombreux prix pour ses travaux, dont plusieurs World Press Photo Prize et plusieurs bourses telles que la bourse « Aftermath » ou l’European Publisher Award. Ces dernières années, il réalise des travaux pour des journaux internationaux de renom, des fondations ou des institutions culturelles ; il expose et enseigne. Depuis 2011, Davide Monteleone est membre de l’agence VII Photo.
  
Un moment de grande émotion cet été à Arles!

Lecture...

Federico Faruffini (1831-1869), La Lectora
« Il y a dans lire une attente qui ne cherche pas à aboutir. Lire c'est errer.  » 
Pascal Quignard


J’ai beaucoup erré cet été et fais de jolies rencontres ! A découvrir prochainement…

mardi 29 juillet 2014

Merci mes amis !

Albert Bartholome (1848-1928), The Artist's Wife (Périe, 1849–1887) Reading. Credit Line: Catharine Lorillard Wolfe Collection, Wolfe Fund
Après ces quelques semaines d’absence, je viens enfin vous rassurer aujourd’hui;  je me porte beaucoup mieux, Dieu merci !
Je tiens à remercier tous ceux qui en mon absence,  ont continué de venir en silence me faire un petit coucou sur mon blog.
Tous ceux qui m’ont témoigné leur sympathie avec de petits commentaires discrets très régulièrement.
Et tous ceux qui ont pris le temps de m’écrire, m’assurant de leur amitié avec de gentils mails souvent très émouvants, pleins de tendresse et d’affection !

Merci, merci à tous !

Flavia Coelho, Por Cima

Flavia Coelho, (c) Bernard Benant
 Por Cima


Flavia Coelho se produira à l'Olympia le 17 octobre 2014

Henri Matisse : Nice, le rêve des odalisques

Henri Matisse,  Odalisque au coffret rouge, 1927 Huile sur toile Musée Matisse, Nice Legs de Madame Henri Matisse, 
1960 Mentions obligatoires : © Succession H. Matisse Photo : Archives Henri Matisse / D.R.

Henri Matisse : Nice, le rêve des odalisques
du  21 juin au 29 septembre 2014

A la suite de la célébration de ses cinquante ans en 2013 avec l’exposition Matisse, la musique à l’œuvre, le musée Matisse apporte un nouvel éclairage sur le lien de Matisse avec Nice, à travers le thème des odalisques, ensemble d’œuvres connues sous le terme générique de « période niçoise » (1917 - 1929), dont des échos ponctuels se retrouvent tout au long de son œuvre, et cela par une nouvelle exposition intitulée Henri Matisse : Nice, le rêve des odalisques.

Au-delà de leur production abondante, les odalisques permettent de s’interroger sur le retour surprenant de Matisse à la figuration, après les avancées du fauvisme de 1905.

En 1921, quand il s’installe à Nice au 1 place Charles Félix sur le cours Saleya, le peintre fait évoluer son interprétation du thème des odalisques depuis une série surprenante de lithographies pour rejoindre ses préoccupations profondes, liées à la forme et à la ligne. D’une représentation traditionnelle d’un modèle alangui, émanant des atmosphères rencontrées par Matisse en Algérie et au Maroc, émerge un personnage féminin, dont la plasticité du corps et la pose transforment la composition. Le tableau prend une nouvelle unité : la structure du personnage rejoint la sculpture.

L’exposition décline cette évolution picturale en accompagnant peintures, dessins, lithographies et sculptures, d’objets personnels, de mobiliers et de tissus, dont la plupart appartiennent aux collections du musée, et que le peintre utilisait pour créer le décor qui entourait les modèles devenus odalisques.

Henri Matisse et son modèle - Place Charles-Félix, Nice, 1928
© Succession H. Matisse - Photo : Archives Henri Matisse / D.R.

Henri Matisse, Grande Odalisque à la culotte bayadère, 1925 Lithographie sur papier
Collection particulière Photo : Archives Henri Matisse / D.R.

Henri Matisse, Odalisque à la culotte rouge, automne 1921 huile sur toile, 65 x 90 cm coll. 
Musée national d’art moderne, CCI/ Centre G. Pompidou, Paris
«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard