vendredi 23 mai 2014

Le berceau...

Mary Cassatt (1844-1926), Young Mother in the Garden
Berthe Morisot (1841-1895), Le berceau
Claude Monet (1840-1926), Jean Monet dans son berceau
Joaquín Sorolla (1863-1923), The First child
Edouard Manet (1832-1883), In the Garden

Maternité, Giovanni Giacometti

Giovanni Giacometti (1868-1933), Family portrait under the elder tree
Maternité
Madre
Winter

Motherhood, Stanislaw Wyspianski

Stanislaw Wyspianski (1869-1907),The Artist's Wife and Son Stas 1904
Motherhood 1899
Motherhood 1902
Motherhood 1905

Maternité, Eugène Carrière

Eugène Carrière (1849-1906), Maternité
Intimité, dit aussi la grande soeur
 
(C) RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski
Maternité
Maternité
(C) RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

samedi 17 mai 2014

Orientalismes, Musée des Beaux-Arts de Bordeaux

Pierre Roblin, Un vendredi, jour des femmes, au cimetière arabe, Alger. Collection particulière. Musée des Beaux-Arts de Bordeaux
Orientalismes
du 26 avril au 23 juin 2014

  Riche de nombreuses œuvres à caractère orientaliste, le musée propose une sélection de peintures et de dessins du XVIIIe siècle à la première moitié du XXe siècle, essentiellement issus de son fonds français : Van Mour, Delacroix, Dauzats, Diaz de La Peña, Marquet...

  L’orientalisme ne fut jamais une école ou un mouvement artistique mais davantage un genre artistique défini dans les premières décennies du XIXe siècle autour d’une certaine vision de l’Orient, particulièrement de la Turquie et de l’Egypte. Mais l’attrait et la curiosité pour l’Orient se développèrent en France dès le XVIIe siècle dans une vision fantaisiste et littéraire. Ce fut la campagne d’Egypte (1798-1801) puis la guerre d’indépendance grecque et l’expédition de Morée (actuel Péloponnèse) entre 1828 et 1832 qui permirent une évocation plus réaliste des paysages arides, du pittoresque des costumes et des couleurs éclatantes. Grâce à des artistes voyageurs, en particulier Eugène Delacroix (1798-1863) au Maghreb, l’orientalisme s’élargit aux régions méridionales de la Méditerranée, permettant à des peintres et des sculpteurs de sensibilités diverses de concevoir différentes visions de l’Orient.

20ème Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde

Gustavo Simoni (1846-1926), Arab Musicians
Musiques Sacrées du Monde
20ème Edition du Festival de Fès
Sous le thème: Conférences des oiseaux
du 13 au 21 juin 2014

  Dans un conte mystique du 13ème siècle Farid Ud-Din Attar nous rapporte comment la huppe a un jour décidé de réunir tous les oiseaux pour les inviter à un long voyage à l’issue duquel ils doivent rencontrer le Simurgh, le roi des oiseaux.
  Cette aventure les amène à traverser sept vallées, sept lieux spirituels, dans lesquels s’engagent chaque fois divers plaidoyers ; celui du perroquet, du paon, de la perdrix, du rossignol, de l’épervier… faut-il poursuivre ce difficile et périlleux voyage ou se contenter de ce qui est acquis et qui nourrit déjà désirs et aspirations? Faut-il brider ses peurs et se lancer vers l’inconnu? Renoncer à ce que l’on possède déjà, si modeste soit-il, pour briguer un sens spirituel majeur qui suscite doutes et incertitude?
  Nous avons voulu cette année nous inspirer de ce conte d’Attar pour évoquer l’aventure humaine de la rencontre, des échanges, des conflits, des influences… du voyage des cultures.
  Une aventure qui est celle de l’histoire de l’humanité, une quête de sens dans des langages multiples qui s’éclaire parfois de quelques percées universelles pour s’abîmer le plus souvent dans une profusion babylonienne de langues, d’interprétations ou de visions du monde.
Ces dernières peuvent-elles être invitées à cheminer ensemble? Peuvent-elles converger chacune dans sa singularité vers un même horizon?
  Cet appel est toute l’aventure du Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde, depuis maintenant une vingtaine d’années, et de son Forum: « Une âme pour la mondialisation ».
Il faut, disait Faulkner, que notre rêve soit assez grand pour que nous ne le perdions pas de vue en cours de route.
  Le dialogue des cultures ne peut être une fin en soi. Comme pour les conférences des oiseaux en chacune de leurs étapes, c’est un cheminement vers un point focal, un Simurgh.
Celui-ci peut il être atteint un jour ? Le chemin ici est aussi important que le but. La conscience de faire partie du même voyage favorise la curiosité, le désir de mieux comprendre, de mieux connaître.
  Il s’agit d’une connaissance dynamique où chaque culture est appelée à se transformer, se dépouiller, évoluer, se confronter à elle-même, à son propre miroir, à la recherche de ce qu’elle porte en elle de plus précieux, à cheminer, pour évoquer Senghor, dans sa nuit pour atteindre l’aube de l’universel.
Faouzi Skali, Directeur Général de la Fondation Esprit de Fès



Il était une fois l'Orient Express

Le savoir-faire gastronomique des grands chefs s’invite à bord de l’Orient-Express. Crédits : Jérôme Galland | SNCF
Il était une fois l'Orient Express
du 4 avril au 31 août

 Plus qu’une exposition, un événement ! Dans toute sa splendeur d’autrefois l’Orient Express vient faire halte sur le parvis de l’Institut du monde arabe à l’occasion d’une grande exposition consacrée au plus mythique des trains, à cette icône de l’Art-Déco qui a fait le ravissement de générations de voyageurs, ouvrant grand à ceux-ci les portes de l’Orient.

 Rendue possible grâce au concours de SNCF, cette manifestation de grande envergure est conçue en deux parties :

  C’est tout un train d’abord – locomotive en tête, suivie de trois voitures exceptionnelles et d’un wagon-restaurant – qui prend place sur le parvis de l’Institut. Le visiteur entreprend son parcours sur un quai de gare reconstitué le long du train, avant de monter dans celui-ci et de le parcourir, voiture après voiture, y découvrant l’atmosphère luxueuse et feutrée qui accompagnait le voyageur tout au long d’un périple dont l’aboutissement était la découverte de l’Orient. La dimension cinématographique est omniprésente au fil d’une déambulation où les silhouettes des voyageurs prestigieux d’autrefois paraissent avoir quitté leur compartiment à l’instant… Leur existence à bord du train se donne à voir à travers le confort étrange, un peu irréel, des cabines parées de fines marqueteries et de laitons étincelants.

  La visite se poursuit à l’intérieur de l’Institut du monde arabe où le public se voit présenter, sur deux niveaux, un véritable « musée » de l’Orient Express : objets et documents d’archives, affiches, films et photographies, dont certains sont montrés dans d’immenses malles-vitrines qui sont autant d’allégories du voyage… Cette vaste exposition permet de comprendre les origines de l’Orient Express, à travers la personnalité de son « inventeur », Georges Nagelmackers, mais aussi dans ses aspects techniques, sociaux et culturels. Les questions liées à la dimension géopolitique de l'Orient Express y sont également développées, à travers les différents itinéraires du train et les correspondances permettant, à partir d’Istanbul, de rallier Alep, Damas, Beyrouth, Bagdad, Le Caire, Louxor, Assouan…

La voiture bar-restaurant « Train bleu », décorée par René Lalique, où se croisent hommes politiques, 
écrivains, vedettes du cinéma et de la musique, agents secrets… Crédits : Jérôme Galland | SNCF

La voiture-restaurant « Riviera » affiche un design emprunté 
aux restaurants les plus chics. Crédits : Jérôme Galland | SNCF

La voiture-bar « Côte d’Azur » accueille les passagers entre ses murs, 
décorés par René Prou, un des maîtres de l’Art Déco. Crédits : Jérôme Galland | SNCF

mardi 29 avril 2014

Orientalisme, Vente Artcurial

29 - Alexandre Roubtzoff (1884-1949), Mahbouba
Estimation : 50 000 / 70 000 €
Orientalisme
Vente aux enchères le 13 mai 2014 

6 - Etienne Dinet (1861 - 1929) - Le départ des amoureux
Estimation : 6 000 / 8 000 €

11 - Hyppolite Lazerges (1817 - 1887), Jeune algérienne au tambourin (tar)
Estimation : 6 000 / 8 000 €

13 - Emile Deckers (1885-1968) - La halte de la caravane
Estimation : 30 000 / 40 000 €

16 - Emile Deckers (1885 - 1968) - Jeune fille dans la montagne
Estimation : 8 000 / 10 000 €

17 - Marie Aimée Lucas-Robiquet (1858 - 1959) - Jeunes algériennes préparant le couscous
Estimation : 60 000 / 80 000 €

19 - Eugène Girardet (1853 - 1907) - Chemin dans l'oasis d'el Kantara
Estimation : 25 000 / 35 000 €

22 - Louise Landré (1852 - ) - Jeune femme alanguie
Estimation : 10 000 / 15 000 €

28 - Max Moreau (1902 -1992) - La discussion
 Estimation : 4 000 / 6 000 €

39 - Jacques Majorelle (1886 - 1962) - Nu allongé
Estimation : 40 000 / 60 000 €

41 - Jacques Majorelle (1886 - 1962) - Le souk aux tapis
Estimation : 50 000 / 70 000 €

Cannabis et littérature, Collectif

Fernand Cormon (1845-1924), In Erwartung

Quatrième de couverture
  Psychotrope venu d’Orient, «découvert» par  Marco  Polo qui  le premier   fit  mention de la «secte des hachichins», le cannabis fut tenu pour suspect, voire dangereux dès l’abord, et interdit par décret sur injonction de Napoléon Bonaparte lors de la campagne d’Egypte.
Mais au XIXe siècle, la volonté de voyage et d’expérimentation prit de notables proportions. Sous l’impulsion du docteur Moreau de Tours, se met en place l’éphémère mais prestigieux Club des Hachichins qui réunit la fine fleur des arts et de la littérature vers 1840 : Gautier, Dumas, Nerval, Baudelaire, Delacroix, et passage éclair de Balzac, excusez du peu.
Finalement, après avoir goûté la peu recommandable matière, et avoir relaté les étapes de ce qu’ils nomment alors leur «fantasia», les écrivains se disperseront et le club disparaîtra.
C’est que, comme l’explique Gautier, «le vrai littérateur n’a besoin que de ses rêves naturels, et il n’aime pas que sa pensée subisse l’influence d’un agent quelconque.»
Puisqu’on vous le dit…

Extrait
GERARD DE NERVAL

VOYAGE EN ORIENT 
III. Histoire du Calife Hakem
 I. Le Hachische
  Sur la rive droite du Nil, à quelque distance du port de Fostat, où se trouvent les ruines du vieux Caire, non loin de la montagne du Mokatam, qui domine la ville nouvelle, il y avait quelques temps après  l’an 1000 des chrétiens, qui se rapporte au quatrième siècle de l’hégire musulmane, un petit village habité en grande partie par des gens de la secte des sabéens.
  Des dernières maisons qui bordent le fleuve, on jouit d’une vue charmante, le Nil enveloppe de ses flots caressants l’île de Rodda, qu’il a l’air de soutenir comme une corbeille de fleurs qu’un esclave porterait dans ses bras. Sur l’autre rive, on aperçoit Gizeh, et le soir, lorsque le soleil vient de disparaître, les pyramides déchirent de leurs triangles gigantesques la bande de brume violette du couchant. Les têtes des palmiers-doums, des sycomores et des figuiers de Pharaon se détachent en noir sur ce fond clair. Des troupeaux de buffles que semble garder de loin le sphinx, allongé dans la plaine comme un chien en arrêt, descendent par longues files à l’abreuvoir, et les lumières des pêcheurs piquent d’étoiles d’or l’ombre opaque des berges.
  Au village des sabéens, l’endroit où l’on jouissait le mieux de perspective était un okel aux blanches murailles entouré de caroubiers, dont la terrasse avait le pied dans l’eau, et où toutes les nuits les bateliers qui descendaient ou remontaient le Nil pouvaient voir trembloter les veilleuses nageant dans des flaques d’huiles.
  A travers les baies des arcades, un curieux placé dans une cange au milieu du fleuve aurait aisément discerné dans l’intérieur de l’okel les voyageurs et les habitués assis devant de petites tables sur des cages de bois de palmier ou des divans recouverts de nattes, et se fût assurément étonné de leur aspect étrange. Leurs gestes extravagants suivis d’une immobilité stupide, les rires insensés, les cris inarticulés qui échappaient par instants de leur poitrine, lui eussent fait deviner une de ces maisons où, bravant les défenses, les infidèles vont s’enivrer de vin, de bouza (bière) ou de hachiche. Pimientos

L'Impressionnisme et les Américains

Frank W. Benson, Eleanor, 1901, Huile sur toile, 76,2 × 64,1 cm © Museum of Art, Rhode Island School of Design  Photo  Erik Gould

L'Impressionnisme et les Américains
du 28 mars au 29 juin

  L’exposition rassemble plus de 80 tableaux peints en Europe et aux États-Unis entre les années 1880 et 1900. 
  Elle débute avec des œuvres majeures peintes par les grandes figures d'expatriés que sont Mary Cassat, John Singer Sargent et James A.M. Whistler. Il s'agit de mettre en évidence le rôle que ces Américains ont joué dans l'exploration des harmonies de couleurs claires et des compositions inédites élaborées au contact des impressionnistes français, tels que Claude Monet et Edgar Degas. Parfois, l'assimilation des nouvelles techniques est plus progressive, comme le montrent Theodore Robinson et Childe Hassam à travers leurs vues de la campagne (Giverny) et des grandes villes (Paris, Boston, Chicago).
  Enfin, l'exposition présentera un ensemble d'artistes qui, à l'image de William Merritt Chase, ont su séduire le marché américain en adaptant les idées impressionnistes aux sujets américains : des rivages rugueux de la côte atlantique aux jardins publics new-yorkais, en passant par l'image de la femme américaine. De cette apparente diversité se dégage un courant impressionniste américain distinct, dont l'originalité pourrait se résumer ainsi : une nouvelle lumière pour un nouveau public.

John Singer Sargent, Claude Monet peignant à l’orée d’un bois, 1885 Huile sur toile, 54 × 64,8 cm, Londres, Tate,
offert par Mlle Emily Sargent et Mme Ormond par l’intermédiaire du Fonds artistique, 1925, N0 4103 © Tate, Londres, 2014

Mary Cassatt, L’Été, 1894 Huile sur toile, 100,6 × 81,3 cm Chicago, Terra Foundation for American Art, 
Collection Daniel J. Terra, 1988.25 © Terra Foundation for American Art

William Merritt Chase, Près de la plage, Shinnecock, 1895 Huile sur toile, 76,2 × 122,2 cm Toledo, Ohio, 
Toledo Museum of Art, don d’Arthur J. Secor, 1924.58 © Toledo Museum of Art / Photo : Photography Incorporated, Toledo

Edmund C. Tarbell, Trois sœurs – Étude de la lumière de juin, 1890 Huile sur toile, 89,2 × 101,9 cm Milwaukee, Wisconsin, 
Milwaukee Art Museum, don de Mme Montgomery Sears, M1925.1 © Milwaukee Art Museum / Photo : John R. Glembin

Childe Hassam, Union Square au printemps, 1896 Huile sur toile, 54,6 × 53,3 cm Northampton, Massachusetts, 
Smith College Museum of Art, acquisition du Fonds Winthrop Hillyer, 1905:3.1 © Smith College Museum of Art

samedi 5 avril 2014

Sémaphores, Gamal Ghitany

Charles Landelle (1812-1908), Portrait of an Egyptian woman

Quatrième de couverture
Comme Les Poussières de l’effacement et Muses et Égéries, parus précédemment aux Éditions du Seuil, Sémaphores appartient à la série des « Carnets », vaste projet littéraire dans lequel Gamal Ghitany s’attache à transcender la forme du récit autobiographique pour se pencher sur les énigmes de la mémoire, de l'identité, du désir, de la finitude et du temps.

Au sein de cette encyclopédie intime, Sémaphores est une œuvre tout à fait singulière, fruit d’une inlassable traque des réminiscences que l’auteur égyptien a menée du côté des gares et des trains, dans ce monde du rail qui est à la fois une source inépuisable de souvenirs et d’anecdotes, et une puissante métaphore de notre condition humaine. Entre les gares du Caire, d’Alexandrie, Assouan, Rome, Zurich, Moscou ou Pékin, entre l’émoi des premiers départs, les expériences initiatiques, le voluptueux hasard des rencontres et l’approche des destinations, ce Carnet déploie sous nos yeux les territoires infinis du réel et de l’imaginaire.

Traduit de l'arabe (Égypte) par Emmanuel Varlet

Extrait
  Le train qui reliait Koubri el-Laymoun à ‘Ezbet el-Nakhl avançait à un rythme posé, très lent en comparaison des autres lignes partant vers le nord. Il en allait tout autrement du Faransawi, officiellement appelé le « train du Delta » mais que les gens préféraient nommer ainsi : le Français – je ne sais d’ailleurs pourquoi, étant donné que cette ligne avait été fondée par une compagnie anglaise. Il roulait sur une toute petite voie, d’une largeur étrangement réduite et avec des traverses plus minces. J’ai su par la suite qu’il existait en Égypte deux types de voies ferrées : l’un « normal », avec un écartement de rails de quatre pieds et huit pouces et demi ; l’autre « étroit », de trois pieds et six pouces. Ce dernier pouvait à l’époque être observé dans les plantations méridionales de canne à sucre et sur la ligne du Faransawi, qui partait de la ville de Mansoura et se ramifiait pour desservir divers points du Delta : El-Barari, Dikirnis, Damiette.
  J’ai pris ce train pour me rendre dans la petite localité de Salamoun al-Qomash, où se trouvait une unité de production de tapis. Le paysage rural y était très différent de celui de la Haute Égypte ; là le vert régnait en maître absolu, la terre semblait plus fertile, plus tendre, mieux imprégnée par l’humidité, qu’elle buvait sans discontinuer depuis des millénaires. Jamais je n’avais vu de rizières avant de pénétrer dans ces contrées. Elles sont très rares et je n’ai pu en voir que sur une toute petite superficie, du côté de Mallawi. La verte clarté qui émane de ces plantations rizicoles produit toujours un petit effet : dès que mon regard se pose sur elle, elle soulève en moi un regain d’optimisme, qui me fait oublier tous mes soucis. C’est la magie de cette tonalité de vert radieuse, immaculée, uniforme, constante, sans nuances ni variations selon les heures du jour. Un vert ardent, tenace, infaillible. De la même manière que le train de huit heures représente pour moi la référence ultime, le souvenir sur lequel se fondent les comparaisons, le vert des rizières qui borde de part et d’autre la ligne du Faransawi constitue la source première de la couleur, celle à laquelle j’aspire, l’aulne à laquelle je mesure tout ce que je vois dans le vaste monde, où que me conduisent mes voyages. Le vert occupe à mes yeux une place de premier plan, sur laquelle j’espère revenir en détail dans un carnet consacré aux couleurs, si la vie m’accorde assez de temps et mes forces ne m’abandonnent pas trop tôt. Seuil 

Frederick Goodall (1822-1904), Leading the flock

Paris 1900, la Ville spectacle, Exposition au Petit Palais

Henri de Toulouse-Lautrec, Marcelle Lender dansant le boléro dans Chilpéric, 1895-1896. Washington,
National Gallery of Art, collection of Mr and Mrs John Hay Whitney© Courtesy National Gallery of Art,Washington
Paris 1900, la Ville spectacle
du 2 avril au 17 août 2014

  L’exposition « Paris 1900, la Ville spectacle » invite le public à revivre les heures fastes de la capitale française au moment où elle accueille l’Exposition Universelle qui inaugure en fanfare le 20e siècle. Plus que jamais la ville rayonne aux yeux du monde entier comme la cité du luxe et de l’art de vivre. Plus de 600 œuvres – peintures, objets d’art, costumes, affiches, photographies, films, meubles, bijoux, sculptures… - plongeront les visiteurs du Petit Palais dans le Paris de la Belle Epoque. Les innovations techniques, l’effervescence culturelle, l’élégance de la Parisienne seront mis en scène comme autant de mythologies de ce Paris dont la littérature et le cinéma n’ont cessé depuis de véhiculer l’image dans le monde entier. 
  Dans une scénographie inventive intégrant le tout nouveau cinématographe au fil du parcours, le visiteur est convié à un voyage semblable à celui des 51 millions de touristes qui affluèrent à Paris en 1900. Le parcours organisé autour de six « pavillons » débute par une section intitulée « Paris, vitrine du monde » évoquant l’Exposition Universelle. A cette occasion, les nouvelles gares de Lyon, d’Orsay et des Invalides sont construites tout comme la première ligne du « métropolitain ». Des projets architecturaux, des peintures, des films mais aussi de pittoresques objets souvenirs et des éléments de décors sauvegardés, rappelleront cette manifestation inouïe.
Mais Paris 1900 ne saurait se résumer à l’Exposition Universelle : la Ville lumière proposait bien d’autres occasions d’émerveillement et de dépenses. Dans les magasins de luxe et les galeries d’art, les amateurs pouvaient découvrir les créations des inventeurs de l’Art Nouveau, présenté ici au sein d’un second pavillon dédié aux chefs-d’oeuvre de Gallé, Guimard, Majorelle, Mucha, Lalique… Suite


Affiche de l’Exposition Universelle Palais de l’optique, 1900.
  
© Paris, Musée Carnavalet/ Roger-Viollet 

Mucha La Nature, 1899-1900. Bronze doré et argenté,
70,7 x 30 x 32 cm © Karlsruhe, Badisches Landsmuseum

Jean Béraud Parisienne, place de la Concorde, vers 1890.
 Huile sur bois, 35 x 26,5 cm © Paris, Musée Carnavalet / Roger-Viollet 

Henri Gervex "Une soirée au Pré-Catelan", 1909. Huile sur toile,
 217 x 318 cm © Paris, Musée Carnavalet/ Roger-Viollet  

René François Xavier Prinet Le Balcon, 1905-1906. Huile sur toile, 161,2 x 191,7 cm
 © Musée des Beaux-arts de Caen. Martine Seyve photographe © ADAGP, Paris 2014
«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard