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jeudi 24 mars 2011

Pygmalion et Galatée, Edward Burne-Jones

Edward Burne-Jones (1833-1898), Pigmalion, The Heart Desires
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 Pigmalion, Hand refrains
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Pigmalion, Godhead fires
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Pigmalion, The soul attains
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Mythologie
Pygmalion est un sculpteur résidant à Chypre. Révolté contre le mariage à cause de la conduite répréhensible des Propétides (femmes de Chypre) dont il était chaque jour témoin, il se voue au célibat. Mais il tombe amoureux d'une statue d'ivoire, ouvrage de son ciseau : il la nomme « Galatée », l'habille et la pare richement. Lors des fêtes dédiées sur l'île à Aphrodite, il prie la déesse de lui donner une épouse semblable à sa statue. Son vœu est exaucé par cette dernière, qui donne vie à Galatée. Pygmalion l'épouse en présence d'Aphrodite et aura d'elle deux filles, Paphos et Matharmé d'après certaines versions.

Les Propétides avaient nié la divinité d'Aphrodite ; la déesse les punit en allumant dans leur cœur le feu de l'impudicité. Elles finirent par perdre toute honte, et furent insensiblement changées en rochers.

La légende de Pygmalion, racontée par Ovide dans les Métamorphoses, a, par la suite, inspiré de nombreux artistes. Wikipédia

jeudi 27 mai 2010

L'Apparition

Gustave Moreau (1826-1898), L'Apparition
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Dans l'odeur perverse des parfums, dans l'atmosphère surchauffée de cette église, Salomé, le bras gauche étendu, en un geste de commandement, le bras droit replié, tenant, à la hauteur du visage, un grand lotus, s'avance lentement sur les pointes, aux accords d'une guitare dont une femme accroupie pince les cordes.

La face recueillie, solennelle, presque auguste, elle commence la lubrique danse qui doit réveiller les sens assoupis du vieil Hérode ; ses seins ondulent et, au frottement de ses colliers qui tourbillonnent, leurs bouts se dressent ; sur la moiteur de sa peau les diamants, attachés, scintillent ; ses bracelets, ses ceintures, ses bagues, crachent des étincelles ; sur sa robe triomphale, couturée de perles, ramagée d'argent, lamée d'or, la cuirasse des orfèvreries dont chaque maille est une pierre, entre en combustion, croise des serpenteaux de feu, grouille sur la chair mate, sur la peau rose thé, ainsi que des insectes splendides aux élytres éblouissants, marbrés de carmin, ponctués de jaune aurore, diaprés de bleu d'acier, tigrés de vert paon.

Concentrée, les yeux fixes, semblable à une somnambule, elle ne voit ni le Tétrarque qui frémit, ni sa mère, la féroce Hérodias, qui la surveille, ni l'hermaphrodite ou l'eunuque qui se tient, le sabre au poing, en bas du trône, une terrible figure, voilée jusqu'aux joues, et dont la mamelle de châtré pend, de même qu'une gourde, sous sa tunique bariolée d'orange. [...]

D'un geste d'épouvante, Salomé repousse la terrifiante vision qui la cloue, immobile, sur les pointes ; ses yeux se dilatent, sa main étreint convulsivement sa gorge.

Elle est presque nue ; dans l'ardeur de la danse, les voiles se sont défaits, les brocarts ont croulé ; elle n'est plus vêtue que de matières orfévries et de minéraux lucides ; un gorgerin lui serre de même qu'un corselet la taille, et, ainsi qu'une agrafe superbe, un merveilleux joyau darde des éclairs dans la rainure de ses deux seins ; plus bas, aux hanches, une ceinture l'entoure, cache le haut de ses cuisses que bat une gigantesque pendeloque où coule une rivière d'escarboucle et d'émeraudes ; enfin, sur le corps resté nu, entre le gorgerin et la ceinture, le ventre bombe, creusé d'un nombril dont le trou semble un cachet gravé d'onyx, aux tons laiteux, aux teintes de rosé d'ongle.

Sous les traits ardents échappés de la tête du Précurseur, toutes les facettes des joailleries s'embrasent ; les pierres s'animent, dessinent le corps de la femme en traits incandescents ; la piquent au cou, aux jambes, aux bras, de points de feu, vermeils comme des charbons, violets comme des jets de gaz, bleus comme des flammes d'alcool, blancs comme des rayons d'astre.

Joris-Karl Huysmans, A Rebours, extrait, chapitre V

mercredi 16 décembre 2009

Circé, ou la magie de l'Amour

Circé offrant la coupe à Ulysse
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Circé, ou la magie de l'Amour
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Fille du Soleil, la magicienne Circé vit dans un palais sur l’île d’AEa. Elle confectionne des breuvages pour transformer les visiteurs importuns en animaux. Dans l’Odyssée, Homère raconte comment Ulysse et ses compagnons, de retour de la guerre de Troie, abordèrent sur son île. Les membres de l’équipage envoyés en reconnaissance furent métamorphosés en bêtes par la magicienne. Certains, changés en sangliers, sont présents à ses pieds dans le tableau. Circé symbolise les instincts les plus bas : usant de maléfices, elle transforme l’homme en animal afin d’assouvir ses désirs charnels. Elle incarne une féminité dangereuse et vile ;
Waterhouse, qui aimait peindre les femmes fatales, a représenté Circé au moment précis où elle s’apprête à offrir la potion magique à Ulysse. Il la peint dans toute la grandeur de sa puissance malfaisante : les bras tendus, le menton relevé, le regard hautain, elle est majestueuse et imposante. Pourtant toute la science de ses drogues restera sans effet face à l’intelligence perspicace d’Ulysse, dont on aperçoit ici le reflet dans le miroir, obligera la magicienne à rendre à ses marins leur apparence naturelle. Plus encore, il réussira à opérer un véritable retournement : Circé va tomber amoureuse de lui, et de menaçante deviendra bienveillante, lui prodiguant maints conseils pour ses périples à venir.
Extrait: Les femmes qui aiment sont dangereuses, Laure Adler & Elisa Lécosse (page 72), à découvrir ICI
«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard