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jeudi 11 juillet 2013

La mécanique des dessous, une histoire indiscrète de la silhouette

Panier à coudes articulé, vers 1770, et corps à baleines, vers 1740-1760
Paris, Les Arts Décoratifs, collection Mode et Textile et dépôt du musée de Cluny © Patricia Canino

La mécanique des dessous, une histoire indiscrète de la silhouette
du 5 juillet 2013 au 24 novembre 2013

  Cette exposition se propose d’explorer les artifices utilisés par les femmes et les hommes, du XIVe siècle à nos jours, pour dessiner leur silhouette. Ce projet original peut être appréhendé comme une longue histoire des métamorphoses du corps soumis aux diktats des modes successives. Quels sont les mécanismes qui ont contraint les corps des femmes afin d’obtenir des tailles resserrées jusqu’à l’évanouissement, des gorges pigeonnantes contrebalançant un fessier rehaussé à l’extrême, des hanches élargies, ou bien aplatissent des seins et des ventres ? Comment les hommes eux-mêmes ont-ils poussé leur virilité en bombant artificiellement les torses, en rajoutant des formes aux mollets, ou aux braguettes ? Toutes ces structures faites de fanons de baleine, de cerceaux de rembourrage, mais plus encore de laçages, de charnières, de tirettes, de ressorts ou de tissus élastiques dissimulés sous l’habit sont exposés dans une scénographie de Constance Guisset. Près de deux cents silhouettes rassemblant paniers, crinolines, ceintures d’estomac, faux-cul, gaines, « push up » issus des collections publiques et privées françaises et étrangères permettent, pour la première fois, d’aborder une lecture insolite de la mode liée au corps.

Robe de cour, vers 1760 Lyon, musée des Tissus, achat, 1913
© Lyon, musée des Tissus, photo Pierre Verrier

Comme des garçons, Prêt-à-porter, printemps-été́ 2012, Paris, Les Arts Décoratifs, 
Collection Mode et Textile © Patricia Canino

Corset, vers 1860-1870, Vancouver, collection Melanie Talkington
© Patricia Canino

Corps à baleines, 1770-1780, Paris, Les Arts Décoratifs, dépôt du musée de Cluny
© Patricia Canino

La mariée, Jean Paul Gaultier, Gaultier Paris, haute couture, automne-hiver 2008-2009, 
Collection « Les Cages » © Guy Marineau

Combiné, Photographie de dépôt de modèle, 1954, Paris, Les Arts Décoratifs, 
photothèque, don mars 1963 © Paris, Les Arts Décoratifs, photothèque

Publicité́ pour Wonderbra, 1994, Agence TBWA, Paris, Les Arts Décoratifs, 
collection Publicité́, don CB News TV/Culture Pub, 2002 © Paris, Les Arts Décoratifs

Etudes sur les femmes: les corsets, 1882-1890, Henri de Montaut, New York, 
The Metropolitan Museum of Art, The Elisha Whittelsey Collection, 1951
© New York, The Metropolitan Museum of Art, dist. RMN-Grand Palais, image of the MMA

lundi 29 octobre 2012

La table dressée, Musée Nissim de Camondo

Musée Nissim de Camondo, la salle à manger, Les Arts Décoratifs© J. M del Moral
La table dressée
du 14 novembre 2012 au 24 février 2013 
  Musée Nissim de Camondo

  Il s’agit d’une évocation du déjeuner donné par Moïse de Camondo le 9 juin 1933 à l’attention de vingt-trois convives du Club des Cent, ce cercle de fins gourmets dont il est membre depuis 1925.
Trois ou quatre fois par an, généralement au printemps, le comte reçoit jusqu’à trente convives dans sa somptueuse salle à manger. Fin mai-début juin, a lieu le déjeuner « Louvre » qui réunit des conservateurs et des membres du Conseil des musées nationaux. Au déjeuner « Marsan » sont conviés tous les administrateurs du conseil de l’Union Centrale des Arts décoratifs* dont Moïse de Camondo est devenu vice-président en 1930. Egalement au printemps, le comte reçoit à sa table plusieurs gourmets du Club des Cent. Le chef soigne alors particulièrement la composition du repas.

  Pour orner sa table, Moïse de Camondo n’hésite pas à utiliser des pièces de sa collection comme ce pot à oille et son plateau en argent réalisés vers 1785 par l’orfèvre du roi Robert-Joseph Auguste. Sommé d’une magnifique hure de sanglier, véritable sculpture d’argent, il porte les armoiries d’une famille portugaise, marque du prestige dont jouissait l’orfèvre dans toute l’Europe. Les salières et les moutardiers, exactement contemporains, sont l’œuvre de l’orfèvre Joseph-Théodore Van Cauwenbergh. Leurs rinceaux d’acanthe ajourés, caractéristiques du style arabesque en faveur à l’époque, enserrent les récipients de verre bleu.

  A la richesse de l’orfèvrerie répond celle de la porcelaine. Toutefois, Moïse de Camondo n’utilise pas ses services de porcelaine de Sèvres Buffon, trop précieux et fragiles, et, à ce titre, présentés en permanence dans le Cabinet des porcelaines voisin. Pour son usage personnel, le comte se réserve deux services, l’un en porcelaine de Tournai et l’autre en porcelaine de Chantilly. Les assiettes à motif d’œillet bleu vers 1760 en proviennent. Elles révèlent un des aspects les plus élégants de la manufacture fondée par le prince de Condé en 1730.

  Ces éléments sont les seuls dont nous disposions pour reconstituer une table dressée. Homme réservé, Moïse de Camondo n’a pas souhaité intégrer à son legs des témoignages de la vie quotidienne de l’hôtel. Le linge de maison, les services de table, la batterie de cuisine et les vêtements des garde-robes ont en effet été transmis à sa fille Béatrice.

  C’est pourquoi la reconstitution de cette table n’aurait pu être réalisée sans le généreux soutien des maisons suivantes : Puiforcat a prêté les couverts en argent massif Vauban au dessin caractéristique de l’époque Régence, et les cristalleries de Saint-Louis, le service en cristal taillé Trianon créé en 1834 et toujours produit depuis. La nappe et les serviettes sont un don de la société D. Porthault.

  Table dressée dans la salle à manger grâce au généreux soutien des sociétés Saint-Louis, Puiforcat et D. Porthault.

«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard