lundi 20 février 2012

La Parisienne dans l'art, Sabine Denuelle

« Si vous voulez savoir comment agira une Parisienne dans une circonstance donnée, 
prenez le contre-pied du lieu commun généralement admis et vous le saurez exactement. 
Soyez assuré qu'elle fera toujours le contraire de ce qu'indique le vulgaire poncif 
d'élégance ou d'esprit. » Théodore de Branville

Mot de l’Éditeur
À la fin du XIXe siècle, la Parisienne fascine le monde entier : emblème de la séduction, on vante ses robes, sa coiffure, son allure, son esprit, et même ses défauts deviennent des qualités. Mais elle n’est pas née en un jour, car il ne suffit pas d’habiter Paris pour être et se sentir parisienne ; il faut incarner un style, posséder ce je ne sais quoi qui parle à l’imagination et que les autres reconnaissent sans toutefois pouvoir le définir. La Parisienne brille : c’est le regard de l’autre qui la fait exister et la meilleure preuve de cette existence est qu’on ne cesse de vouloir la copier.

De siècle en siècle, elle a construit un style. Où habite-t-elle ? Comment s’habille-t-elle ? Où s’amuse-t-elle ? Comment séduit-elle ? Différente de la femme de la cour, elle s’oppose aussi à la femme de province : il n’y a de réussite qu’à Paris et se moquer de la provinciale est une façon pour elle d’asseoir sa supériorité. Fantaisie, liberté, goût : elle sait faire valoir ingénieusement tout ce qu’elle a d’aimable. Son élégance la distingue, mais plus encore ces petits signes immatériels qui ne se monnayent pas et qui, au fil du temps, se réfèrent de moins en moins à une classe sociale. Mais la Parisienne n’est pas exempte de défauts et la satire côtoie l’apologie. Frivole, superficielle, arrogante : le regard de l’étranger, s’il ne subit pas son charme, peut devenir critique et défiant.

De Ninon de Lenclos à Arletty, de la marquise de Sévigné à Françoise Sagan, de Rose Bertin à Coco Chanel et à Inès de la Fressange, l’histoire de la Parisienne est une longue suite d’existences singulières, uniques et pourtant voisines. Théodore de Banville trouve un trait commun à toutes ces femmes : « Si vous voulez savoir comment agira une Parisienne dans une circonstance donnée, prenez le contrepied du lieu commun généralement admis et vous le saurez exactement. Soyez assuré qu’elle fera toujours le contraire de ce qu’indique le vulgaire poncif d’élégance ou d’esprit » (1876).

Sabine Denuelle
Après des étude de lettres classiques à la Sorbonne, Sabine Denuelle a suivi un cursus de Sciences Po où elle a rencontré le professeur Louis Chevalier, titulaire d'une chaire d'Histoire de Paris au Collège de France. Elle a travaillé de longues années à ses côtés.
Elle est l'auteur de nombreux ouvrages parus chez Aubanel, La Marinière, Larousse, etc.
Citadelles & Mazenod


Jean Béraud  (1849-1936), La pâtisserie Gloppe, 1889
Paris, musée Carnavalet

Marie Laurencin  (1883–1956), Portrait de Mademoiselle Chanelle, vers 1923
Paris musée de l'Orangerie

Jean Honoré Fragonard (1732-1806), La lettre d'amour, vers 1770
New York, The Metropolitan Museum of Art

Jean Béraud (1849-1935), Parisienne, place de la Concorde, vers  1890
Paris, musée Carnavalet

Charles Alexandre Giron (1850-1914), La Femme aux gants, dite La Parisienne, 1883
Paris, Musée du Petit-Palais

vendredi 17 février 2012

Snapshot: Painters and Photography, Bonnard to Vuillard

George Hendrik Breitner, Girl in Red Kimono, GeesjeKwak, 1893-95
George Hendrik Breitner, Girl in a Kimono
 ***
Snapshot: Painters and Photography, Bonnard to Vuillard
du 4 février au 6 mai 2012

Il y a un siècle, de nombreux peintres français, comme Bonnard ou Vuillard, se sont inspirés des photographies qu'ils prenaient avec leur appareil Kodak. L'entreprise américaine, qui a déposé le bilan en janvier, avait lancé dès 1888 le premier appareil photo portable. Parmi les premiers amateurs, des peintres post-impressionnistes comme Edouard Vuillard, Pierre Bonnard, Maurice Denis, Felix Vallotton, Henri Rivière, mais aussi le Belge Henri Evenepeol et le Néerlandais George Hendrik Breitner, ont réalisé des milliers de clichés, qu'ils n'ont jamais exposés de leur vivant, certains restants simplement dans les archives familiales.

"Snapshot", une splendide exposition qui vient de démarrer à Washington, répare cette lacune. The Phillips Collection expose deux cents photographies de sept artistes, auxquelles répondent 70 toiles et gravures. L'exposition montre de nombreuses photos qui ont pu servir d'études préliminaires pour les toiles. "On peut voir à quel point le sujet, la composition peuvent être reflétés à la fois par leurs peintures et leurs photographies", souligne la commissaire Elizabeth Easton. "Ils faisaient des expériences". 

Maurice Denis, Noël et sa mère, 1896
Maurice Denis, Marthe offrant des raisins à Bernadette, le Pouldu, 15 septembre 1890
 ***
Pierre Bonnard, Le miroir dans la chambre verte, 1908
Pierre Bonnard, modèle retirant son chemisier dans le studio de Bonnard, 1916
 ***
Maurice Denis, A la Plage (deux filles en contre-jour), 1892
Maurice Denis, Deux filles balançant la petite Madeleine, Perros Guirec, 1909
 ***
Henri Evenepoel, The White Hat, 1897
Henri Evenepoel, Louise à Wépion, été 1987
 ***
Edouard Vuillard, The Newspaper, 1986-98
Edouard Vuillard, Thadée and Misia Natanson in the Salon, Rue St Florentin, 1898

mardi 14 février 2012

Cupidon...

Franz von Stuck (1836-1928), Cupid at the Masked Ball
« Le monde a soif d'amour : tu viendras l'apaiser.  »
Arthur Rimbaud

lundi 13 février 2012

Le Jeu des 11...

"Allez au musée...
                                                vous verrez dans chaque tableau
                               ce que vous aurez voulu y voir."
                                                                              Maurice Denis
Maurice Denis (1870-1943), L’Échelle dans le feuillage
Pour Ötli que je remercie de me permettre de participer au jeu des 11...

1) 11 choses sur moi
J'aime me promener boulevard Saint Germain avec ma fille. 
 Déguster un petit macaron à la rose Ladurée.
Me perdre et oublier le temps au musée d'Orsay.
Les bijoux et les rayures Sonia Rykiel.
Une goutte de numéro cinq derrière l'oreille.
Cuisiner des heures lorsque je reçois mes amis.
Fermer les yeux et me retrouver dans la maison de mon grand-père à Fès.
Traverser une orangeraie lorsque les arbres sont en fleurs.
Visiter les maisons d'écrivains, celle de Pierre Loti est l'une de mes préférées.
Lire sous ma couette jusqu'à pas d'heure dans le silence de la nuit.
Me perdre volontairement dans les petites rues de Venise.

2) Réponses aux 11 questions d'Ötli
Votre livre favori ? 
Puisque je suis contrainte de n'en citer qu'un seul, j'imagine que 
je dois m'exiler sur une île déserte pour répondre, Au Maroc de Pierre Loti
Votre auteur préféré ?  
Je répondrai sans trop me trahir, Myriam Thibault
Le film que vous pourriez revoir 100 fois ? 
Un film que je pense avoir vu cent fois avec ma fille lorsqu’elle était petite 
et que je reverrai encore avec plaisir, Le livre de la Jungle de Walt Disney
Le poème qui vous a le plus touché ?
  L’Invitation au voyage de Charles Baudelaire 
que j'entends, dans mon cœur, mon père réciter et qui me fait inévitablement penser à lui !
Votre peintre favori ? 
J'aime passionnément plusieurs peintres, alors pour m'en sortir de manière honorable, 
je vais citer le peintre dont j'ai visité dernièrement le musée, Maurice Denis 
Votre vœu le plus cher ? 
Voir ma fille réussir dans la voie qu’elle s’est choisie !
Le défaut que vous n'aimez pas chez vous ? 
Je ne sais pas dire non…
Le défaut que vous n'aimez pas chez les autres ? 
Comme Ötli, la mauvaise foi m'exaspère!
Une citation qui vous parle ?
"L'art et rien que l'art, nous avons l'art pour ne point mourir de la vérité." 
Friedrich Nietzsche
Le lieu qui vous fait rêver ?
Un musée, tous les musées, les villes musées…
L'image qui vous a le plus frappé ?
(Pour finir sur une note positive, je répondrai par l'image qui m'a le plus émue)
Ma fille recevant des mains de Gonzague Saint Bris le 
Prix du Premier Roman Des Lauriers Verts de La Forêt des Livres

3) Mes 11 blogs amis
.
4) Mes 11 questions
1- un souvenir heureux. 2- Un héros de la littérature. 3- Un passe temps favori.
4- Une gourmandise préférée. 5- Une personne qui vous inspire. 6- Un cadeau que vous aimez offrir.
7- Un animal préféré. 8- Un chanteur du moment. 9- Un pays que vous rêvez de visiter.
10- Un film que vous aimez. 11- Un objet fétiche.

1 - Vous devez publier les règles
2 - Chaque personne doit écrire 11 choses à propos d'elle
3 - Répondre aux 11 questions puis créer 11 nouvelles questions pour les personnes taguées
4 - Vous devez choisir 11 personnes et mettre un lien de leurs blogs sur votre post.
5 - Rendez-vous sur leurs blogs afin de leur dire qu'ils ou elles ont été tagué(e)s
6 - Ne faites aucun tag sans les prévenir
7 - Vous devez obligatoirement taguer 11 personnes.

samedi 11 février 2012

43 toiles inédites d'Henri Martin en vente à Rennes

Henri Martin (1860-1943), Fascination

Quarante-trois toiles inédites du peintre Henri Martin (1860-1943), représentatives de la diversité de l'œuvre de l'artiste, seront vendues aux enchères, à Rennes, le 1er avril. 
Ces toiles ont été découvertes lors d'un inventaire dans un appartement du centre de Rennes. Elles étaient empilées contre les murs de cette habitation où elles avaient été conservées par les descendants du collectionneur et magistrat Paul Riff, décédé en 1929. La valeur de cette collection est estimée entre 1,5 et 2 millions d'euros. 
La collection sera exposée à Paris du 12 au 24 mars chez Michel Maket, puis à Rennes du 28 au 31 mars  chez Rennes Encheres, avant la vente fixée au 1er avril. Très en cour sous la IIIe République, les œuvres d'Henri Martin sont présentes dans de nombreux édifices publics, en particulier à Paris.


Henri Martin (1860-1943), Jeune fille devant le bassin de Marquayrol

Henri Martin (1860-1943), Le pont de la Bastide du Vert

jeudi 9 février 2012

Ford Madox Brown, Pionnier des Pré-Raphaélites anglais

Ford Madox Brown(1821-1893), The Irish Girl. © Yale Center for British Art, New Haven
Ford Madox Brown,  Pionnier des Pré-Raphaélites anglais
du 25 février au 3 juin 2012
Gand
Ford Madox Brown (1821-1893) est parfois considéré comme l’artiste anglais préraphaélite le plus excentrique. Il fut l’un des principaux représentants de ce mouvement britannique, qui a combiné un modernisme socialement engagé et un intérêt certain pour l’art médiéval et ses traditions religieuses. Ce mélange particulier conduit à la création de chefs-d’œuvre tels que «travail» et «The Last of England ». Brown a aussi peint des paysages phénoménaux, des portraits animés et de vives scènes historiques, où le spectateur ne peut être que frappé par leur originalité.

Toutes les œuvres de l’artiste ont été réunies pour cette exposition rétrospective, organisée par la Galerie d’art de Manchester City. A Gand, l’exposition sera complétée avec des œuvres de ses contemporains belges. Après tout, Brown a étudié aux académies de Bruges, Gand et Anvers avant de faire carrière en Angleterre.
 *
Ford Madox Brown, Work , Photograph: © Manchester City Galleries
*
Ford Madox Brown, Bridgewater canal
Ford Madox Brown, An English Autumn Afternoon
*
Ford Madox BrownThe Last of England © Birmingham Museums & Art Gallery

mercredi 8 février 2012

dimanche 5 février 2012

La Touraine sous la neige...

Frederik Hendrik Kaemmerer (1839-1902), Swept away
La Touraine s'est réveillée ce dimanche 5 février sous dix centimètres de neige!
Batailles de boules de neige acharnées, promenades en luges improvisées
et bonshommes de neige géants pour le plus grand bonheur des enfants...

samedi 4 février 2012

Bon week-end...

Léon Francois Comerre (1850–1916), Pierrot, Colombine et Arlequin
Je vous souhaite un agréable week-end !

vendredi 3 février 2012

La Joconde au Prado à Madrid

La Mona Lisa du Musée du Prado
Une reproduction du tableau de Leonard de Vinci, La Joconde, est exposée au musée du Prado à Madrid. Selon les experts cette peinture serait contemporaine de l’originale. Elle aurait été réalisée dans l’atelier de Leonard de Vinci par un des élèves du maître, Francesco Melzi. Cette reproduction serait donc la plus ancienne des répliques de ce chef-d’œuvre du XVIe siècle. AMA
La Joconde du Musée du Prado sera exposée au Musée du Louvre à partir du 26 mars lors d'une exposition temporaire.



Voir l'article El Pais

Tours 1500 Capitale des arts

Jean Bourdichon (vers 1456/1457 – vers 1520/1521): Feuillets des Heures de Louis XII Vers 1498-1502
Louis XII en prière présenté par les saints patrons du royaume Peinture sur parchemin ; 
feuillets détachés : 24,3 x 15,7 cm © The J. Paul Getty Museum,Los Angeles
***
Tours 1500 Capitale des arts 
du 17 mars au 17 juin 2012

Le Musée des Beaux-Arts de Tours consacre du 17 mars au 17 juin 2012 une exposition à l’art en Touraine entre Moyen-âge et Renaissance, célébrant, dans une dimension inédite, cette époque charnière que constituent les dernières années de son XVe siècle.
Aucune manifestation de grande ampleur n'a célébré jusqu'ici la plus belle période de l'histoire tourangelle. L'activité artistique, foisonnante, s'y nourrit de la présence de la cours et d'une clientèle richissime.
Les historiens ont depuis longtemps mis en évidence les connexions entre le réseau parisien et celui de la cour établie dans la vallée de la Loire. Le mécénat artistique ligérien oscille entre tradition locale et nouveautés italiennes.
Les découvertes récentes permettent d'affiner nos connaissances sur les réseaux artistiques de l'époque. Il est donc temps de dresser le bilan des travaux entrepris au cours des dernières décennies sur l'âge d'or tourangeau, de révéler les oeuvres découvertes, de tirer parti des dépouillements d'archives inédites, de renouveler la vision d'une période marquée par la rencontre du gothique flamboyant, de l'ars nova, l'illusionisme venu du nord, et des décors arrivant d'Italie.

L’exposition du Musée des Beaux-Arts de Tours, au travers d’une sélection de panneaux peints, manuscrits enluminés, vitraux, sculptures, émaux, tapisseries, met en lumière une production exceptionnelle encore jamais montrée en France et inaugure ainsi la première grande exposition exclusivement consacrée à l’intense floraison artistique de la pré-renaissance tourangelle. 
Une attention toute particulière est portée sur les productions des peintres Jean Poyer, Jean Bourdichon et de leur entourage, sur celles du sculpteur Michel Colombe et des artistes de son atelier. 
C’est donc une manifestation d'une exceptionnelle richesse qui est présentée, avec de nombreux prêts issus de collections publiques ou privées, françaises et étrangères : Paris, musée du Louvre, musée national du Moyen Age, BNF; Lille, Palais des Beaux-Arts; Lisbonne, Fondation Gulbenkian; Londres, British Library, British Museum, Sam Fogg Collection, Victoria & Albert Museum; Los Angeles, J.- Paul Getty Museum... 

Tours 1500, capitale des arts est envisagée depuis plusieurs années, suite à deux acquisitions spectaculaires du Musée des Beaux-Arts de Tours : en 2006, une Vierge de pitié sculptée datable de 1480 environ, provenant de Villeloin (Indre-et-Loire), classée Monument Historique ; en 2007, deux panneaux de l’atelier de Jean Fouquet classés Trésors Nationaux, Christ bénissant et Vierge en prière, entrés dans ses collections grâce au mécénat de PGA Motors. Ce mécénat a permis de créer en septembre 2009 une salle consacrée à ce sujet, enrichie de prêts et dépôts du musée du Louvre et de la Société archéologique de Touraine.      

Suite de Fouquet, Ecole de Tours 1480 Vierge en oraison Huile sur bois: 48,4 x 33,3 cm. 
Classé Trésor National par le ministère de la culture et de la communication en 2007 
Acquis en 2007 pour le Musée des Beaux-Arts de Tours grâce au mécénat de PGA Motors Tours, 
Musée des Beaux-Arts © Tours MBA, cliché Patrick Boyer
*
Jean Poyer (documenté entre 1465 et 1498 à Tours; mort avant Pâques 1504) Retable du Liget : Portement de Croix – Crucifixion – Mise au Tombeau. Daté de 1485 Huile sur bois (chêne). H. 143 (panneaux latéraux H. 110) ; L. 283 cm 
Classé monument historique le 17 juin 1901. Loches, Logis royal du Château de Loches © Patrick Boyer
*
Solario Andrea : Portrait de Charles d'Amboise. Après 1508 Huile sur bois
 (peuplier) : 75 x 152 cm. Paris, musée du Louvre © RMN, Gérard Blot
*
Jean Bourdichon (vers 1456/1457 – vers 1520/1521): Feuillets des Heures de Louis XII 
Vers 1498-1502 Bethsabée au bain Peinture sur parchemin. Feuillet détaché : 24,3 x 17 cm 
Los Angeles, the J. Paul Getty Museum © The J. Paul Getty Museum, Los Angeles
*
La Vierge et l’Enfant Fin du premier tiers du XVIe siècle Marbre, traces de polychromie et de dorure 
(yeux de la Vierge et de l’Enfant ; ceinture de ce dernier) : 172 x 52 x 33 cm. Paris, musée du Louvre, 
département des Sculptures. MR Sup. 447. © RMN (Musée du Louvre), cliché Marine Beck-Coppola.
*
D'après un modèle de Jean Poyer Vitrail Saint Jean l'Evangéliste Vers 1500 
Verre et plomb: 90 x 83 cm. Tours, Musée des Beaux-Arts © Tours SAT, cliché François Lauginie

jeudi 2 février 2012

Chandeleur...

Marianne Stokes (1855-1927), Candlemas Day  
Le nom populaire de cette fête en français, Chandeleur, a une origine latine et païenne : la festa candelarum ou fête des chandelles, d’après une coutume consistant à allumer des cierges à minuit en symbole de purification.
Dans les églises, on remplace les torches par des chandelles bénites dont la lueur éloigne le Mal et rappelle que le Christ est la lumière du monde. Les chrétiens rapportent ensuite les cierges chez eux afin de protéger leur foyer. C’est à cette époque de l’année que les semailles d’hiver commençaient. On se servait donc de la farine excédentaire pour confectionner des crêpes, symbole de prospérité pour l’année à venir. Wikipédia 

Bonne journée crêpes à tous!

Toute une histoire, Hanan el-Cheikh

«Si tu trempes ton doigt dans l'eau, le courant pourrait bien l'emporter...»
~~~
Quatrième de couverture
Dans ce récit tendre et drôle à la fois, Hanan el-Cheikh rapporte avec une scrupuleuse fidélité les confessions de sa mère analphabète, Kamleh, née au début des années 1930 dans une famille chiite extrêmement pauvre, au Sud-Liban.
Après la mort prématurée de sa grande sœur, Kamleh est promise à son beau-frère alors qu'elle n'a que onze ans. Dans le quartier populaire de Beyrouth où elle s'installe avec la famille de son futur mari, elle est placée comme apprentie chez une couturière et tombe amoureuse du cousin de cette dernière, Mohamed, un jeune lettré féru de poésie. Forcée à quatorze ans de se marier avec son fiancé, Kamleh a une fille l'année suivante, puis une seconde, Hanan, trois ans plus tard. mais reste follement éprise du beau Mohamed. Elle échange avec lui des lettres enflammées qu'elle se fait écrire et lire par ses amies, s'identifie aux héroïnes du cinéma égyptien, se grise des paroles ardentes des chansons à la mode. Elle va surtout, bravant tous les usages, tenter d'obtenir le divorce, au risque d'être séparée de ses filles... 
Portrait finement dessiné d'une femme du peuple, rusée, truculente, enjouée, ce récit a été salué à sa parution, en arabe puis en anglais, par une presse unanime.

Née en 1945 dans une famille chiite du Sud-Liban, Hanan el-Cheikh vit aujourd'hui à Londres après avoir étudié au Caire et séjourné dans les pays du Golfe. Son oeuvre, traduite en plusieurs langues, est disponible en France chez Actes Sud : Histoire de Zahra (Babel n° 378), Femmes de sable et de myrrhe (1992; Babel n° 137), Poste restante, Beyrouth (1995), Le Cimetière des rêves (2000; Babel n° 535) et Londres mon amour (2002; Babel n° 1026). 


Extrait
C'est là que j'ai eu cette idée de génie: partir en vacances d'été avec la famille. Je ne supportais plus la chaleur suffocante de Beyrouth, ni le ciel qui lâchait des gouttes d'eau chaude qu'on appelait "humidité". Après beaucoup d'insistance de ma part, le hajj a accepté de louer une maison au frais au village de Bhamdoun, dans la montagne. C'était le signe que, désormais, nous faisions partie de la classe moyenne. Dans notre entourage, nous étions presque des riches. Evidemment, nous allions être submergés de visiteurs- Bhamdoun était connue pour être la perle des stations estivales.
Là-bas, je me sentais libre. Mon mari et mon frère Kamal, qui vivait encore avec nous à l'époque, descendaient chaque matin à Beyrouth pour aller au travail et n'en revenaient que le soir. Je redevenais une enfant. Je vagabondais dans les champs avec Maryam, comme au temps de Nabatiyeh. De la fenêtre, je voyais des vallées et des maisons aux toits de tuiles rouges, pas les yeux inquisiteurs des voisins, comme à Beyrouth. J'oubliais l'existence de mon frère grincheux, même si sa femme Khadijeh et les enfants me manquaient.
Maryam et moi vivions comme dans les films égyptiens. Nous étions à la "ferme", il y avait les arbres, les ruisseaux, l'amour. Nous grimpions à "la source" dans les montagnes de Bhamdoun, puis nous allions dans les cafés du centre du village. Mohamed s'est mis à me rendre visite. Il prenait le bus qui montait dans les villages de la montagne. Quand il arrivait, il était comme sous hypnose. Il n'avait que quelques heures pour me voir. Il faisait d'abord le tour des lieux que je fréquentais avec Maryam. S'il ne nous y trouvait pas, il venait se mettre devant notre maison et attendait que l'une ou l'autre apparaisse à la fenêtre. Je courais le rejoindre, pieds nus ou en pantoufles, et nous allions vers le noyer qui avait poussé tout seul, comme un défi à la nature, au milieu d'un plateau de roche et de pierres rousses semé de buissons desséchés. Sur le tronc de l'arbre, Mohamed avait gravé la date du début de notre amour, avec mon nom et le sien - exactement comme dans Larmes d' amour. Chaque fois, il ajoutait la date de notre nouvelle rencontre. Actes Sud
«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard