jeudi 23 juin 2011

Florence au grand siècle, Palais Fesch

Francesco Furini (1603-1646), Peinture et Poésie
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Florence au grand siècle
du jeudi 30 juin au lundi 3 octobre 2011
Musée des beaux-arts, Palais Fesch, Ajaccio

  L’exposition “Florence au grand siècle” a pour objectif de proposer une étude largement articulée autour des liens entre peinture et littérature qui caractérisent cette période de l’art toscan encore peu connue hors d’Italie. Ainsi, les œuvres sélectionnées sont des témoignages de l’extraordinaire fortune des principaux chefs-d’œuvre de la littérature italienne depuis la Divina Commedia au Decameron et de l’Orlando furioso à la Gerusalemme liberata. Une salle sera consacrée à la reconstitution, quasi intégrale, de la collection du cardinal Carlo de Medici qui comportait des épisodes issus des poèmes d’Arioste et du Tasse dialoguant avec Ovide et la Bible ; alors qu’un cabinet accueillera les exemples les plus significatifs de ce dialogue capricieux et paradoxal largement véhiculé par la gravure et le dessin. De Matteo Rosselli à Giovanni da san Giovanni, de Jacopo Vignali à Francesco Furini et Lorenzo Lippi, de l’Empoli à Cecco Bravo, de Jacques Callot à Stefano della Bella et Baccio del Bianco, les différentes tendances picturales, parfois extrêmement divergentes du Seicento fiorentino à l’exemple des feuilles réalisées par ces exceptionnels dessinateurs, seront à nouveau valorisées à travers le prisme de la fortune des grands classiques italiens. Si, à Florence, la littérature artistique semble muette pendant tout le siècle, elle réapparaît au cours des années 1680 avec les Notizie dei professori del disegno de Filippo Baldinucci, ce sont les peintres poètes, présents dans l’exposition avec leurs œuvres, qui se chargeront de la critique figurative, mais avec le crayon et le pinceau.

mardi 21 juin 2011

Si Driss, Moulay Driss

Mattéo Brondy (1866-1944), Marocaines dans la mosquée à Fez
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En mémoire de mon très cher père Si Driss!

Tu nous a quitté un 21 juin, jour du solstice d'été,
jour le plus long de l'année. Ton doux visage
et ton sourire radieux sont pour
toujours gravés dans
mon coeur.
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lundi 20 juin 2011

Cette mélancolie

Charles Edward Perugini (1839-1918), A Backward Glance
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« Cette mélancolie qu'ont les femmes qui ont cherché le bonheur et
qui n'ont trouvé que l'amour. »
Jules Barbey d’Aurevilly

dimanche 19 juin 2011

John Duncan (1866-1945), Symbolisme et Mysticisme

John Duncan (1866-1945), Aiofe

Merlin and the Fairy Queen

Happiness

Mythological Subject

St. Bride

Tristan and Isolde

Coming of Bride

The Children of Lir

Queen Of Sheba

The Glaive of Light

The Taking of Excalibur

 The Turn of the Tide

Four figures in a Landscape
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jeudi 16 juin 2011

Le Sacre de la Femme IV, Victor Hugo

Carolus Duran (1838-1917), Danaé
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Ève offrait au ciel bleu la sainte nudité ;
Ève blonde admirait l’aube, sa sœur vermeille.

Chair de la femme ! argile idéale ! ô merveille !
Ô pénétration sublime de l’esprit
Dans le limon que l’Être ineffable pétrit !
Matière où l’âme brille à travers son suaire !
Boue où l’on voit les doigts du divin statuaire !
Fange auguste appelant le baiser et le cœur,
Si sainte, qu’on ne sait, tant l’amour est vainqueur,
Tant l’âme est vers ce lit mystérieux poussée,
Si cette volupté n’est pas une pensée,
Et qu’on ne peut, à l’heure où les sens sont en feu,
Étreindre la beauté sans croire embrasser Dieu !

Ève laissait errer ses yeux sur la nature.

Et, sous les verts palmiers à la haute stature,
Autour d’Ève, au-dessus de sa tête, l’œillet
Semblait songer, le bleu lotus se recueillait,
Le frais myosotis se souvenait ; les roses
Cherchaient ses pieds avec leurs lèvres demi-closes ;
Un souffle fraternel sortait du lys vermeil ;
Comme si ce doux être eût été leur pareil,
Comme si de ces fleurs, ayant toutes une âme,
La plus belle s’était épanouie en femme.

Victor Hugo, Extrait de: Le Sacre de la Femme

Norah Jones, Chasing Pirates

Norah Jones, Chasing Pirates

mercredi 15 juin 2011

Philosophie, vous avez dit philosophie ?

  Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir au café de Flore...

Brassaï: Jean Paul Sartre, Café de Flore 1945

Brassaï:Simone de Beauvoir, Café de Flore1945




















  Mon clin d'oeil bienveillant aux futures bacheliers qui passent l'épreuve de philosophie demain matin, et plus particulièrement à une toute jeune fille qui m'émeut chaque jour d'avantage! 

  Le mot philosophie (du grec ancien φιλοσοφία, composé de φιλεῖν, « aimer » et σοφία, « la sagesse, le savoir », c'est-à-dire littéralement : « l'amour de la sagesse ») désigne une activité et une discipline existant depuis l'Antiquité et se présentant comme un questionnement, une interprétation et une réflexion sur le monde et l'existence humaine, ou encore comme un savoir systématique. Différents buts peuvent lui être attribués, de la recherche de la vérité, et de la méditation sur le bien et le beau, à celle du sens de la vie, et du bonheur, mais elle consiste plus largement dans l'exercice systématique de la pensée et de la réflexion. Ancrée dès ses origines dans le dialogue et le débat d'idées, la philosophie peut également se concevoir comme une activité d'analyse, de définition, de création ou de méditation sur des concepts. Wikipédia

  « Être libre, ce n'est pas pouvoir faire ce que l'on veut, mais c'est vouloir ce que l'on peut. » Jean-Paul Sartre, Situations I
  « On ne naît pas femme : on le devient. » Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe
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samedi 11 juin 2011

Dior, Le Bal des Artistes

Le Bal des Artistes
du 14 mai au 25 septembre 2011
Villa Les Rhumbs

 Au printemps et à l'été 2011, la Villa "Les Rhumbs", maison d'enfance de Christian Dior, accueillera l'exposition "Dior, le Bal des Artistes" pour faire revivre, sous le commissariat de Florence Müller, historienne de la mode, la passion du grand couturier pour l'art et les artistes de son époque. L'exposition évoquera en outre les nombreuses sources d'inspiration artistique puisées dans l'histoire de l'Art et à la culture qui n'ont cessé de nourrir la créativité de la Maison Dior, depuis la présentation par Christian Dior de sa première collection en 1947 jusqu'aux toutes dernières créations de la Maison Dior.

 L'exposition s'ouvrira par l'évocation de la vie de galeriste du jeune Christian Dior, à Paris, dans les années 30, et des artistes qu'il contribua à révéler en association avec Jacques Bonjean puis Pierre Colle: Raoul Dufy, Giorgio de Chirico, Salvador Dali, Leonor Fini ou bien encore le groupe des "néo-humanistes": Christian Bérard, les frères Berman, Pavel Tchelitcheff... Mises en garde de ces artistes et de leurs oeuvres, plusieurs créations d'Elsa Schiaparelli ou de Paul Poiret témoigneront des premiers liens noués dans l'Entre-deux-guerres entre l'Art et la Mode; liens que les créations de Christian Dior révélèrent de façon éclatante à partir de 1947.

 La seconde partie de l'exposition racontera comment Christian Dior, devenu dès 1947 l'un des plus grands créateurs de son temps, approfondit ses rapports avec tout le milieu artistique des années d'Après-guerre: les peintres, les sculpteurs, les photographes, les décorateurs mais aussi les écrivains, les poètes et les musiciens de ses années de jeunesse: Christian Bérard, Jean Cocteau, le compositeur Henri Sauguet... s'inspirant de l'oeuvre des uns et des autres pour créer des modèles qui auront pour nom "Concerto" ou encore "Menuet", faisant appel aux talents de Christian Bérard ou Victor Grandpierre pour la décoration de ses boutiques, baptisant ses modèles du nom des plus grands artistes du vingtième siècle: "Matisse", "Braque", "Picasso"... auxquels réponderont dans l'exposition les robes de Haute Couture "Hommage à Jean Cocteau" ou "Monet", l'un des modèles de la collection "Le Bal des Artistes" de 2007, créés ces dernières années par la Maison Dior. Les dessins de modèles par Jacques Darnel ou les très célèbres illustrations de René Gruau pour les parfums de la Maison Dior, les photographies de Willy Maywald ou André Ostier complèteront l'ensemble.

mercredi 8 juin 2011

Les bienfaits de l’art sur notre cerveau

Claude Monet (1840-1926), Blanche Hoschede. Musée des beaux arts de Rouen
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Une récente étude scientifique, relayée par le site web du journal The Art News Paper, montre qu’être en contact avec l’art nous fait sécréter de la dopamine, qui provoque les mêmes effets que le sentiment amoureux.

Cette découverte est le fruit d’une étude menée par un neurobiologiste de l’Université de Londres, qui a étudié l’activité du cerveau de volontaires alors qu’ils étaient en train d’apprécier des toiles de maîtres. L’observation de Botticelli, de Monet et de Picasso a eu pour conséquence une augmentation du débit sanguin dans les zones du cerveau et une sécrétion importante de dopamine pour tous les volontaires. D’après le chercheur, ce même phénomène est observé lorsque l’on est amoureux. La présence de l’art dans notre société est donc bénéfique pour tous.

Autre découverte, les œuvres de John Constable, Ingres et Guido Reni ont un impact plus important, les expériences montrent un débit sanguin supérieur à 10 % par rapport aux autres travaux. Les commentateurs les plus impliqués voient dans cette étude scientifique une nouvelle technique pour mesurer la valeur artistique d’une œuvre d’art.

De manière moins extrême, les musées pourront certainement s’appuyer sur cette étude pour légitimer leurs actions et démontrer l’importance de leur place dans la société. Source: exponaute

La Claude Monet (1840-1926), La liseuse
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Sandro Botticelli (1445-1510), Portrait of a youn woman
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Sandro Botticelli (1445-1510),  Simonetta Vespucci
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Pablo Picasso (1881-1973), Woman in Green. © 2010 Estate of Pablo Picasso
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Pablo Picasso (1881-1973), Les baigneuses, © Succession Picasso 2003
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John Constable (1776-1837), Portrait of Maria Bicknell 
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John Constable (1776-1837), Portrait Mrs. James Pulham
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Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) Mademoiselle Caroline Rivière
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Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), Princesse de Broglie 
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Guido Reni (1575-1642), The suicide of Cleopatra
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Guido Reni (1575-1642), La Fortuna
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lundi 6 juin 2011

Le poème de la femme, Théophile Gautier

Antoine Vollon (1833-1900), La Belle Orientale
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Un jour, au doux rêveur qui l'aime,
En train de montrer ses trésors,
Elle voulut lire un poème,
Le poème de son beau corps.

D'abord, superbe et triomphante
Elle vint en grand apparat,
Traînant avec des airs d'infante
Un flot de velours nacarat :

Telle qu'au rebord de sa loge
Elle brille aux Italiens,
Ecoutant passer son éloge
Dans les chants des musiciens.

Ensuite, en sa verve d'artiste,
Laissant tomber l'épais velours,
Dans un nuage de batiste
Elle ébaucha ses fiers contours.

Glissant de l'épaule à la hanche,
La chemise aux plis nonchalants,
Comme une tourterelle blanche
Vint s'abattre sur ses pieds blancs.

Pour Apelle ou pour Cléomène,
Elle semblait, marbre de chair,
En Vénus Anadyomène
Poser nue au bord de la mer.

De grosses perles de Venise
Roulaient au lieu de gouttes d'eau,
Grains laiteux qu'un rayon irise,
Sur le frais satin de sa peau.

Oh ! quelles ravissantes choses,
Dans sa divine nudité,
Avec les strophes de ses poses,
Chantait cet hymne de beauté !

Comme les flots baisant le sable
Sous la lune aux tremblants rayons,
Sa grâce était intarissable
En molles ondulations.

Mais bientôt, lasse d'art antique,
De Phidias et de Vénus,
Dans une autre stance plastique
Elle groupe ses charmes nus.

Sur un tapis de Cachemire,
C'est la sultane du sérail,
Riant au miroir qui l'admire
Avec un rire de corail ;

La Géorgienne indolente,
Avec son souple narguilhé,
Etalant sa hanche opulente,
Un pied sous l'autre replié.

Et comme l'odalisque d'Ingres,
De ses reins cambrant les rondeurs
En dépit des vertus malingres,
En dépit des maigres pudeurs !

Paresseuse odalisque, arrière !
Voici le tableau dans son jour,
Le diamant dans sa lumière ;
Voici la beauté dans l'amour !

Sa tête penche et se renverse
Haletante, dressant les seins,
Aux bras du rêve qui la berce,
Elle tombe sur ses coussins.

Ses paupières battent des ailes
Sur leurs globes d'argent bruni,
Et l'on voit monter ses prunelles
Dans la nacre de l'infini.

D'un linceul de point d'Angleterre
Que l'on recouvre sa beauté :
L'extase l'a prise à la terre ;
Elle est morte de volupté !

Que les violettes de Parme,
Au lieu des tristes fleurs des morts
Où chaque perle est une larme,
Pleurent en bouquets sur son corps !

Et que mollement on la pose
Sur son lit, tombeau blanc et doux,
Où le poète, à la nuit close,
Ira prier à deux genoux.

Théophile Gautier, Extrait de Emaux et camées

Joaquín Sorolla (1863-1923), Bacante en reposo
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samedi 4 juin 2011

Agréable week-end !

Sir Lawrence Alma-Tadema 1836-1912, Spring (détail), 1894. Photograph by Randy
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Je vous souhaite un agréable week-end!
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Ndidi O, The Whisper

Ndidi O, The Whisper

Salon du livre au féminin, Chapitre de femmes®

Salon du livre au féminin
Hôtel de ville de Tours
samedi 11 et dimanche 12 juin 2011
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Les Auteurs à l'Honneur

  Grâce à leurs combats, Ménie Grégoire et Madeleine Chapsal ont ouvert la voie à l'émancipation des générations à venir.

  Guillemette de Sairigné est la seule femme à avoir jamais siégé au Conseil des Anciens de la Légion étrangère.

  Chantal Desdordes est la première femme à être élevée au grade d'Amiral au sein de la Marine nationale. Après le service actif, elle se consacre désormais à l'écriture.

  Irène Frain, Marraine du Chapitre, dans son roman aux allures de conte initiatique "La forêt des 29" met en lumière des pionniers de l'écologie moderne.

  Myriam Thibault, tourangelle et bientôt bachelière, nous entraîne avec enthousiasme dans un univers d'écrivain véritable avec "Paris, je t'aime", son premier roman.
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vendredi 3 juin 2011

Kathoum, Germain Nouveau

Fernand Cormon (1845-1924), Femme au Narguile
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Oh ! peindre tes cheveux du bleu de la fumée,
Ta peau dorée et d'un ton tel qu'on croit voir presque
Une rose brûlée ! et ta chair embaumée,
Dans des grands linges d'ange, ainsi qu'en une fresque,

Qui font plus brun ton corps gras et fin de mauresque,
Qui fait plus blanc ton linge et ses neiges d'almée,
Ton front, tes yeux, ton nez et ta lèvre pâmée
Toute rouge, et tes cils de femme barbaresque !

Te peindre en ton divan et tenant ton chibouk,
Parmi tes tapis turcs, près du profil de bouc
De ton esclave aux yeux voluptueux, et qui,

Chargé de t'acheter le musc et le santal,
Met sur un meuble bas ta carafe en cristal
Où se trouve le flot brumeux de l'araki.

Germain Nouveau

jeudi 2 juin 2011

La compagnie des Tripolitaines, Kamel Ben Hameda

Frederick Arthur Bridgman (1847-1928), In the Harem
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Quatrième de couverture
  À Tripoli, dans les années soixante, on fête la circoncision du narrateur. Pourtant le jeune garçon ne peut se résoudre à quitter le royaume régi par sa mère et ses amies, Fella la « mangeuse d’hommes », Nafissa qui fume et qui boit, Jamila la sensuelle… toutes tripolitaines d’origine arabe, berbère, africaine, italienne, juive. De ses errances d’une femme à l’autre, dans une société où l’on ne mâche pas ses mots et où le regard porté sur les hommes est sans concession, le petit mâle en devenir forge sa sensibilité.
  C’est un monde débridé, puritain, une Libye hors temps qui s’exprime dans cette ronde de portraits de femmes. Au-delà des contraintes de la bienséance comme dans l’intimité d’un gynécée, explosent leurs bravades et leurs malices, leurs vengeances et parfois leurs révoltes.

  Kamal Ben Hameda revient de loin. D’un monde clos et ourlé d’interdits. Où la première ligne de barbelés est celle qui sépare le monde des hommes de celui des femmes. Marina Da Silva, Le Monde Diplomatique.

  Kamal Ben Hameda est né en 1954 à Tripoli. Dans les années 70, il quitte un pays dont il dénonce l’oppression insidieuse et la « sécheresse intellectuelle », part en France poursuivre ses études puis s’établit aux Pays-Bas où il vit aujourd’hui. Il est l’auteur de nombreux recueils de poésie et d’un récit autobiographique en quête de son enfance tripolitaine. Editions Elyzad

Extrait
  Une silhouette dansante paraît au loin, dans cette rue habitée par un silence de ruines.
  Jamila! C'est Jamila!
  Jamila arrive à la maison, exubérante, ses fesses rondes frétillant sous ses caftans transparents, ses lèvres pulpeuses entrouvertes sur la gomme d'Arabie qu'elle fait claquer bruyamment entre les dents, maquillée comme une star hollywoodienne jusqu'au grain de beauté insolent posé sur la pommette gauche. Elle s'approche de moi et me salue d'un clin d'oeil complice : " Alors petit homme, tu es toujours là!" Et son rire éclate bris de glace.

  Je reste assis ébouriffé, un vrai coq déplumé abandonné sur le seuil. Au moment de franchir la porte, elle s'immobilise un instant pour brosser les tissus qui voilent la courbe de ses hanches et en ôter quelque poussière imaginaire, puis elle entre sans faire plus attention à moi en me bousculant insouciante et jetant un regard par-dessus son épaule: "Quelle dégaine!" Puis de rire en continuant à claquer avec entrain sa gomme d'Arabie.
  Un bruit de pas qui se précipitent dans l'escalier. Sourires et baisers. Je me lève à la poursuite de son sillage de jasmin et d'eau de Cologne, je la retrouve et reste là, à l'écart, dodelinant de la tête. On m'envoie dehors: "Va jouer avec les autres enfants!" Puis on m'oublie. Elle s'en vont ensemble, peut-être dans la chambre du fond sur la terrasse, ou bien dans le salon. Comme d'autres fois, je les imagine... Allongées sur le tapis, appuyées à des coussin accueillants qui s'incurvent sous leurs ébats, leur caftan se soulève et leurs jambes se glissent insidieusement l'une entre l'autre.
  Elles m'oublient, mais moi, je les guette et par l'interstice des tentures à demi croisées, j'observe.
  Elles sont là toutes les deux à se sourire les yeux dans les yeux puis à rire, rire. Leurs yeux, leurs corps, disent leur joie d'être ensemble, assises sur le tapis, vêtues de leurs robes légères, simplement là, sans le besoin des mots, sous la bénédiction des épures dansantes de la lumière qui se réverbère sur les murs de leur refuge. Les éclats de rayons solaires adoucis de cette fin d'après-midi caressent le visage de ces deux femmes, rendues à une insouciance juvénile, métamorphosées par la joie des retrouvailles.

Grand coup de coeur
pour ce petit bijou de 102 pages.
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mercredi 1 juin 2011

Splendeurs des collections du prince de Liechtenstein, Brueghel, Rembrandt, Rubens…

Friedrich von Amerling, Jeune fille au chapeau de paille, 1835 Huile sur toile, 58 x 46 cm
© Sammlungen des Fürsten von und zu Liechtenstein, Vaduz–Wien
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Splendeurs des collections du prince de Liechtenstein
Brueghel, Rembrandt, Rubens…
du 4 juin au 2 octobre 2011
Evian

  Le Palais Lumière accueille pour la première fois en France les chefs d’oeuvre issus du Liechtenstein museum de Vienne qui abrite la plus importante collection privée européenne de nos jours. Le Baroque sera largement représenté à travers la peinture et la sculpture italienne (Marcantonio Franceschini, Guido Reni, Canaletto ou encore Massimiliano Benzi Soldano) et la peinture flamande (Rubens, Rembrandt ou encore Van Dyck...). Environ 70 tableaux (dont des oeuvres de dimensions monumentales), 20 sculptures et 15 pièces de mobilier sélectionnés pour leur exceptionnelle qualité seront ainsi visibles pour la première fois en France.
  Un deuxième grand ensemble sera consacré au classicisme et au Biedermeier, un mouvement pictural initié par Amerling, Gauermann ou Waldmüller au XIXe siècle.
  En guise de prologue, une salle sera consacrée à l’histoire de la famille Liechtenstein. Des portraits des princes mécènes témoigneront d’une passion pour l’art, ininterrompue depuis plusieurs siècles.

Frans Hals, Portrait d’un homme, vers 1650:52 Huile sur toile, 108 x 80 cm
© Sammlungen des Fürsten von und zu Liechtenstein, Vaduz–Wien
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Rembrandt Harmensz. van Rijn, Amour à la bulle de savon, 1634 Huile sur toile,
 75 x 92 cm © Sammlungen des Fürsten von und zu Liechtenstein, Vaduz–Wien
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Ferdinand Georg Waldmüller, Rétablissement, 1852 Bois, parquetté, 62 x 78 cm
© Sammlungen des Fürsten von und zu Liechtenstein, Vaduz–Wien
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Pieter Brueghel, der Jüngere, Le recensement de Bethléem Bois, 122 x 170 cm
© Sammlungen des Fürsten von und zu Liechtenstein, Vaduz–Wien
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Peter Paul Rubens, Mars et Rhéa Silvia, vers 1616:17 Huile sur toile, 208 x 272 cm
© Sammlungen des Fürsten von und zu Liechtenstein, Vaduz–Wien
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«Trois opérations : Voir, opération de l’œil. Observer, opération de l’esprit. Contempler, opération de l’âme. Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.» Emile Bernard